Lundi 10 octobre 2011
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Plus de 30% des électeurs ayant voté pour Ségolène Royal au 1er tour des présidentielles de
2007 se sont rendus aux urnes lors de cette primaire citoyenne. Un résultat remarquable pour le canton de Mundolsheim (augmenté de l'adjonction de Vendenheim), un score qu’il ne faudrait
cependant pas mettre en perspective avec celui obtenu à Strasbourg pas plus qu'avec ceux issus des cantons ruraux du Bas-Rhin.
Difficile en effet de comparer l’offre en présence sur l’ensemble du département, difficile aussi d’arrimer le chiffre des votants dans certains cantons ruraux avec
ceux exprimés à Strasbourg.
Plus de 29% des suffrages exprimés pour Ségolène Royal au 1er tour des présidentielles de 2007 à Strasbourg, 13 à 17% dans le canton de
Mundolsheim, parfois moitié moins dans certains cantons ruraux. La donne au départ n’était pas la même.
Un ou plusieurs bureaux dans chaque quartier pour ce qui concerne le chef lieu. Souvent un seul pour les quelques dix ou vingt communes d’un canton rural.
Avoir un bureau de vote à portée de main où parcourir 10 km pour se rendre au lieu de vote le plus proche a-t-il influé sur le nombre des votants ? la question est à poser.
Et pour en revenir au canton de Mundolsheim, difficile enfin de ne pas voir dans la participation de ce premier tour des primaires, autre chose qu’un succès
d’estime. Les commentateurs les plus avertis avançaient prudemment le chiffre de quelques centaines...tout en insistant sur une possibilité de surprise quant aux issues de ce scrutin. Une
précaution pas inutile au vu du verdict des urnes !
Il faut le savoir, les résultats des dernières consultations dans ce canton ont laissé des traces. Donné pour être en ces lieux le 3ème, voir le
4ème parti en nombre de voix, le Parti socialiste n’a jamais été en ces terres en situation de contester l’ordre établi et la main mise des partis conservateurs, aussi loin
qu’existent les élections républicaines.
Doit-on imaginer à travers les bons chiffres de ce 1er tour, un impact à retardement du score réalisé par le Front national lors des
dernières cantonales, un impact qui aux yeux de nombreux électeurs de gauche, aurait sonné comme une nécessité à réagir sinon agir ?
On peut également imaginer la résonnance de ce que l’une ou l’autre des propositions émises lors de cette campagne du 1er tour a pu avoir comme
effet au niveau des préoccupations de certains récents électeurs frontistes venus de la gauche. Passé les feux du phénomène « Marine » celui d’un mouvement protestataire tentant de se
draper dans l’aura des vertus républicaines, il semble bien qu’aujourd’hui le roi FN soit nu.
En tous les cas, ce ne sont pas les resucés d’un discours qui se veut novateur qui peuvent rassurer en quoi que ce soit les attentes de celles et ceux qui se
débattent avec des fins de mois difficiles : des propositions ineptes dans leurs applications, inquiétantes au regard de la doxa républicaine et profondément injustes vis-à-vis des électeurs les
plus fragiles, des propositions frontistes qui aujourd’hui se révèlent pour ce qu’elles sont réellement.
Le fait de compter un sénateur, deux conseillers régionaux, un conseiller général tous UMP plus une ribambelle de maires non inscrits mais en réalité classés à
droite, le fait surtout de voir le débat démocratique se cantonner entre droite et droite quand ce n’est pas entre droite et extrême droite, tout cela finit par rendre aux yeux de beaucoup,
insupportable l’idée d’avoir à supporter encore et toujours des situations politiques que l’on ne partage pas alors que les uns et les autres ne cessent de s’interroger du chemin à suivre pour
trouver les clefs du changement.
Alors oui, si les électeurs de gauche dans ce canton se sont rendus aux urnes en si grand nombre ce dimanche 9 octobre, c’est bien sûr pour exprimer leur foi
envers les propositions de tel ou tel candidat socialiste, mais aussi, et c’est ainsi qu’il faut l’entendre, pour montrer leur ras le bol d’une situation ou les exigences d’une alternance
politique sont sans cesse repoussées, pour porter le discours collectif d’une présence plus affirmée du Parti socialiste dans ce canton, cette terra incognita adossée au
phénomène « rurbain », un phénomène dont il s’agit désormais de prendre en compte le quotidien de ses acteurs, un quotidien qui n’est ni celui de la ville ni celui des campagnes comme
aime à le rappeler trop souvent nombre d’élus de droite.
La section socialiste du canton pour être une section jeune, n’en est pas moins très active. Elle est depuis ses débuts attentive à relayer les valeurs du
socialisme dans ce bout du territoire national, attentive surtout à pouvoir visibiliser un discours, des modes de vie, des espérances que le sens commun et les grilles de lectures
politiques peinent à comprendre autrement que par des schémas éculés à droite et des interrogations encore en gestation à gauche.
Sa priorité est et restera son attachement à la construction d’une véritable alternative de gauche dans un canton où nombre de dossiers croupissent à l’ombre
d’étagères poussiéreuses quand ce n’est pas ces vérités qui dérangent, ces vérités que le pouvoir en place n'a de cesse de balayer sous le tapis.
Francis Alexis HAMMER