L’état californien doit faire face à la crise des retraites du secteur public. Un économiste de l’université de Northwestern estime qu’environ vingt états américains seront dans l’impossibilité de payer leurs retraités d’ici 2025.
Retraite : La capitalisation s'impose pour améliorer l'ordinaire de la
répartition
Le problème est sérieux. Calpers (California Public Employees’ Retirement System), le système qui gère les retraites des employés du service public en Californie, n’aura bientôt plus assez d’argent pour verser les retraites. Employés municipaux, enseignants de la primaire à l’université, juges ou encore pompiers, ce sont plus de 1,6 millions d’employés et leurs familles qui sont concernés, puisque Calpers sert aussi d’assurance maladie pour les employés en activité. Considéré comme le plus gros système de retraite public aux États-Unis, Calpers gère 208 milliards de dollars d’avoirs.
Le compte n’y est pas
Le système est victime d’une double dérive dont les effets dévastateurs s’additionnent aujourd’hui. D’une part, les employeurs publics n’ont pas abondé le système autant qu’ils auraient dû au cours des dernières années. Pour éviter d’augmenter les impôts ou de supprimer des services à leurs administrés, ils ont préféré une solution moins visible aux yeux du public : contribuer a minima aux fonds de pensions de leurs employés. D’autre part, les gestionnaires de ces fonds tablaient sur des retours annuels élevés qui se sont évaporés avec la crise financière. Mathématiquement, le compte n’y est pas.
Revoir à la baisse les retraites des employés déjà en poste
La première réaction est de proposer des retraites moins généreuses aux nouvelles recrues. C’était un des messages du dernier discours-bilan du gouverneur
sortant, Arnold Schwarzenegger. Mais les experts estiment que ce ne sera pas suffisant pour sauver le système. D’après eux, il va falloir revoir à la baisse les retraites des employés déjà en
poste. Toute discussion pour réformer les retraites du service public causera une montée au créneau des syndicats, plus présents dans la fonction publique que dans le privé aux
États-Unis.
Les employés publics américains ne jouissent pas nécessairement de la sympathie du grand public. En effet, dans le privé, les entreprises ont coutume de renégocier
les termes (ou d’imposer de nouveaux termes) contre les intérêts de leurs salariés, y compris en matière de retraites ou de couverture médicale. Les employés du privé ne sont généralement pas
enclins à soutenir les avantages acquis des employés du public. Ainsi, 76 % des Californiens récemment interrogés par le Public Policy Institute of California jugeaient que « les sommes d’argent
dépensées dans le système de pension des employés publics est un problème ».
Un enjeu politique
Parallèlement, l’assemblée californienne est dans l’impasse depuis le 1er juillet. Elle n’a toujours pas voté le budget car les Républicains et les Démocrates n’arrivent pas à trancher entre de nombreuses réductions des services et l’augmentation des impôts pour combler un déficit de 19 milliards d’euros. Or, le gouverneur républicain a juré de ne pas signer le budget final s’il n’était pas accompagné d’une réforme de la contribution de l’état au financement des retraites.
Le gouverneur estime que ses propositions pour réduire les retraites des employés publics devraient économiser 74 milliards de dollars dans les 30 prochaines années. Il propose notamment de demander aux employés publics de travailler plus longtemps et de contribuer plus qu’ils ne le font aujourd’hui.
Pour cette année, la contribution de l’état de Californie à Calpers pour le financement des retraites s’élève à 3,9 milliards de dollars, contre 145 millions de dollars il y a dix ans.
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