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Lundi 6 février 2012 1 06 /02 /Fév /2012 10:21

 

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Sur le plan social, le quinquennat de Nicolas Sarkozy restera marqué par de graves reculs, entre la hausse du chômage et l’appauvrissement des Français.


A lire : Les défis du care, renforcer les solidarités

 

Appauvrissement des Français


Avec la très forte augmentation du chômage, notamment de longue durée, la crise financière qui a éclaté en 2008 a appauvri les Français. Entre 2009 et 2008, le taux de pauvreté a augmenté de 0,5 points, soit 300.000 personnes supplémentaires vivant sous le seuil de pauvreté, établi à 954 euros par mois en 2009 selon l’Insee. Il s’agit de l’augmentation la plus brutale mesurée depuis que cet indicateur est suivi.  Au total, près de 8,2 millions de Français sont considérés comme pauvres.

Cette statistique ne rend toutefois compte que de manière incomplète de l’appauvrissement des Français. Comme le chômage de longue durée a poursuivi sa progression,  l’augmentation du taux de pauvreté devrait continuer en 2010 et 2011.

La grande pauvreté a en outre davantage progressé que la pauvreté dans son ensemble : l’intensité de la pauvreté a ainsi connu une hausse de 3 points depuis 2002.

Les charges de logement ou d’énergie ont enfin augmenté beaucoup plus vite que les revenus. Ces dépenses contraintes sont passées de 24 % à 48 % du budget des ménages pauvres entre 1970 et 2005. Selon le CREDOC, pour une personne percevant 625 euros par mois, près de 300 euros servent à financer les dépenses contraintes et 245 euros les dépenses dites « incontournables » (alimentation, transport et santé). Cette personne ne dispose donc plus que de 80 euros par mois pour toutes les autres dépenses.


« Pauvreté volontaire »


Depuis 2002, la politique de la droite a été inspirée par une vision idéologique de la pauvreté, selon laquelle le fait de sortir du chômage ne serait qu’une question de volonté. Ce postulat s’est avéré de plus en plus éloigné de la réalité avec la crise : la fainéantise n’explique pas que le nombre de chômeurs ait augmenté d’un million depuis 2008.

S’il existe des chômeurs de mauvaise volonté, cet obstacle au retour à l’emploi arrive cependant loin derrière l’absence de qualification (60 % des bénéficiaires de minima sociaux n’ont pas le niveau du CAP), le manque de solution de garde d’enfant pour les parents isolés ou encore l’absence de moyen de transport. Par idéologie, la droite s’est donc laissée obnubilée par un problème secondaire.

La principale réforme du gouvernement, la création du revenu de solidarité active (RSA), était de faire en sorte que le retour au travail soit toujours financièrement plus intéressant que l’inactivité. Un objectif légitime mais basé sur l’idée que la seule incitation financière allait permettre aux personnes sans travail d’en retrouver un.

En outre, la généralisation du RSA a été décidée après un simulacre d’expérimentation. Une véritable expérimentation aurait pourtant permis d’observer que le dispositif était trop complexe pour être attractif pour les personnes concernées. A peine 400.000 personnes touchent aujourd’hui le « RSA activité », loin des 2 millions de personnes attendues.

L’idée de contraindre les bénéficiaires de minima sociaux à travailler, comme si l’inactivité résultait d’un choix, a été aussi avancée par le gouvernement de manière récurrente.


Hausse des prix des logements


Les trois leviers essentiels de la lutte contre la pauvreté ont été délaissés.  Le gouvernement n’a tout d’abord pas conduit de politique pour lutter contre l’emballement des prix du logement, principal facteur d’appauvrissement des Français. Les prix à l’achat ont plus que doublé depuis 2000 et les loyers des ménages modestes ont augmenté de 50 %. Cette évolution alimente le déclassement des classes moyennes, évincées des centres-villes, ainsi que l’exclusion des ménages les plus en difficulté (+40 % d’expulsions locatives depuis 2002).

Le gouvernement a alimenté la construction de logements chers par des dispositifs d’aide à l’investissement locatif sans contrepartie sociale (Robien puis Scellier) et par des mesures d’aide à l’accession à la propriété sans condition de ressources (crédit d’impôt sur les intérêts d’emprunt voulu par Sarkozy en 2007, remplacé par le « prêt à taux zéro + » depuis 2011). Revendiquée par le gouvernement, l’augmentation du nombre de logements sociaux est en trompe-l’œil : il s’agit surtout de logements faiblement inférieurs aux loyers du marché, tandis que le nombre de logements réellement accessibles aux personnes en difficulté demeure très faible.

La loi sur le « droit au logement opposable » (DALO), dernière réforme importante décidée par Jacques Chirac, a montré son inefficacité en l’absence de politique volontariste de construction de logements abordables. L’Etat ne peut garantir des logements aux plus défavorisés s’il n’y a pas assez de logements construits.


Système scolaire


Le gouvernement a aggravé la situation en ce qui concerne les sorties du système scolaire sans diplôme. Dans le marché du travail actuel, cette dernière équivaut à une condamnation au chômage tout au long de la vie : le taux de chômage des personnes sans diplôme atteint 40 %.

Le nombre de jeunes sortant sans diplôme du système scolaire reste à un niveau très élevé de 130.000 par an, soit presqu’un cinquième de la classe d’âge. Mais depuis 2007, les réductions d’effectifs dans l’éducation, l’assouplissement de la carte scolaire qui a accentué la ghettoïsation, et la suppression de la formation pratique des enseignants ont considérablement affaibli le système scolaire.

En outre, alors que toutes les études s’accordent à reconnaître l’importance d’une prise en charge précoce de la petite enfance pour lutter contre les inégalités à la racine, la scolarisation en maternelle à l’âge de 2 ans a connu un recul sans précédent, en passant de 35 % d’une classe d’âge à 15 % depuix dans ans.


A lire : Le bilan de l’Education

 

Politiques d’insertion


Le gouvernement a enfin laissé s’appauvrir les politiques d’insertion destinées aux plus défavorisés

Plusieurs études ont démontré qu’un accompagnement renforcé des personnes en difficulté permettait d’améliorer de manière significative le retour à l’emploi. Nicolas Sarkozy a au contraire pris des décisions qui ont dégradé l’efficacité de l’appareil d’insertion des personnes en difficulté.

Les départements, auxquels le RMI a été décentralisé en 2003, font face aujourd’hui à un écart annuel de 1,7 milliard d’euros entre la dépense qu’ils doivent supporter au titre du RSA et les ressources apportées par l’Etat pour compenser la décentralisation. Leur budget étant très contraint, ils ne peuvent le boucler qu’avec une diminution de leurs dépenses en faveur de l’insertion des bénéficiaires.

La loi créant le RSA a en outre voulu faire de Pôle emploi le principal acteur de l’insertion des bénéficiaires de minima sociaux. Mais elle ne lui a pas donné les moyens nécessaires alors que les conditions de la fusion entre ANPE et ASSEDIC ont désorganisé la nouvelle entité.

Le budget annuel des politiques de l’emploi a enfin baissé de 6,5 milliards d’euros entre 2002 et 2011. Cette baisse s’est faite principalement au détriment des dispositifs destinés aux personnes en difficulté, tels que les contrats aidés.

 

Sur Terra Nova

Par Parti socialiste Mundolsheim - Publié dans : Société
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Dimanche 5 février 2012 7 05 /02 /Fév /2012 11:45

 

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Onze cérémonies de voeux décentralisés, cinq réceptions à l'Elysée, deux émissions de télévision. Celui qui n'est encore candidat est très actif en ce mois de janvier. Et pour ses voeux, il n'a oublié personne : les parlementaires, les magistrats, les représentants des religions, les enseignants, les militaires, les agriculteurs, les chefs d'entreprise, etc. Nicolas Sarkozy est sur tous les fronts. Mais combien ont coûté toutes ces cérémonies de vœux ? Le Canard enchaîné s'est risqué à une estimation. Et la note est très salée : près de 6,5 millions d'euros.

Voeux 2012 : 550 000 euros (hors transport)

C'est la 4ème année consécutive que Nicolas Sarkozy organise des "vœux décentralisés". Et chaque année, il y en a toujours plus. En 2009, il y en a eu 5. En 2012, le chiffre a doublé avec 11 cérémonies de vœux. "Coût moyen de ces prestations, hors transport : 17 000 euros. En 2010, la facture grimpe à 45 000 euros la cérémonie, toujours sans les déplacements", indique Le Canard. Et en 2012 ? Pas de chiffres officiels, juste une estimation de l'hebdomadaire : "le montant des amuse-gueules et du vin millésimé 2012 doit avoisiner les 50 000 euros par sauterie. Soit déjà 550 000 euros".

Frais de transport : 800 000 euros

De l'avion officiel à l'avion de secours en passant par les vols spéciaux affrétés pour les journalistes et pris en charge par l'Etat, les coûts de transport de ces vœux décentralisés sont très élevés : "Pour dix de ces allers et retours en province, Sarkozy a utilisé un Falcon 7X. Soit une vingtaine d'heures de vol au tarif unique de 5000 euros (prix d'ami du ministère de la Défense), explique Le Canard. Pour se rendre en Guyane, il est monté à bord de son Airbus A330, le fameux Air Sarko One. Une quinzaine d'heures de vol facturées 20 000 euros l'unité. Le montant total des déplacements atteint donc les 400 000 euros. Un chiffre qu'il faut au moins doubler si on y ajoute le coût du Spare (l'avion de secours)" et de l'avion affrété pour les journalistes. Montant total de la facture ? 800 000 euros. "Une somme proche des estimations de la Cour des comptes", précise l'hebdomadaire.

Sécurité du chef de l'Etat : 4,9 millions d'euros

Combien coûte réellement la sécurité de Nicolas Sarkozy ? Dans le livre de René Dosière, intitulé L'argent de l'Etat : un député mène l'enquête, on a enfin le réponse : en général, 1000 policiers et gendarmes sont mobilisés une douzaine d'heures pour chacun des déplacements de Sarkozy. Soit 450 000 euros la prestation. Pour 11 cérémonies de vœux, la facture "sécurité" atteint donc la somme record de 4,9 millions d'euros.


Au total, en 2012, les coûts des voeux de Nicolas Sarkozy s'élèvent à 6,5 millions d'euros. Heureusement, ça ne dure qu'un mois.


*** Source
- Brigitte Rossigneux, "Les voeux du Président sont hors de prix", Le Canard enchaîné n°4762, 1er février 2012


Les voeux de Sarkozy dans Le Canard



A l'Elysée, une réception avec buffet pour remettre la légion d'honneur coûte 10 000 euros


Réception à l'Elysée

Restauration : le self-service gratuit des ministères


Self service des ministères

 

Archives : retrouvez tous nos articles de la série "L'argent du pouvoir"

 

Sur Politique.net

Par Parti socialiste Mundolsheim
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Samedi 4 février 2012 6 04 /02 /Fév /2012 09:36

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Le 2 février, lors d’un débat animé au Palais-Bourbon, plusieurs députés de l’opposition ont dénoncé le manque de transparence et l’insuffisance des contrôles des partenariats public-privé. Le ministre de l’Industrie, Éric Besson, a défendu ces contrats qui ont permis la réalisation de 18 milliards d’euros d’investissements publics depuis 2002.

 

Les députés du Front de gauche, emmenés par le communiste Roland Muzeau, vont demander une commission d’enquête parlementaire sur le nouveau centre hospitalier sud-francilien, construit en partenariat public-privé (PPP) et qui vient d’ouvrir ses portes dans l’Essonne. Selon le député, qui participait le 2 février au débat de l’Assemblée nationale sur les PPP, la création de l’hôpital sud-francilien, présenté comme le fleuron de la politique hospitalière du gouvernement, a “tourné au cauchemar”.

L’établissement, construit par le groupe Eiffage et qui a ouvert ses portes fin janvier avec huit mois de retard, a fait l’objet de 8 000 malfaçons, a rappelé Roland Muzeau, qui a égrené une série de chiffres à l’appui de son argumentation. La polémique a d’autant plus enflé qu’Eiffage a réclamé une rallonge de 100 millions d’euros et que le loyer dû par l’État dès 2011 a été réévalué de 29 à plus de 40 millions d’euros annuels… Ce loyer devra être payé pendant trente ans, avant que l’État ne devienne propriétaire de l’établissement. Roland Muzeau a stigmatisé “l’échec” de ce partenariat public-privé qui “n’a pas permis de réaliser l’établissement plus vite et à moindre coût”. En séance, l’élu des Hauts-de-Seine a exigé la communication des termes du contrat actuel.


Contrat Balard, “secret-défense” ?


Le 31 janvier, ce sont les députés de la commission de la défense de l’Assemblée nationale qui sont montés au créneau pour demander au ministère de la Défense l’accès au contrat du chantier Balard, soulignant l’importance d’un suivi politique et technique de cet autre PPP. Coûts, délais, efficacité… Les rapporteurs, Bernard Cazeneuve (PS) et François Cornut-Gentille (UMP), regrettent de ne pas avoir obtenu du ministère de la Défense le contrat final du PPP pour mener à bien leur mission de contrôle. Ils demandent à lever “toutes les incertitudes sur ce dossier”. Faute d’avoir été conçu après une “étude comparative digne de ce nom”, le projet Balard est “très coûteux et porteur d’incertitudes”, a pointé le socialiste Daniel Boisserie.

De son côté, Jean-Jacques Urvoas, a concentré ses attaques contre les PPP portant sur les prisons. “Alors que le gouvernement justifie son choix par la surpopulation carcérale, la Cour des comptes relève que si l’insuffisante capacité d’accueil des prisons est une difficulté majeure, la démonstration que cette difficulté soit le résultat d’une incapacité de l’administration à la résoudre sans le recours aux PPP ne paraît pas avérée”, a mis en avant le député PS du Finistère.


18 milliards d'euros d’investissements


Interpellé par ces attaques, le ministre de l’Industrie, Éric Besson, a défendu les “PPP à la française”, et plus particulièrement les contrats de partenariat. “Le marché du PPP a généré 18 milliards d’euros d’investissements depuis 2002, dont près de 12 milliards correspondant à 120 contrats signés pour le seul contrat de partenariat”, a-t-il souligné. Cela reste peu en chiffres absolus comme en pourcentage de la commande publique, qui avoisine les 90 milliards d’euros par an. Pour donner des gages aux députés, le ministre a toutefois appelé à une “sélectivité accrue (…) dans le choix des projets à engager et dans le choix du contrat de partenariat par rapport aux modes traditionnels de la commande publique”.

La famille des PPP recouvre plusieurs outils juridiques, développés en France depuis une dizaine d’années : le bail emphytéotique hospitalier, le bail emphytéotique administratif et, depuis l’ordonnance de juin 2004, le contrat de partenariat. Ce dernier est un outil transversal ouvert à tous les niveaux de collectivités publiques et à toutes les problématiques sectorielles. Le contrat de partenariat constitue la forme la plus aboutie et la plus encadrée des PPP. Sans que cela soit suffisant pour empêcher toute dérive.


Xavier Sidaner sur Acteurspublics. com

Par Parti socialiste Mundolsheim
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