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Société

Vendredi 11 juin 2010 5 11 /06 /Juin /2010 11:40

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Nos pistes pour la retraite

 

logo_liberation.jpg Tribune co-signée par MICHEL DESTOT, Député-maire PS de Grenoble, AURÉLIE FILIPPETTI Députée PS de Moselle , JEAN-MARIE LE GUEN Député PS de Paris et MICHEL SAPIN Député PS de l'Indre.

 

Soyons francs : la gauche peine à affirmer une position clairement réformiste sur la question des retraites. Nous devons nous y atteler d'urgence, en proposant une refonte globale de notre système de retraites, qui repose sur des idées nouvelles. Le débat prend aujourd'hui une drôle de tournure. La crispation du gouvernement sur l'âge légal de départ à la retraite n'est pas à la hauteur de l'enjeu : l'âge moyen de départ en retraite s'élève déjà à près de 62 ans. Certains, principalement les cadres, peuvent travailler au-delà de leur soixantième année ; d'autres ont déjà cotisé suffisamment de trimestres pour pouvoir prendre leur retraite à taux plein avant d'atteindre l'âge de 60 ans. L'âge légal de départ à la retraite à 60 ans doit être maintenu. Il est un acquis non négociable. Il constitue une garantie de justice sociale, notamment pour tous ceux qui ont débuté tôt leur carrière. Il doit aussi rester une possibilité de départ pour ceux qui le souhaitent.

 
Nous devons en revanche affirmer le principe d'un allongement de la durée de cotisation. Face à une espérance de vie qui s'accroît et devant le grave déficit de la branche vieillesse (- 10,7 milliards d'euros prévus pour 2010), cette solution nous semble être la mesure à la fois la plus juste socialement et la plus efficace économiquement sur le moyen et long terme. Actuellement l'espérance de vie augmente d'environ deux ou trois mois par an, il n'est donc pas déraisonnable de consacrer une partie de cette augmentation à la période de la retraite et une fraction à la poursuite de la vie professionnelle. Mais il faut aussi élargir la discussion : l'âge légal de départ en retraite, la durée de cotisations ou le calcul des pensions ne peuvent suffire. Les discussions doivent porter sur une série d'autres questions (l'emploi des jeunes et des seniors, la formation tout au long de la vie, les trajectoires professionnelles, les différences de niveaux de vie entre retraités).


Nous ne pouvons admettre une réforme qui ne conçoit la question des retraites qu'à travers le prisme de l'équilibre des comptes sociaux. Oui, le financement des retraites n'est pas assuré, mais nous ne pourrons pérenniser son financement qu'avec des critères et des considérations de justice sociale qui répondent aux aspirations des Français et aux spécificités de notre économie. Nous devons bien entendu mobiliser d'autres sources de financement en mettant à contribution les revenus du capital (stock-options, bonus...), les banques et les sociétés financières. Cela ne sera malheureusement pas suffisant. Les périodes d'inactivités forcées qui deviennent régulières, pour ne pas dire malheureusement récurrentes, méritent d'être mieux prises en compte. Il en va de même des emplois précaires (stages successifs, temps partiel subi, contrats à durée déterminée) ou des phases d'intérims qui conduisent à accumuler des droits à retraite très incomplets. Les carrières sont de moins en moins linéaires, notre système de retraite doit donc être repensé et même transformé. Dans le cadre de cette réforme globale, nous devons viser à renforcer l'employabilité à tous les âges. Elle n'est que de 38% pour les 55-64 ans ! Nous devons aménager le temps de travail tout au long de la vie ; donner corps à la sécurité sociale professionnelle en alliant emploi, formation et transition professionnelle ; accorder des trimestres de cotisations retraites pour les études universitaires, les années de congé parental et le futur service civique.


Nous devons mieux prendre en compte les périodes de chômage non indemnisées, les périodes de stage et de revenu de solidarité active (RSA) ; bonifier les années de cotisations pour les fonctionnaires, en particulier les enseignants, qui œuvrent dans les établissements scolaires difficiles, où les missions de service public peinent à être assumées. Nous devons profondément réformer la santé au travail, mener des politiques de prévention de l'usure des travailleurs, et surtout veiller à une prise en charge collective de la dépendance. Le projet de loi déposé, prochainement au Parlement, devra en conséquence intégrer ces différents aspects. Il n'en prend malheureusement pas le chemin.

 

Cinq pistes complémentaires méritent d'être explorées


Premièrement, nous devons tenir compte de la pénibilité de certaines professions en intégrant des trimestres de cotisations supplémentaires pour les salariés effectuant des travaux pénibles. Nous ne sommes pas favorables à un allongement uniforme de la durée de cotisation, il mériterait d'être proportionné à l'espérance de vie à la retraite.

Deuxièmement, il convient de réfléchir à un rapprochement des systèmes de retraite afin de prendre en compte les passages - de plus en plus fréquents - entre le secteur public et le secteur privé. Il est anormal qu'une personne ayant travaillé moins de quinze ans dans le public ne puisse faire valoir ses droits à pension dans la sphère publique, et rencontre des difficultés à faire reconnaître ses droits au sein du régime général.

Troisièmement, il est nécessaire de faire évoluer le taux de remplacement net pour une carrière entière au niveau du Smic. Et passer ainsi, après la réforme, d'un taux de remplacement de 85%, à 90%, puis à 95%.

Quatrièmement, il faut reprendre la réflexion sur la question des départs progressifs en retraite : ne pourrait- on pas envisager de liquider sa pension plus tardivement, tout en effectuant moins d'heures par semaine? Si le salarié l'envisage, il pourrait prolonger son activité professionnelle en passant d'un emploi à temps plein, à un emploi a temps partiel à 80 % puis à 50 % en étalant progressivement son départ en retraite, c'est-à-dire travailler moins, mais plus longtemps. C'est une stratégie positive pour l'entreprise ou l'administration qui ne perd pas subitement les compétences et l'expérience du salarié ; ce dernier, en retour, subit moins le passage immédiat de la vie active à la retraite.

Cinquièmement, à terme, il faudra certainement faire évoluer la comptabilisation des cotisations retraites en privilégiant un système par points ou par comptes notionnels, comme la Suède le pratique déjà.


Il s'agit donc d'engager une refonte globale. Celle-ci sera longue et progressive, mais devra être durable et consensuelle. Elle doit être l'occasion de renouer la confiance entre la sphère politique, les représentants syndicaux et nos concitoyens. La réforme des retraites passe de ce point de vue par une véritable négociation avec les organisations syndicales. Le gouvernement ne peut se contenter d'une simple concertation. Nous avons besoin d'un compromis social avec ces organisations, sinon cette réforme sera incomprise et inopérante. Il manquera une occasion unique de redonner confiance en notre système de retraite par répartition.


Ne nous laissons donc pas enfermer par la réforme proposée par le gouvernement qui est essentiellement comptable, et proposons une démarche et des finalités alternatives, sociales, économiques et humaines.

 

Michel Destot député-maire PS de Grenoble

Aurélie Philippetti députée PS de Moselle

Jean-Marie Le Guen député PS de Paris

Michel Sapin député PS de l'Indre

 

Sur Libération

Par Parti socialiste Mundolsheim - Publié dans : Société
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Mercredi 26 mai 2010 3 26 /05 /Mai /2010 18:14

 

On y va pour faire fortune. Pour laisser son bagage derrière soi et recommencer à neuf. On y va pour se mesurer aux meilleurs. Puis devenir les meilleurs. Car les Etats-Unis sont l'endroit où chacun peut se hisser vers les sommets. Y a-t-il un peu de réalité derrière ce rêve ?

Plein. Bill Gates (Microsoft) et Steve Jobs (Apple), partis de leurs bricolages dans le garage paternel, ont bâti deux des plus grandes fortunes mondiales. Il y a mille histoires comme la leur. D'enfants du pays ou d'immigrants. Mille récits qui fondent le rêve américain.

Mais on apprend que, si les Etats-Unis sont le pays où quelques-uns peuvent se hisser en haut de la montagne sociale malgré leurs origines modestes, c'est aussi un des pays où ce phénomène est le moins répandu.

Ce sont les vilains économistes de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) -le club des pays riches- qui ont fait, en mars, un trou béant dans le mythe du rêve américain.

Ils ont comparé les générations : le salaire du père, le salaire du fils. Dans quels pays la condition de vie du fils est-elle la moins prisonnière de celle du père ? Dans les pays socio-démocrates (Danemark, Norvège, Finlande), en Aus­tralie et au Canada.


La meilleure idée est de naître dans une famille aisée

 

Et à quel endroit la mobilité sociale est-elle la plus faible, c'est-à-dire où les fils de pauvres seront pauvres et les fils de riches seront riches ?

Aux Etats-Unis, en Italie et en Grande-Bretagne. La France -pourtant très redistributrice- suit de peu ce groupe où la hiérarchie sociale a le plus de force d'inertie. (Voir ci-dessous le graphique réalisé par l'OCDE montrant le rapport entre le salaire du fils et celui du père. La France est le quatrième pays en partant du plus haut ratio. Cliquer pour agrandir)

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Partout, évidemment, la meilleure idée est de naître dans une famille aisée. Tout s'ensuit : meilleur environnement social, meilleures écoles, meilleurs emplois, meilleurs salaires. Mais on a longtemps voulu nous faire croire que les véritables méritocraties, celles où on grimpe dans l'échelle sociale selon son mérite, se trouvaient dans les pays qui exaltent la liberté individuelle et le moins d'Etat.

L'OCDE dit le contraire. Afin que le mérite, quand il se trouve au bas de l'échelle, puisse se libérer des pesanteurs de la pauvreté, l'Etat doit intervenir pour lui assurer sa chance.

 Mobilité sociale : la Corée du Sud devant les USA

C'est particulièrement vrai en éducation. Et là, la fameuse étude PISA, qui teste régulière­ment les élèves du secondaire du monde -les Québécois se clas­sent toujours dans les dix pre­miers en maths, en sciences et en lecture-, nous raconte la même histoire quant à l'inéga­lité. Dans la plus récente étude (2006), les élèves américains arrivent 35e en mathématiques, les Québécois, cinquième.

Mais ce qui nous intéresse ici, c'est la mobilité. Les Etats-Unis sont, de tous les pays ayant fait l'objet de l'étude, celui où l'écart entre les résultats des enfants de familles aisées et de familles pauvres est le plus important.

Le Québec, le Canada sont, avec les pays nordiques et la Corée du Sud, les endroits où les enfants ont les résultats les plus semblables -donc une éduca­tion de qualité comparable-, qu'ils soient de milieu modeste ou aisé. C'est donc là, et non au pays du dollar, que le mérite a le plus de chances de percer.

On rétorque parfois que les mauvais résultats statistiques américains sont plombés par les minorités noires ou hispaniques (mais jamais asiatiques, qui font monter la moyenne). Curieux argument, car le pays de la liberté devrait étendre ses bienfaits quelle que soit la couleur de la peau.

 Les Canadiens en meilleure santé que les Américains

Mais une étude sur la santé, publiée en avril dans Population Health Metrics, pose la question et trouve cette réponse. Un Blanc qui a 19 ans aujour­d'hui aux Etats-Unis peut s'attendre à vivre en bonne santé pendant encore 49,3 ans. Au Canada, presque trois ans de plus : 52 ans (c'est aussi la différence en espérance de vie globale).

Enfin, selon les auteurs, même en corrigeant les mesures en fonction de la race, du sexe, voire du tabagisme, « la population canadienne apparaît substantiellement en meilleure santé » que l'américaine.

Com­ment l'expliquer ? Au Canada, la population a accès à des services de santé grâce à un régime universel, et il y a moins d'inégalités sociales et de pauvreté, notamment chez les personnes âgées (23% des aînés sont pauvres aux Etats-Unis, contre 6% au Canada).


L'économie, victime des inégalités

 

Tout bien considéré, c'est Marx qui avait raison. Pas Karl, Groucho. Résumant dans une boutade l'immobilité sociale américaine, il a dit : « Quand je suis arrivé aux États-Unis, je n'avais pas dix sous en poche. Aujourd'hui, j'ai dix sous en poche ! » Pardon, je me corrige : Karl aussi aurait été d'accord.

Pour l'OCDE, l'inégalité nuit… à l'économie :

« Les sociétés peu mobiles sont plus susceptibles de gaspiller ou de mal utiliser les compétences et les talents.

L'absence d'égalité peut influer sur la motivation, le niveau d'effort et la productivité des gens, avec des effets néfastes sur l'efficience globale et le potentiel de croissance de l'économie. »

En partenariat avec les Ecoles d'été internationales de l'université de Montréal

Par Parti socialiste Mundolsheim - Publié dans : Société
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Lundi 24 mai 2010 1 24 /05 /Mai /2010 15:28

En France, des pauvres de plus en plus pauvres

La France compte plus de 8 millions de personnes pauvres et, même si ce niveau est stable depuis dix ans, la situation des plus vulnérables s'est "dégradée" et risque de s'aggraver avec la crise, selon le 6e rapport de l'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale (Onpes), présenté le 25 février 2010.

Le taux de personnes vivant en-dessous du seuil de pauvreté (moins de 60% du revenu médian, soit PHOTO-I-MAIN-TENDUE-AVEC-EUROS-tdg.ch-copie-1.jpg908 euros par mois) n'a guère évolué, passant de 13,6% à 13,4% de la population entre 1998 et 2007, ce qui représente plus de 8 millions de personnes en 2007 (plus de 1 personne sur 8), selon ce rapport.


En revanche, la proportion de la population subsistant avec 40% du revenu médian (soit 602 euros) a augmenté de 2,1% en 2002 à 3,1% en 2007. Ils étaient 1,8 million dans ce cas il y a trois ans.
"Parmi les personnes pauvres, la situation des plus pauvres s'est donc sensiblement dégradée", s'alarme l'Onpes dans le compte rendu de son rapport, publié le jour du 10e anniversaire de cet organisme.


De plus, "la dégradation du marché du travail, en touchant les personnes qui étaient déjà les plus vulnérables, engendre un risque d'irréversibilité du chômage et de la pauvreté", s'est inquietée Agnès de Fleurieu, présidente de l'Onpes. Celle-ci présentait le rapport aux côtés du secrétaire d'Etat chargé du Logement Benoist Apparu et du Haut commissaire aux solidarités actitives Martin Hirsch.

Source La gazette.fr

 

Par Parti socialiste Mundolsheim - Publié dans : Société
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