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Section Daniel MAYER Canton de Mundolsheim
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Mercredi 1 février 2012 3 01 /02 /Fév /2012 09:27

 

 

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Le prix global du projet de grand contournement ouest de Strasbourg (GCO) devrait s’élever à 750 millions d’Euros, selon le groupe Vinci, alors que les estimations annoncées par les élus étaient de 400 millions d'euros. Ce montant comprend les coûts financiers et concerne une configuration à deux fois trois voies.


C’est par un communiqué que le groupe Vinci a précisé l’ordre de grandeur du coût réel des 24 km de l’A 355 (à péage), devant alléger le trafic de la rocade strasbourgeoise et pour lequel le groupe a été désigné « concessionnaire pressenti », la concession définitive devant intervenir dans les prochains mois. Jusque-là, les estimations avancées par les élus évoquaient 400 millions d’euros. « L’écart s’explique par la prise en compte du coût financier d’un tel projet », justifie le groupe Vinci. Mais la facture des travaux a été également revue à la hausse, notamment pour tenir compte du prix environnemental du projet, traversant des zones agricoles et écologiquement sensibles. « L’Etat avait évalué en juillet 2011 le coût des investissements à 475 millions d’euros HT et la proposition de Vinci s’élève à 516 millions HT pour une version à 2X2 voies et 536 millions HT pour une 2X3 voies », précise le ministère de l’Ecologie.

Qualité de l’offre - Comme il ne s’agit pas d’un appel d’offre mais d’une concession tenant compte notamment de « la qualité technique et environnementale du projet », le choix ne s’est pas nécessairement porté sur le « moins-disant » au plan financier, même si le ministère indique que les quatre offres étaient toutes supérieures à l’évaluation officielle. Une contribution de 30 millions d’euros sera demandée à l’Etat et aux collectivités locales dans une répartition pas encore précisée. Une certitude, la communauté urbaine de Strasbourg (CUS) n’y participera pas, jugeant ce projet inefficace. « La contribution forfaitaire des collectivités locales alsaciennes sera destinée par convention aux investissements pour l’insertion environnementale du futur axe. Cette somme pourra d’ailleurs faire l’objet d’un reversement si le trafic se révèle être supérieur aux prévisions », rappelle Guy-Dominique Kennel, président du conseil général du Bas-Rhin.

Une équation financière difficile - Les prévisions de trafic contenues dans la DUP font état d’une prévision de trafic de 30 à 40 000 véhicules par jour sur l’A 355. « La mise de cet axe à 2X3 voies pourrait être réalisée à partir de 50 000 véhicules/jour », indique le ministère de l’Ecologie. Vinci précise que cet élargissement se ferait « par l’intérieur » de l’emprise initiale de l’autoroute. Il reste qu’avec un coût approximatif de 30 millions d’euros par km, l’A 355 va poser à Vinci une équation difficile : un péage trop élevé dissuadera les usagers, un trafic trop faible obérant les possibilités de rentabilisation de l’équipement. L’exemple de l’A 65 Pau-Langon, qui connaît une fréquentation inférieure aux prévisions en raison d’un tarif couramment qualifié de « prohibitif » (plus de 13 cts par km pour un VL) est à retenir. Cet axe a vu le prix des travaux dépassé pour répondre à des contraintes environnementales. La pression annoncé par les nombreux opposants au GCO imposera à Vinci d’être particulièrement attentif dans ce domaine.

« Aucune clause contractuelle d’indemnisation ou de compensation n’est prévue au profit du concessionnaire dans le cas où les trafics réellement observés seraient en dessous des prévisions de ce dernier », confirme le ministère de l’Ecologie. Vinci estime à 52 mois la durée des travaux.

 

D.Bonnel sur la Gazette.fr

Par Parti socialiste Mundolsheim - Publié dans : Alsace
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Mardi 31 janvier 2012 2 31 /01 /Jan /2012 10:36

 

 

Conférence de presse de Nathalie Kosciusko-Morizet le 30 janvier 2012 au lendemain des annonces de Nicolas Sarkozy sur le logement.


Dans son  intervention le 29 janvier, Nicolas Sarkozy a annoncé  que «pour les trois ans qui viennent, tout terrain, toute maison, tout immeuble, verra ses possibilités de construction augmenter de 30 %». Des mesures diversement appréciées par les professionnels du BTP.


Nicolas Sarkozy entend libérer des possibilités de construction. « Nous avons donc décidé que pour les trois ans qui viennent, et l'application se fera dès que le Parlement aura voté ce texte, tout terrain, toute maison, tout immeuble verra sa possibilité de construction augmenter de 30%", a-t-il expliqué lors de son intervention de dimanche 29 janvier. Cette mesure a l’avantage de "donner un travail formidable à l'industrie du logement. Ce ne sont pas des emplois délocalisables", a promis le chef de l’Etat qui a, par ailleurs, estimé que « les prix de l'immobilier à l'achat, à la vente, et les prix à la location vont pouvoir baisser».

Ce  soutien  du gouvernement aux professionnels du bâtiment était attendu par la Fédération Française du Bâtiment (FFB) : « une mesure coup de poing de la constructibilité qui va permettre d’augmenter le nombre de logements », a réagi son président, Didier Ridoret chez nos confrères de lemonde.fr.

Construire plus, mais pour qui ?

Compte-tenu de la volonté dugouvernement de ne pas engager les finances de l’Etat, le choix des mesures est particulièrement restreint. «Notre démarche a consisté à cibler un nombre limité de mesures et des mesures rapides à adopter. En facilitant la production de logements, nous soutenons l’activité du BTP tout en répondant à un besoin social, le tout sans argent public», s’est félicité Benoist Apparu, secrétaire d’Etat au logement, qui indique que le «+30% s’appliquera à toutes les règles de constructibilité des communes inscrites dans le PLU, sauf délibération contraire du maire. A savoir : le coefficient d’occupation des sols, la hauteur maximum, le gabarit et l’emprise au sol».Cette mesure s’applique autant au neuf qu’à la rénovation même si ce sont sur les constructions neuves que le gouvernement fonde le plus d’espoir : «on pourra construire un immeuble de 8 étages au lieu de 6 ou une maison de 130 m2 au lieu de 100», illustre Benoist Apparu. Reste qu’un ménage qui peut financer une maison de 100m2 ne pourra pas forcément financer une maison de 130m2. C’est ce que fait remarquer l’Union des Maisons Françaises : «l’octroi de droits à construire supplémentaires n’est qu’une solution à la marge, car le droit de construire n’est pas identique à la capacité financière de construire, tant pour les professionnels que pour les ménages. 

De plus, renforcer la densité conduit mécaniquement à des coûts plus élevés et peut induire un renchérissement du coût du foncier par l’augmentation de ses capacités constructibles. Or, le vrai problème, le président de la République l’a rappelé, c’est le prix de l’immobilier et le prix du foncier en particulier».

Incertitude sur la baisse des prix

Dominique de Sauza, président de l'Union des constructeurs immobiliers (UCI-FFB) reste prudent sur l’efficacité à très court terme des mesures, notamment parce que «la problématique des recours abusifs n'a pas été solutionnée et pèse beaucoup en milieu urbain». Et c’est bien là que le bât blesse. Car, une telle mesure se heurte aux diverses règlementations en terme d’urbanisme ou de protection du littoral, de l’environnement . Quant à la baisse des prix, rien n’est moins sûr ; d’une part parce qu’il manque trop de logements pour que l’effet soit immédiat sur les prix et d’autre part, parce que dans certaines zones tendues comme en Ile-de-France, les terrains libres sont rares. D’ailleurs, à la gratuité des terrains publics cédés aux collectivités locales, une des mesures-phares du candidat PS François Hollande dans son programme présidentiel, Nicolas Sarkozy préfère la location de terrains sous forme de bail emphytéotique. L’idée est de permettre aux collectivités et promoteurs de disposer de foncier sur une période donnée, moyennant un cahier des charges strict à suivre.

Terrain de bataille politique

Sur le terrain politique, le maire PS de Paris, Bertrand Delanoë, a affirmé lundi 30 janvier sur Europe 1 qu’il s’opposerait à ces mesures au Conseil de Paris. "Depuis cinq ans que Nicolas Sarkozy est président, il y a des blocages partout pour construire des logements", a souligné le maire de Paris. Ainsi, dans la capitale, "il y a vraiment des milliers de logements que je peux construire mais l'Etat m'empêche de construire parce qu'il veut vendre ses terrains à des prix spéculatifs", a-t-il souligné. 

Pour Thierry Repentin, sénateur PS de Savoie, en charge des questions de logement dans l'équipe de campagne de François Hollande, les prix des logements ne baisseront pas. "C'est tout le contraire qui va se passer, réfute-t-il dans lemonde.fr. Les propriétaires de terrain vont vendre plus chers." Pour le sénateur socialiste, l'augmentation de la constructibilité est "avant tout une prime pour les ménages qui sont déjà propriétaires". Par ailleurs, sa mise en œuvre pourrait être ralentie par de nombreux recours et conflits entre opposants et partisans d'une densification du tissu urbain. 
Au demeurant, le gouvernement veut aller vite. «Cette augmentation de la constructibilité prendra la forme d’une loi, dite «loi logement», qui comportera un seul article, a précisé la ministre de l'Ecologie. Et cette loi sera d'application immédiate."

Notons que même passée en urgence (une seule lecture par chambre), le calendrier d’adoption de ce texte sera tendu. Et ce, même si aucun recours devant le Conseil constitutionnel n’est déposé.


Réactions


Communication d’urgence face aux réactions des professionnels qui n’ont pas tardé, Nathalie Kosciusko-Morizet et Benoist Apparu ont rencontré le 30 janvier à 17H l'ensemble des représentants des professionnels de l'immobilier et de la construction.

Propos recueillis.

Bernard Coloos, directeur des affaires économiques, financières et internationales de la FFB

 
« Ce dispositif ne va pas révolutionner le marché, mais ne boudons pas la mesure qui va dans le bon sens en contribuant à la production de logements. Ce qui est positif, c’est que le maire doit s’opposer à la mesure, sinon elle est automatiquement adoptée, alors que d’habitude pour beaucoup de mesures, le maire vote une adoption.
Par ailleurs, dans la pratique, des détails d’application devront être surveillés, par exemple, si on augmente la taille d’un immeuble, l’augmentation du nombre de parkings qui doit normalement l’accompagner pourrait poser problème ».

Jean-Michel Mangeot, délégué général de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) 

 
« 30% de constructibilité n’est pas synonyme de 30% de logements en plus. Il y aura de la perte en ligne. Déjà aujourd’hui, la construction de logements est en dessous de ce que permettent les PLU. Si cette mesure va dans la bonne direction, elle est loin d’être suffisante. Sur les terrains aujourd’hui en promesse de vente, l’effet va être positif, par contre sur les terrains vendus plus tard, le prix du foncier risque d’augmenter.

Quant à la proposition du bail emphytéotique pour les terrains publics, elle devrait, par ailleurs, apporter 50 000 nouveaux logements en Ile-de-France. Cette mesure en réduisant le prix du foncier réduira le coût final des opérations et donc des loyers. »

Guy Portmann, vice-président de la Fédération des promoteurs constructeurs (FPC) et du Syndicat national des aménageurs lotisseurs (Snal)


«C’est une réforme qui va dans le bon sens. L’augmentation des droits à construire pourra être efficace sur certains terrains, notamment ceux dont nous disposons déjà car cela permettra une baisse des prix de vente des logements. En revanche, pour les terrains dont nous ne disposons pas, il faudra convaincre les maires et les riverains car à l’heure actuelle, nous connaissons déjà beaucoup de difficultés, notamment en termes de recours. Reste qu’inverser la charge de la preuve -à savoir demander au maire de justifier son refus- est plutôt une bonne chose.
S’agissant du volume de logements supplémentaires annoncé par le gouvernement (100 000 d’ici à 2015, ndlr), nous sommes plutôt perplexes car à l’heure actuelle, tous les droits à construire ne sont déjà pas consommés.
Quant à la deuxième mesure forte annoncée, celle permettant la cession des terrains de l’Etat, elle sera efficace si c’est à prix maîtrisés, seule façon de réduire le prix des logements construits. L’enjeu est de taille, on parle de 394 sites en Ile-de-France pour un total de 880 hectares, ce qui représente un potentiel de 40 à 50 000 logements. »

Alain Dinin, P-DG de Nexity


«Les mesures annoncées ne sont pas complètement satisfaisantes. Le vrai risque, c’est que nous sommes dans un système dans lequel l’augmentation de COS va profiter aux propriétaires qui pourraient vouloir vendre plus cher. Et puis 40 000 logements de plus, c’est bien mais pour qui ? Les investisseurs ne vont plus être intéressés à partir de fin 2012 (fin du dispositif Scellier, ndlr). Je crains que les prix ne baissent pas et comme le pouvoir d’achat des français est de plus en plus limité…»

 

Julien Beideler, Thais Brouck, Eric Leysens, F<rédéric Vergne sur le Moniteur.fr


Par Parti socialiste Mundolsheim - Publié dans : Dossiers
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Dimanche 29 janvier 2012 7 29 /01 /Jan /2012 10:27

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 Qui détient la dette de la France ? Cette question, chaque contribuable français est en droit de sela poser. Ses impôts ne servent-ils pas à payer en partie les intérêts de la dette ? Or, si l’on dispose des quelques informations générales, savoir en détail qui détient les créances françaises et pour quel montant relève du secret extrêmement bien gardé. L’opacité est totale et couverte par la loi. Enquête.

 

1 317 milliards d’euros. Tel est le montant, fin 2011, de la dette de l’État français. Qui sont ses créanciers ? La dette est-elle concentrée entre quelques richissimes mains ? Ou répartie entre une multitude de petits épargnants, du détenteur d’une assurance vie en Picardie au retraité du Minnesota qui vit des dividendes versés par son fonds de pension ? Les prêteurs sont-ils des spéculateurs, prêts à tout pour faire monter les taux d’intérêt, ou des investisseurs tranquilles ?

« Le savoir permettrait de mesurer les conséquences potentielles d’un défaut de paiement, même partiel. Et de ne pas se retrouver dans une situation de spoliation de petits épargnants », explique Thomas Coutrot, économiste et coprésident d’Attac (Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne). Les banques européennes, et françaises, qui ont bénéficié avant Noël d’un beau cadeau de la Banque centrale européenne – un prêt à 1 % sur plus de 450 milliards d’euros – pour les inciter à acheter de la dette européenne, jouent-elles le jeu ? Pour tenter de répondre à toutes ces questions, il faut suivre le parcours d’un bon ou d’une obligation du Trésor.


42,5 milliards d’euros d’intérêts versés à des inconnus ?

Pour se financer, l’État émet des titres financiers que des investisseurs achètent. Plusieurs types de titres, avec chacun leur échéance et leur taux d’intérêt, sont régulièrement proposés à la vente |1|. C’est l’Agence France Trésor (AFT) qui gère leur mise aux enchères (adjudication). Vingt grandes banques agréées, les « spécialistes en valeur du Trésor » (« SVT », de BNP Paribas à Goldman Sachs, en passant par Natixis, la Deutsche Bank ou la Société générale), sont chargées de les écouler sur les marchés financiers. Elles savent donc à qui elles revendent éventuellement ces titres. Ensuite, obligations et bons du Trésor circulent sur les marchés, mais son détenteur final perçoit chaque année ses intérêts. Ceux-ci totalisaient 42,5 milliards d’euros – la charge de la dette – en 2010. En théorie, on devrait donc savoir à qui ils sont versés.

Sur le site de l’AFT, le citoyen curieux apprend juste que 66 % des détenteurs de la dette sont des « non-résidents ». « En gros, un tiers de la dette est détenu par des investisseurs français, un tiers au sein de la zone euro, et un tiers à l’étranger, en dehors de la zone euro », précise Tân Le Quang, responsable de la communication au sein de l’agence. Problème : « Les non-résidents peuvent être de faux non-résidents, des Français détenteurs d’un portefeuille d’obligations via un paradis fiscal », objecte Michel Husson, de l’Institut de recherches économiques et sociales (Ires). « Un investisseur saoudien, qui détient de la dette française car il a investi dans un fonds d’investissement à Londres, est comptabilisé comme un investisseur britannique », complète Patrick Artus, économiste à la banque Natixis |2| «  Les trois plus gros détenteurs de la dette française sont le Luxembourg, les îles Caïmans et le Royaume-Uni », lance-t-il. Les Îles Caïmans, un paradis fiscal des Caraïbes autant peuplé que Châteauroux (44 000 âmes), pourrait donc ainsi faire basculer le destin des Français ?


La dette, un secret d’État ?

Les enquêtes réalisées par l’Agence France Trésor auprès de ses vingt banques partenaires permettent d’en savoir un peu plus sur les gros acheteurs : principalement des banques centrales, des fonds souverains, des assureurs, des banques commerciales et des fonds de pension. Ce que confirme la base de données financières eMAXX, mise en place par Thomson et l’agence de presse Reuters, qui publient régulièrement la liste « des 50 plus gros détenteurs de dette souveraine française » (hors banques centrales). Nous y retrouvons des assureurs (Axa, Allianz…), des mutuelles (MMA, MAAF, Groupama…), des banques (BNP-Paribas, La Banque postale, ING…) et une multitude de fonds d’investissement, principalement européens. Nous n’en saurons pas davantage : « Ce sont les banques qui voient les flux, pas nous. Les investisseurs en dette souveraine n’ont pas l’obligation de dévoiler leur position », confie Tân Le Quang. Mais pourquoi est-il impossible de savoir qui détient quoi et combien ?

C’est pourtant simple : cette absence de transparence est inscrite dans la loi. « Les textes actuellement en vigueur |3| n’autorisent les conservateurs d’instruments financiers (…) à communiquer aux émetteurs la liste de leurs détenteurs finaux qu’aux seuls émetteurs d’actions, de bons de souscription d’actions ou d’instruments de taux donnant immédiatement ou à terme accès au capital. Par conséquent, l’Agence France Trésor (AFT) ne peut pas identifier précisément les détenteurs [des obligations et bons du Trésor]  », répond, en 2010, le ministère de l’Économie et des Finances à un sénateur trop curieux. Traduction : si les entreprises ont le droit de savoir qui sont leurs actionnaires, il est interdit à l’État français de connaître ses créanciers. La dette, un secret bancaire ?


Opacité généralisée

Face à cette opacité, « nous soupçonnons une extrême concentration, confie Thomas Coutrot. On pourrait très bien disposer d’informations statistiques sur la concentration des portefeuilles et la nature de ceux qui les détiennent ». Des chercheurs suisses ont récemment révélé que 147 multinationales, tout en se contrôlant elles-mêmes, possèdent 40 % de la valeur économique et financière des dizaines de milliers de multinationales du monde entier (lire notre article). Il serait étonnant qu’il n’en soit pas ainsi pour les dettes souveraines. Selon les données présentées par la Banque des règlements internationaux (BRI), un organisme géré par 58 banques centrales nationales, les banques étrangères possédaient en juin dernier 13 % de la dette de l’État français. Soit 176 milliards d’euros, dont plus des deux tiers sont entre les mains de banques britanniques, japonaises, allemandes, états-uniennes et suisses. Mais il ne s’agit que d’un euro sur dix empruntés.

Il est pourtant tout à fait possible, en théorie, d’en savoir plus. C’est la société Euroclear France |4|, un organisme boursier privé, qui est « le dépositaire central des titres français ». Elle sert d’intermédiaire entre la Banque de France et les détenteurs de titres du Trésor pour leur verser leurs intérêts ou leur pécule quand l’emprunt arrive à échéance. Un peu comme la chambre de compensation Clearstream sert, au Luxembourg, de « péage » entre les transactions financières. Euroclear France sait donc parfaitement qui détient combien à quel moment. Mais la loi l’autorise à ne pas rendre publiques ces données. Pourtant, ce sont bien les citoyens qui paient la charge de la dette.

 

Voir en ligne : http://www.bastamag.net/article2041.html

 

Notes

 

|1| Leur échéance de remboursement s’étale d’un à cinquante ans. Leur taux varie entre 1 % et 4 %. Plus l’échéance de remboursement est lointaine, plus le taux est élevé.

|2Le Monde du 23 juin 2011

|3| Notamment l’article L. 228-2 du code de commerce, décret d’application n° 2002-803 du 3 mai 2002 publié au Journal officiel du 5 mai 2002, et l’article L. 212-4 du code monétaire et financier relatif à la nominativité obligatoire

|4| Ancienne Société interprofessionnelle pour la compensation des valeurs mobilières (Sicovam).

 

Ivan Le Roy sur CADTM

 

 

 

Par Parti socialiste Mundolsheim - Publié dans : Economie
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