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Réflexion Politique

Vendredi 4 juin 2010 5 04 /06 /Juin /2010 10:55

Mario Martinet, conseiller général des Bouches-du Rhône, intervient sur les dangers de la réforme des collectivités locales, au cours du débat avec Laurent Fabius du 27 mai dernier


 

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Mardi 1 juin 2010 2 01 /06 /Juin /2010 23:42

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Du protectionnisme environnemental et social européen (PESE)

 

Il me semble que nous marchons à coté de nos pompes ces temps-ci, bien évidemment en politique intérieure, mais également au niveau de la politique extérieure Française hors de nos frontières.
Chroniquant déjà nos rocambolesques circonvolutions Elyséennes à longueur de semaines, je ne m’attarderai pas sur ce point-là aujourd’hui. 

Non, le mal est ailleurs, il se situe à mon avis dans le grand écart réalisé entre un  « idéal de nous-même » que nous projetons et assignons au monde et le constat quotidien et cruel d’une altération profonde et permanente de cette ambition. L’écart entre notre universalisme chevillé au corps et sa mise en défaut régulière n’a cessé de s’accroître depuis quelques décennies.
Nous sommes désormais un pied dans l’idéologie universaliste du début du XXième siècle et l’autre dans la réalité économique et sociale mondialisée présente. Inutile de préciser que la tectonique actuelle de ces deux plaques ne cessent de nous écarteler sans cesse davantage. Nous n’acceptons toujours pas l’influence insignifiante de notre politique étrangère sur la scène internationale.

Il ne s’agit pas de faire le procès ici de notre universalisme, en introduisant la variante relativiste en vogue depuis quelques années, que je dénonce par ailleurs. Mais bel et bien d’essayer de sortir de cette dichotomie manichéenne entre relativité culturelle et universalisme.

Traces du malaise

Les tensions sociales viennent de la projection inconsciente de cet idéal républicain, universaliste et démocratique que nous « appliquons» au monde barbare (d’ailleurs) et la réalité qui est à cent lieues de cet idéal. Une fois ce constat réalisé, jeter l’eau du bain avec le bébé dans un relativisme dévoyé autorisant le business tout en abaissant nos critères moraux, est une solution extrême à laquelle nous ne devons pas céder. il y’ a tout de même une gradation idéologique qu’il est possible d’envisager afin de minimiser l’impasse actuelle entre notre inconscient et cet environnement extérieur.

Retrouvez la suite de cet article sur le blog Peuples.
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Jeudi 27 mai 2010 4 27 /05 /Mai /2010 15:41

 

Emmanuel Tood "Le débat sur les retraites n'a aucun sens"

 

Le gouvernement veut donner l'impression qu'il affronte la réalité sur les retraites, la vérité est qu'il fuit la réalité


Comme anthropologue et démographe, comment voyez-vous le débat des retraites ?


Cemmanuel todd photoe n'est pas la priorité. Il est légitime de se poser la question de savoir s'il faut travailler plus longtemps en relation av ec l'espérance de vie, et je suis évidemment pour défendre les retraites. Mais c'est un problème de long terme, alors  que nous vivons une crise majeure de court terme. Un économiste venu de Mars ne comprendrait pas que la planète France débatte de la manière d'augmenter la durée du travail dans l'avenir pour des personnes ayant déjà un certain âge, alors qu'on ne parvient pas à donner aujourd'hui du travail aux jeunes. En termes d'économie immédiate, la question des ret raites n'a aucun sens. Le gouvernement veut donner l'impression qu'il affronte la réalité, la vérité est qu'il fuit la réalité.


Comment l'expliquez-vous ?


Nos sociétés développées sont globalement très riches, très éduquées et âgées. L'âge médian (qui partage la population en deux moitiés) est d'environ 40 ans en France, de 44 ans en Allemagne et au Japon. Si vous enlevez tous les enfants et adolescents qui n'ont pas le droit de vote, vous obtenez un âge médian pour l'électorat qui est encore beaucoup plus élevé… Je précise aussitôt qu'avec mes 59 ans, je fais partie de la masse centrale de ces « croulants ». Nos sociétés ont donc des préoccupations de gens âgés, qui approchent de la retraite.

Et pourquoi serait-ce grave ?

Le vrai problème de la France, c'est la disparition de notre industrie, les délocalisations d'entreprises, la stagnation du niveau de vie. A terme, si nous ne faisons rien, notre société est menacée d'appauvrissement, ce qui remettrait complètement en question toutes les décisions qu'on prépare sur les retraites. Dans ce décalage temporel, ce qui me choque le plus, c'est la place épouvantable qui est faite aux jeunes : ils ont en général un niveau d'études beaucoup plus élevé que les générations précédentes, et ils sont maltraités en termes d'emploi et de salaire. Or je suis désolé d'être obligé de le rappeler, l'avenir d'une société, ce sont ses jeunes, pas ses vieux 


Vous cultivez le jeunisme ?


Je n'ai pas de passion particulière pour les jeunes, je trouve les enfants extraordinaires, mais les adolescents sont fatigants - et je sais de quoi je parle. Non, je parle en historien. J'aime bien mon pays, j'ai envie que son histoire continue, et cette histoire sera faite demain par les jeunes d'aujourd'hui. Quant à moi, j'ai reçu ma première évaluation de retraite et ça fait très plaisir. Mais revenons à la métaphysique des retraites. La crise économique crée une tension très dure sur le marché du travail, et la vie professionnelle est vécue comme une jungle dont on n'a qu'une envie, c'est de sortir le plus vite possible. Le débat sur les retraites traduit cela : les gens s'intéressent plus à l'après-vie professionnelle, comme un refuge à atteindre, qu'à leur travail, qui leur est devenu insupportable.

Les premières victimes de la crise sont les ouvriers, qui sont en train de disparaître avec notre industrie, et l'on va d'ailleurs se rendre compte que ce sont les ouvriers qui étaient les véritables créateurs de la richesse du pays. Jusqu'à il y a quelques années, ces ouvriers faisaient grève pour protéger leur outil de travail. Maintenant, ils se battent pour négocier leurs conditions de départ. Leur attitude est très analogue à celle des dirigeants d'entreprise qui essaient de s'en mettre plein les poches, à coups de stock-options ou autres, avant de se faire éjecter… C'est une ambiance d'Apocalypse Now, d'après moi le déluge.


La crise actuelle n'est-elle qu'une crise de plus ?


Je vois deux phénomènes nouveaux. En Europe, un effet de dislocation selon le degré de résistance des pays et de leur économie.

Et une sorte d'amnésie chez nos gouvernants qui, après avoir bien réagi dans une première phase en comprenant que la crise était un problème de demande, sont en train de changer de pied et d'imposer l'austérité. Tout cela sous la houlette de l'Allemagne, dont la société est la plus âgée d'Europe, alors que la France conserve une bonne démographie.


L'euro est mort ?


Oui, si l'Europe n'est pas capable de sortir de la crise par le haut, par la mise en place d'un protectionnisme au niveau du continent. Mais comme c'est très difficile, le plus probable est la disparition de l'euro, de manière ordonnée ou dans la pagaille.

La première victime en serait l'Allemagne, mais on voit se reproduire l'attitude habituelle des dirigeants français : on se rebelle, car on voit bien que nos intérêts ne sont pas les mêmes, et puis on finit par se coucher. Ce qu'ils ne voient pas, c'est que nous sommes dans une crise sans fin, dont on ne sortira qu'en changeant de logiciel, en prenant la voie du protectionnisme européen.


Actuellement, vous travaillez sur quoi ?


Je suis en train d'achever le Tome I de mon ouvrage sur les systèmes familiaux, consacré à l'Eurasie. Je propose une hypothèse expliquant pourquoi certains systèmes familiaux portent en eux certains systèmes politiques, comment ils se transmettent…


Cela rend optimiste ?


Ce qui me rend optimiste, c'est le bon côté de la mondialisation : un monde qui s'alphabétise, sur fond de baisse générale de la fécondité… Les crises actuelles sont très dures, je ne minimise pas les souffrances qu'elles provoquent, mais ce sont des crises de transition. La tendance de fond est aux grandes retrouvailles de l'humanité.


Recueilli par Francis Brochet sur Le Progres.fr

 

Bibliographie de l'auteur

 

 

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