Mardi 17 janvier 2012
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Dès la rentrée 2012, les chefs d’établissement de 325 collèges et lycées publics pourront choisir leurs enseignants titulaires, même en dehors de leur
académie. Une annonce de Luc Chatel qui intervient après la proposition de François Hollande d’envoyer des professeurs expérimentés dans les établissements
difficiles.
Le ministre de l’Éducation nationale a décidé d’accélérer
sur le sujet sensible de l’autonomie de recrutement des chefs d’établissement dans les collèges et les lycées. Luc
Chatel a ainsi annoncé le 17 janvier que les postes d’enseignants
dits à profil, c’est-à-dire qui peuvent être recrutés par les principaux et les proviseurs, seront désormais ouverts sur une base nationale. Cela concerne les 325 établissements sensibles du
dispositif Éclair (Écoles, collèges et lycées pour l’ambition).
Expérimentée à la rentrée de 2011, cette autonomie de
recrutement se heurtait aux limites de l’académie. Impossible par exemple pour le proviseur d’un lycée de Marseille de recruter un professeur titulaire dans l’académie de Créteil. Pour la rentrée
prochaine, ce sera désormais possible. Le prof d’anglais d’un collège de Lille pourra postuler pour intégrer un établissement Éclair de Toulouse ou de Nice.
C.V. et lettre de
motivation
Le ministère souligne qu’en 2011, certaines académies ont eu
du mal à pourvoir les postes, faute de candidats. Les chefs d’établissement ont donc dû se rabattre sur des contractuels alors que l’objectif était de nommer des enseignants titulaires
expérimentés et surtout motivés, susceptibles de s’engager sur plusieurs années. Sur les 911 postes alors vacants, “65 % ont été pourvus par des enseignants titulaires dans le cadre du mouvement normal des
affectations, spontanément, 25 % par des titulaires mais pas dans le mouvement, et 10 % par des contractuels”,avait expliqué fin 2011 la directrice générale des ressources humaines (DGRH) du
ministère, Josette Théophile.
L’absence de choix sur les candidats – dans les meilleur des
cas, il n’y avait qu’un seul postulant – a conduit le ministère à élargir le recrutement. Une minirévolution au sein de l’éducation nationale et une entorse à la sacro-sainte mobilité basée sur
les points glanés au fil de la carrière.
Les candidats aux établissements Éclair devront guetter la
publication des postes vacants et leurs profils élaborés par les recteurs. Ils pourront alors déposer un C.V., une lettre de motivation et le dernier rapport d’inspection. C’est sur cette base
qu’ils se soumettront à un entretien avec le chef d’établissement. Un mode de recrutement qui ressemble à celui auquel doivent se plier les certifiés et agrégés qui exercent dans le privé sous
contrat.
Profs expérimentés
Pour motiver les candidats, le ministère a prévu une
“carotte”, sous forme de primes : une part fixe de 1 156 euros par an, versée mensuellement, et une part modulable, versée en fin d’année scolaire“au regard de la participation et de l’engagement des intéressés” dans la limite d’un plafond de 2 400 euros.
Cette annonce du ministre de l’Éducation nationale répond
indirectement à la proposition de François Hollande. Le candidat du PS à l’élection présidentielle a déclaré qu’il voulait changer
le “mode d’affectation” des enseignants afin d’envoyer des profs expérimentés dans les établissements difficiles. La
décision de Luc Chatel répond aussi partiellement à la proposition de l’UMP qui réclamait, dans le cadre de sa convention sur l’école, en novembre
2011, “la possibilité pour le chef d’établissement (principal de
collège, proviseur de lycée, mais aussi, à terme, directeur d’école) de recruter librement son équipe enseignante et d’administration, en fonction du projet de son
établissement”.
Bruno Botella sur Acteurspublics.com