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Mardi 10 janvier 2012 2 10 /01 /Jan /2012 11:03

Avion présidentiel

"Sarkozy entre au Livre des records". C'est Le Canard enchaîné qui l'annonce dans son édition du 4 janvier : "En 2010, Nicolas Sarkozy a passé 1 218 heures à bord des aéronefs de la République ! Soit près de 24 heures par semaine. Pour un coût d'environ 8 millions d'euros". Avec 24 heures d'avion par semaine, pas étonnant que Nicolas Sarkozy soit en décalage (horaire) avec le pays, diront certaines mauvaises langues. C'est le journal officiel en date du 27 décembre qui a livré le temps de transport aérien de Sarkozy. A titre de comparaison, François Fillon n'a utilisé les avions de République "que" 545 heures.



Pour être tout à fait complet, avec 1 218 heures, Sarkozy bat son record de 2008 (il n'avait volé "que" 1 089 heures) mais 2009 restera l'année la plus aérienne avec 1 337 heures d'avion.


Au-delà de ces chiffres, c'est le coût des déplacements de Nicolas Sarkozy qui pose problème en période de crise. Si les heures d'avion ont coûté 8 millions d'euros en 2010, le coût global de ces déplacements est beaucoup plus élevé. Dans le budget 2009, les frais de voyages de Nicolas Sarkozy avaient augmenté de 33% pour atteindre 20,4 millions d'euros... quand les voyages présidentiels de Jacques Chirac coûtaient chaque année entre 5 et 6 millions d'euros. La plus grande activité diplomatique de Sarkozy par rapport à Chirac n'explique pas tout.

Depuis 2007, nous recensons régulièrement les frasques de Sarkozy dans les airs en soulignant les aberrations. Par exemple, en février 2011, Sarkozy a utilisé deux avions pour aller à Bruxelles car il en avait pris un pour partir en week-end à New York. En novembre 2011, pour faire seulement 262 km, Sarkozy a eu besoin, entre autres, d'un Airbus présidentiel et de deux hélicos. Et quand le chef de l'Etat tente de limiter l'utilisation de l'escadron officiel pour partir en vacances en prenant un avion de ligne... un autre avion le suit à vide (au cas où). Sans compter le coût de l'Air Sarko One (environ 185 millions d'euros), censé permettre à Sarkozy de faire des voyages long-courrier sans escale... ce qui ne l'a pas empêché de partir avec 3 avions pour son voyage en Inde en décembre 2010.

A sa décharge, les dérives aériennes du pouvoir ne sont pas du seul fait de Sarkozy : Fillon adore les Falcon de la République (pour partir en week-end au Maroc, en week-end dans la Sarthe, et même pour inaugurer le TGV Est). Autant de péripéties racontées dans la presse mais qui n'ont pas empêché Sarkozy et Fillon de continuer de profiter de ces privilèges sans chercher à réduire les coûts.



*** Sources
- "Sarko entre au Livre des records", Le Canard enchaîné n°4758, 4 janvier 2012, page 2
- "Chaumont et merveilles", Le Canard enchaîné n°4748, 26 octobre 2011, page 5
- Julien Martin, "Sarkozy s'envoie en l'air, mais se protège mieux que MAM", Rue89, 8 février 2011
- "Fillon part en week-end avec la République", Le Canard Enchaîné n°4624, 10 juin 2009

Sarkozy entre dans le livre des records




>> Pour faire 262km, Nicolas Sarkozy a besoin d'un Airbus présidentiel, de deux hélicos et de deux voitures blindées


Sarkozy a Chaumont



>> Achat et aménagement de l'Air Sarko One : entre 176 millions et 185 millions d'euros


Air Sarko One



>> Les voyages de Nicolas Sarkozy coûtent 20 millions d'euros par an


Avion, Sarkozy, Bruni



>> Les week-ends dans la Sarthe de François Fillon : un Falcon 7X, des voitures officielles et un coût estimé à 1,3 million d'euros par an


Fillon en Falcon



>> François Fillon a passé le week-end de la Pentecôte à Marrakech en prenant un avion de la République


Fillon à Marrakech

Sur Politique net

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Mercredi 4 janvier 2012 3 04 /01 /Jan /2012 14:31

 

 

construction-immobiliere-re.jpgA Saint-Ouen, la préemption pour contrôler les prix fait polémique

 

 Mesure efficace de contrôle des prix ou posture politique ? A Saint-Ouen, la mairie communiste utilise depuis plusieurs années son droit de préemption face aux vendeurs jugés trop gourmands, une pratique à l'origine de nombreux recours devant les tribunaux.

« Dans notre ville, toutes les transactions immobilières supérieures de 10% aux prix du marché sont susceptibles d’être préemptées », explique Jacqueline Rouillon, maire PCF de cette commune de Seine-Saint-Denis. « L’objectif, c’est d’inciter les vendeurs à se montrer raisonnables. »

Des prix inférieurs au marché - Le droit de préemption urbaine (DPU) permet aux communes d’être prioritaires sur les autres acheteurs lors de la vente d’un bien, en cas de projet d’intérêt général. Cela, à un prix souvent inférieur aux prétentions du vendeur, basé sur une estimation du service des Domaines (ministère du Budget).

Une solution radicale pour enrayer la hausse des prix? « Si l’on veut conserver notre mixité sociale, on ne peut pas rester les bras croisés », affirme l’élue, qui a fait de la lutte contre la spéculation l’un de ses chevaux de bataille.

7% des ventes réalisées - En 2009, 39 procédures préemptives ont ainsi été engagées dans la commune, sur 549 déclarations de vente. Et en 2010, 28 procédures ont été enclenchées, pour 456 transactions.

Rares sont toutefois les procédures menées à terme. Car la perspective d’avoir à affronter des tracasseries administratives effraie les vendeurs. Et beaucoup préfèrent courber l’échine plutôt que d’engager un bras de fer avec la municipalité.

« Une arme de dissuasion » -  « Pour nous, la préemption est avant tout une arme de dissuasion », reconnaît Mme Rouillon. Une arme plutôt efficace, si l’on s’en tient aux chiffres de la chambre des notaires : en 2011, le parc privé de Saint-Ouen était ainsi l’un des plus abordables des communes avoisinant Paris, à 3.720 euros du m2.

Une situation difficile pour les vendeurs - Cette politique, pourtant, essuie des critiques. « Les préemptions se font au cas par cas, ce n’est pas transparent du tout. Pour les vendeurs, c’est insupportable », déplore William Delannoy, conseiller municipal d’opposition (divers droite). « Ceux qui doivent déménager se retrouvent coincés. En vendant à bas prix, ils ne peuvent plus acheter dans les autres villes, où l’immobilier a fortement augmenté », poursuit l’élu, qui dénonce une « politique d’affichage ».

Plus globalement, la régularité du procédé est mise en cause. « Pour être légale, la préemption doit être motivée par un projet précis. A Saint-Ouen, ce n’est pas le cas : la ville préempte pour empêcher la vente, et non pour acheter », s’indigne Me Benoît Jorion, avocat de plaignants.

La ville plusieurs fois condamnée en justice - Attaquée devant le tribunal administratif, la ville a été condamnée à plusieurs reprises ces dernières années. Montant de la facture ? « Quelques dizaines de milliers d’euros », selon la municipalité. « Beaucoup plus », d’après Me Jorion, qui évalue à 150.000 euros pour la seule année 2011 et pour ses seuls clients la note payée par la mairie.

Mais la mairie n’en démord pas. « En tant qu’individu, on a toujours envie de tirer le meilleur profit d’un bien, c’est normal. Mais la puissance publique est là pour défendre l’intérêt général », martèle Jacqueline Rouillon, qui affirme agir « au nom du droit au logement ».

Quitte, concède l’édile, à tomber dans l’illégalité: « C’est aux élus de faire évoluer le cadre juridique, quand c’est l’intérêt du bien commun. Si nous n’avions pas mis en place cette politique, beaucoup d’habitants auraient déjà dû quitter Saint-Ouen. »

 

Sur la Gazette.fr

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Mardi 3 janvier 2012 2 03 /01 /Jan /2012 19:32
© Fotolia

 

Commerce, restauration, soins corporels sont quelques-unes des activités privées qui tentent de plus en plus les agents publics, selon la Commission de déontologie de la fonction publique, qui vient de publier un rapport. Principale raison de ce boom : le statut d’auto-entrepreneur.

 

+ 15 % pour la fonction publique d’État, + 55 % pour la fonction publique territoriale et + 17 % pour la fonction publique hospitalière. En 2010, le nombre des saisines d’agents publics souhaitant cumuler une activité dans le secteur privé a continué “d’augmenter fortement” en 2010, relève la Commission de déontologie de la fonction publique dans son rapport d’activités(cliquer ici pour lire le rapport), dévoilé en fin d’année 2011.

  

Depuis l’entrée en vigueur de la loi du 2 février 2007, la Commission de déontologie est chargée de donner son avis sur les déclarations des agents, titulaires ou contractuels, qui se proposent, tout en continuant à exercer leurs fonctions dans l’administration à temps plein ou à temps partiel, de créer ou de reprendre une entreprise, ou encore de poursuivre leur activité dans une entreprise après leur recrutement dans la fonction publique. Qu’il s’agisse de la territoriale, de l’État ou de l’hospitalière, au total, la commission a été saisie de 3 386 dossiers, dont plus des deux tiers correspondaient à des demandes de cumul d’activités, le reste portant sur des cessations d’activité.

Dans la fonction publique d’État, les déclarations de cumul ont représenté plus de 70 % des demandes examinées par ladite commission. Pour la fonction publique hospitalière, “la proportion des dossiers de cumul d’activités par rapport au nombre total de dossiers soumis à l’examen de la commission est du même ordre que dans la fonction publique d’État”, précise la commission, qui a rendu 428 avis. Enfin, dans la fonction publique territoriale, l’année 2010 a également enregistré une “progression importante” concernant les cumuls, avec 1 338 dossiers sur 1 730.

 

Forte proportion de catégorie C


Comment expliquer un tel boom ? La commission voit deux explications : la possibilité d’obtenir un temps partiel, mais aussi et surtout le statut d’auto-entrepreneur, qui par son “succès” a “fortement contribué à l’augmentation des demandes”. Les activités de commerce et de restauration ainsi que les soins corporels et de bien-être arrivent en tête des secteurs privilégiés par les agents de l’État, tandis que les agents territoriaux sont avant tout tentés par le bâtiment et les travaux publics. Les enseignants sont les plus demandeurs, avec les agents de catégorie C, qui représentent, dans la seule fonction publique territoriale, 70 % des dossiers traités.

Même si le cumul d’activités a le vent en poupe chez les agents publics, tous ne sont pas assurés d’obtenir le feu vert de la commission. Celle-ci s’assure que l’activité privée ne porte pas atteinte à la neutralité, à l’indépendance ou au fonctionnement normal du service, dans le cadre des fonctions exercées par l’agent, et ce au cours des trois dernières années précédant le début de l’activité. A ainsi été déclarée incompatible l’activité, sous le statut d’auto-entrepreneur, de conseil aux particuliers en gestion de patrimoine avec les fonctions d’agent administratif principal du Trésor.

Les cas d’avis d’incompatibilité sont toutefois rares. “Les administrations peuvent intervenir en amont pour dissuader un agent de poursuivre un projet qui serait incompatible avec la déontologie”, note la commission. Au total, ils ont été 55,6 % d’agents de l’État à bénéficier d’un avis favorable de la part de la commission, et 51,6 % pour la fonction publique territoriale, “une proportion se stabilisant par rapport à l’année précédente”, selon la commission. Rappelons que l’administration demeure toujours libre de refuser le cumul, malgré un avis favorable, dans le cas où les obligations de service de l’agent pourraient ne pas être correctement accomplies.

 

Xavier Sidaner sur Acteurspublics.com

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