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Réflexion Politique

Lundi 1 août 2011 1 01 /08 /Août /2011 11:30

Pénible découverte dans Le Monde ce jour que la tribune –   Point de vue dans la rubrique Savoirs (ça ne s’invente pas) – de Valérie Pécresse, intitulée Cinq conditions pour désendetter le pays. L’appellation Point de vue est bien généreuse, ou pudique, pour ce qui s’apparente plus à un tract de propagande gouvernementale, et qui déchaîne d’ailleurs les commentaires furieux des lecteurs du quotidien.


 

Je ne développerai pas ici ce qui a été largement expliqué cette semaine, chez plusieurs confrères blogueurs et au sein de l’opposition par François Hollande en particulier – ce qu’il y a d’éminemment comique à voir une majorité prêcher l’abstinence budgétaire, après avoir généreusement plombé les comptes publics. Le papier de Valérie Pécresse tombe bien évidemment sous le coup de la même critique. Mais l’intérêt de cette opération de communication, pour moi, est ailleurs : elle présente, par le menu, les grands traits de la campagne et du discours de Nicolas Sarkozy dans les mois à venir.

 

Prendre de la hauteur.

 

On a beaucoup glosé sur la représidentialisation d’un Nicolas Sarkozy qui s’attacherait à rompre avec les « casse toi pov’ con », les « avec Carla, c’est du sérieux » et autres accès d’hyperactivisme qui ont fini par lasser ceux qui l’avaient élu. Dans ce papier, Valérie Pécresse, ministre débutant sur son poste, n’hésite pourtant pas à prendre la pose professorale, voire arbitrale, et à dicter des « conditions » pour cadrer le débat sur la dette. Ou comment passer du statut d’acteur à celui de juge au-dessus de la mêlée – et donc mécaniquement au-dessus du lot. Responsable pour deux, face à la démagogie de l’opposition.

 

Noyer les responsabilités.

 

La crise, divine surprise pour les sarkozystes ? Elle leur permet en tout cas d’une part d’échapper au bilan de leur seule action – tout est la faute de la crise – et d’autre part de se mettre en valeur comme défenseurs du pays dans une conjoncture mondiale difficile. Devant l’urgence, il n’y a plus vraiment de responsabilité individuelle, ni de divergences idéologiques : « En France comme partout en Europe et aux Etats-Unis, la réduction de la dette publique s’impose comme une priorité absolue […] [pour] les responsables politiques, de droite comme de gauche ». La situation française n’est plus qu’une déclinaison locale d’une problématique générale, bien plus grave que les futiles divergences partisanes et politiciennes.

 

La page blanche. « Notre dette […] est le fruit de 25 années de facilité, durant lesquelles les déficits ont été considérés comme un mal nécessaire, quand ils n’étaient pas purement et simplement ignorés ». Mais le RPR-UMP, et Nicolas Sarkozy, n’ont-ils jamais été au pouvoir, n’ont-ils jamais exercé de responsabilités budgétaires ? Il faut lire très attentivement ce texte pour y trouver des indices de l’identité des occupants actuels de Matignon et de l’Elysée : François Fillon n’apparaît que comme adversaire des « hausses d’impôts », Nicolas Sarkozy n’est évoqué que pour le « plan de relance » qu’il a mis en place contre la crise, et pour la fameuse « règle d’or » qu’il appelle à voter. Insister le moins possible sur le bilan de 2007-2012, essayer de prendre l’initiative politique pour éviter le débat sur ce dernier : refaire du candidat Sarkozy un homme neuf.

 

L’amnésie sélective.

 

Le corollaire de la page blanche. Dans l’exposé des sources de la dette – la crise d’une part, l’Etat trop dispendieux d’autre part – la question des recettes (et de leur baisse) n’est jamais évoquée. Quid du bouclier fiscal, des heures supplémentaires défiscalisées, du cadeau fait aux restaurateurs avec la TVA ? Pourquoi ne plus défendre ou mettre en avant ces mesures jadis emblématiques du sarkozysme triomphant, millésime 2007 ?

 

Le protecteur.

 

« Soutenir le pouvoir d’achat des foyers les moins favorisés […] protéger les Français et les entreprises de la brutalité de la crise ». Qu’il est loin le temps de la rupture ! Protéger les Français, également, de l’impôt, qui reste le grand mal socialiste : « L’impôt ne peut résoudre » l’équation réduction du déficit + augmentations budgétaires, « sauf à atteindre des montants que les ménages et les entreprises ne pourront pas absorber ».

 

TINA.

 

Il n’y a pas d’alternative, c’est le message tout entier de cette tribune, qui multiplie les expressions de l’obligation et de l’impossibilité : « s’impose », « devront » / « devra », « passe nécessairement par », « impérativement », « nous ne pouvons pas » … On liste une série de contraintes substantialisées qui conduisent à une conclusion simple : pour qui d’autre voter que pour celui – quels que soient les griefs que l’on a à son encontre – qui mène le navire national par gros temps, et par le seule chemin possible ? La grande peur de la dette sert le TINA libéral, qui sert à son tour le TINA sarkozyste : il n’y a pas d’alternative politique sérieuse au sortant.

 

 

Romain Pigenel sur Variae

Par Parti socialiste Mundolsheim - Publié dans : Réflexion Politique
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Vendredi 22 avril 2011 5 22 /04 /Avr /2011 18:55

 

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Inventer à gauche est un cercle de réflexion politique, réformiste et européen.

 

L’ambition d’Inventer à gauche (IAG) est de renouer avec la société civile, les acteurs sociaux, les territoires et les villes, car c’est à travers leurs forces et leurs propositions que la gauche de gouvernement prend tout son sens.

 

Inventer à gauche a fêté sa deuxième année d’existence en janvier 2011. Au cours de ces deux années, nous avons animé de multiples réunions et rencontres ouvertes (sur la crise économique et financière, la politique de la ville, l’économie verte, les banlieues, l’énergie et l’avenir du nucléaire civil…).

 

Les dîners d'IAG sont l'occasion pour nos membres de questionner un journaliste politique invité sur des thèmes d’actualité (Jean-Marie Colombani, Luc Bronner, Laurent Joffrin, Claude Askolovitch, Nicolas Domenach...).

 

Les 2es Rencontres nationales d’IAG se sont déroulées à Strasbourg, le 22 janvier 2011, autour du thème « La France, l’Allemagne et la crise européenne». Avec plus de 400 participants, cette journée d’échanges et de débats entre sociaux-démocrates allemands et socialistes français a débouché sur un texte d’orientation sur l’avenir des relations franco-allemandes, cosigné par des responsables allemands et français.

 

Nous sommes heureux de vous adresser en pièce jointe ce document qui synthétise les débats et propositions avancées lors de ces 2es Rencontres nationales d’Inventer à gauche.

 

 

Vous en souhaitant bonne réception.

 

Bien amicalement,

 

 

Michel DESTOT

Président d’Inventer à gauche

Roland RIES

Sénateur-maire de Strasbourg

Catherine TASCA

Vice-Présidente d’Inventer à gauche

Alain BERGOUNIOUX

Vice-Président d’Inventer à gauche

Roger GODINO

Vice-Président d’Inventer à gauche

Alain RICHARD

Trésorier d’Inventer à gauche

Dominique de COMBLES de NAYVES

Secrétaire général d’Inventer à gauche

Site Internet :  http://www.inventeragauche.com/



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l'adresse suivante : http://www.assemblee-nationale.fr
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Par Parti socialiste Mundolsheim - Publié dans : Réflexion Politique
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Jeudi 7 avril 2011 4 07 /04 /Avr /2011 12:57

MONTHUBERT-Bertrand_500_01.jpgDévoilé par Martine Aubry le 5 avril 2011, dans la perspective de l’élection présidentielle, le projet du parti socialiste (PS) défend l’idée d’un "nouveau pacte éducatif entre les professeurs et la Nation" et affiche la volonté de "donner une nouvelle ambition à l’enseignement supérieur". Secrétaire national à l’enseignement supérieur et à la recherche, Bertrand Monthubert revient sur les grandes lignes du projet pour ces domaines. En attendant que des mesures concrètes soient précisées lors du "Forum des Idées sur l’enseignement supérieur et la recherche" qui se tiendra à Toulouse le 18 mai 2011.

 

Quelles sont aujourd’hui selon vous les priorités en matière d’enseignement supérieur ?

La priorité des priorités, c’est d’augmenter réellement et fortement la qualification dans notre pays. Alors que nous vivons actuellement une "récession étudiante", avec une baisse du taux de poursuite d’études des bacheliers, le projet du parti socialiste vise à redresser la France par le développement d’emplois qualifiés. Certes, les entreprises ont une influence en la matière, mais les politiques publiques ont aussi un rôle à jouer.
Il faut sortir de la mentalité élitiste, très ancrée en France, qui fait que l’on donne beaucoup de moyens aux meilleurs étudiants, et peu aux autres. Aujourd’hui, il est totalement hypocrite de dire que tout le monde a sa place à l’université sans se donner les moyens que les étudiants réussissent. Aussi voulons-nous renforcer l’encadrement pédagogique : il faut sortir des amphis surchargés pour aller vers un travail en petits groupes. Il s’agit aussi d’augmenter le nombre d’heures de cours hebdomadaires.

Les emplois du temps actuels permettent cependant à de nombreux jeunes d’avoir un emploi pour financer leurs études. D’autre part, comment financerez-vous ces heures plus nombreuses ?

Nous proposons de mettre en place une allocation autonomie, sous conditions de ressources. L’objectif n’est pas l’absence totale de travail étudiant, mais d’éviter que celui-ci ne pénalise les études, et de permettre aux jeunes de passer le cap de la vie adulte, par exemple en allant également vers une imposition des jeunes à 18 ans, indépendamment de leurs parents.

"Nous lancerons un plan pluriannuel de création d’emplois scientifiques, de 1000 à 2000 postes par an"

Parallèlement, nous lancerons un plan pluriannuel de création d’emplois scientifiques, financé en réorientant certaines dépenses, en particulier le crédit impôt recherche. Ce plan vise à créer 1 000 à 2 000 postes d’enseignants-chercheurs par an, sans oublier les personnels administratifs. Cela permettra de mieux encadrer les étudiants et de redonner une réelle attractivité aux métiers de la recherche.

Et comment rendre l’université elle-même plus attractive ?

Outre l’amélioration de l’encadrement, nous voulons investir dans les locaux d’enseignement et de recherche. Réorienter les financements du plan Campus devrait permettre de dégager des marges de manœuvre : au lieu des partenariats publics-privés, très lents à se mettre en place et très coûteux pour l’Etat, nous voulons privilégier la maîtrise d’œuvre directe, et rééquilibrer les investissements sur l’ensemble du territoire.

Le projet du PS prévoit aussi de "mieux former" les étudiants. De quelle manière ?

En ce qui concerne les filières généralistes, l’idée est que la spécialisation soit plus progressive, en particulier en sciences humaines et sociales. Il ne s’agit pas de dispenser les mêmes cours aux étudiants de toutes les filières, mais d’associer plusieurs disciplines en première année de licence (comme cela se fait souvent en sciences dures), afin que les étudiants découvrent autrement chacune d’elles, et acquièrent une base de connaissances plus large.

"Il faut améliorer l’orientation
afin d’éviter les stratégies
de contournement"

Par ailleurs, nous souhaitons développer les formations technologiques et professionnelles, par exemple en augmentant le nombre de BTS et de DUT. Mais il s’agit aussi d’améliorer l’orientation afin d’éviter les stratégies de contournement et pour que chaque étudiant puisse choisir sa filière en fonction de son véritable projet. Cela permettrait notamment de libérer des places dans les filières courtes.

Vous prônez également un rapprochement entre les différentes filières de l’enseignement supérieur.

Effectivement. Contre la concurrence complètement délétère qui existe aujourd’hui, nous voulons non seulement poursuivre le rapprochement entre universités et grandes écoles, enclenché il y a une vingtaine d’années, mais en y incluant aussi les BTS et classes préparatoires, qui restent aujourd’hui un système parallèle, complètement gérés par les lycées.
Le rapprochement se ferait dans le cadre de Réseaux d’enseignement et de recherche territoriaux. Contrairement aux PRES (Pôles de recherche et d’enseignement supérieur, ndlr), ces réseaux laisseraient une large place à la formation, et associeraient un ensemble de filières plus large, avec aussi les formations du domaine médico-social. La collégialité et la démocratie y serait également plus forte, ce qui permettrait aux acteurs de terrain de vraiment d’approprier ces structures.

Les propositions du PS pour le secondaire

- Au collège : définition de nouveaux programmes et réforme du socle commun des savoirs et des compétences "pour qu’à côté des enseignements généraux, une place notable soit faite à la culture technologique et professionnelle"

- Au lycée : évaluation de la réforme menée par Luc Chatel, avec notamment la volonté "que la voie professionnelle soit celle de la réussite à part entière, par l’insertion professionnelle immédiate ou une poursuite d’études dans les formations adaptées de l’enseignement supérieur"

- Financements : "modulation de la dotation de moyens, non par zones, mais par établissement en fonction des catégories sociales", ce qui devrait permettre d’accroître les taux d’encadrement des établissements des quartiers populaires

- Orientation : création d’"un véritable service public de l’orientation, unifié du secondaire jusqu’au premier cycle universitaire" : il s’agit notamment de nouer davantage de liens entre les universités et les lycées (interventions d’universitaires dans les lycées, rencontres entre enseignants des différents établissements…). Par ailleurs, tous les élèves devront réaliser "au moins un projet scolaire en lien avec le monde du travail".

- Carrières : revalorisation des métiers des professionnels de l’éducation et lutte contre la "précarisation des personnels", réflexion sur l’organisation du service des enseignants (en y incluant par exemple l’accueil des élèves et des familles ou les travaux en petits groupes), refonte de la formation des enseignants et des personnels.

 

Documents utiles

 Sophie Blitman sur Educpros.fr

 

 

 

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