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Samedi 17 décembre 2011 6 17 /12 /Déc /2011 12:35
Dans son projet présidentiel pour 2012, l’UMP propose de réduire de 2 milliards d'euros par an l’enveloppe versée par l’État aux collectivités. Une manière de financer, en partie, un programme chiffré à 30 milliards d’euros sur cinq ans.

 Après les annonces du Premier ministre et de la ministre du Budget Valérie Pécresse sur leurs intentions de faire participer les collectivités aux efforts en matière de lutte contre les déficits (lire notre article du 30 novembre), on commence à y voir plus clair. L’UMP a annoncé, le 15 décembre, en présentant le chiffrage de son projet pour la présidentielle de 2012, son intention de baisser de 2 milliards d’euros par an – soit 10 milliards sur l’ensemble du quinquennat 2012-2017 – les dotations aux collectivités locales.

L'UMP, à l'image de la politique menée par le gouvernement, sait que la marge de manœuvre est étroite pour contraindre autoritairement les collectivités, et choisit de jouer sur le montant des dotations pour obliger les LeMaire.jpgcollectivités à réduire leurs propres dépenses. “Notre projet a un coût que nous évaluons à 30 milliards d’euros sur cinq ans, soit environ 6 milliards par an, notamment pour les dépenses liées à l’école et à la justice”, a déclaré lors d’un point presse Bruno Le Maire, chargé de l’élaboration du projet de l’UMP.

Pour parvenir à un projet à coût zéro, “ces 6 milliards de dépenses nouvelles seront compensés à l’euro près et financés de manière équitable, à parts égales, par l’État, par les collectivités locales et par des réductions de dépenses sur la protection sociale”, a insisté Bruno Le Maire. Cela représente, pour les collectivités locales, un effort de 2 milliards d’euros par an sur cinq ans (soit 10 milliards au total) correspondant, selon le numéro un de l’UMP, Jean-François Copé, à une baisse à due proportion des dotations que leur accorde chaque année l’État. “C’est un principe d’équité. Les collectivités locales ont, depuis plusieurs années, augmenté leurs dépenses de fonctionnement et n’ont pas fait les mêmes efforts que l’État en matière de réduction de leurs dépenses”, a fait valoir Bruno Le Maire.

Asphyxie
Cette nouvelle annonce a fait bondir à gauche, alors que les collectivités ont déjà connu un coup de rabot de 200 millions d’euros cet automne lors du deuxième plan de rigueur. Pour Jean-Michel Baylet, coprésident du conseil politique de François Hollande et président du Parti radical de gauche, qui s’est exprimé dans un communiqué, “ce projet confirme la volonté de la droite de remettre en cause la décentralisation et le financement de notre protection sociale en ponctionnant 20 milliards d’euros dans leurs ressources pour financer un prochain quinquennat”. “Il s’agit ni plus ni moins, en appliquant une logique ultralibérale, d’asphyxier les collectivités locales et notre modèle social”, ajoute-t-il.

L’UMP fait des propositions “crédibles” qui n’entraîneront “pas de hausse de la fiscalité”, répond Bruno Le Maire. Abouti cette semaine, le projet de l’UMP pour 2012 va être distribué aux fédérations et aux adhérents – actuels et anciens – du parti majoritaire. Il sera soumis, du 14 au 26 janvier, au vote par Internet des adhérents à jour de leurs cotisations 2011 ou 2012, avant d’être entériné par un conseil national le 28 janvier.

Par Parti socialiste Mundolsheim - Publié dans : On en parle
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Lundi 28 novembre 2011 1 28 /11 /Nov /2011 15:53

Le mercure dentaire, un neurotoxique qui empoisonne les Français

Après le Mediator, encore un scandale sanitaire ? Sous forme de plombages et d’amalgames pour soigner les caries, 17 à 18 tonnes de mercure seraient placées chaque année sur les dents des Français. Pourtant, de nombreuses études révèlent le rôle du mercure dans des troubles neurologiques. Qu’importe ! Pour l’Afssaps, qui s’appuie sur des rapports entachés de conflits d’intérêts, le mercure dentaire, dans son utilisation actuelle, ne présente pas de véritables risques. Des associations dénoncent l’isolement des autorités françaises. Et appellent à suivre l’exemple de plusieurs pays européens qui ont interdit l’utilisation du mercure dentaire.


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Photo : source

 

Un poison. Comment qualifier autrement les plombages dentaires qui, lorsqu’ils sont retirés de la bouche des patients, sont classés comme déchets dangereux par la Commission européenne… et interdits de poubelle. Les « plombs », ou amalgames dentaires, contiennent 50 % de mercure élémentaire associé à de l’argent ou de l’étain. Dans la bouche, ces amalgames libèrent du mercure en permanence sous forme de vapeurs, qui s’accumule dans le cerveau, les reins ou le foie. Les données relevées par l’association Non au mercure dentaire sont effrayantes : 17 à 18 tonnes de mercure seraient placées chaque année dans la bouche des Français. La liste des méfaits des amalgames est longue : neurotoxiques, génotoxiques, immunotoxiques, reprotoxiques, ou encore perturbateurs endocriniens.

L’enquête Menaces sur nos neurones fait état des nombreuses publications scientifiques appréhendant le rôle du mercure dans l’augmentation du risque de maladies neurodégénératives telles Alzheimer (voir notre entretien avec les auteurs). « Chaque amalgame supplémentaire augmente le risque de sclérose en plaques de 24 % d’après une étude de 2004 [1] », rappelle la scientifique Marie Grosman, coauteure de l’enquête.


Les enfants, particulièrement vulnérables aux effets du mercure


L’embryon, puis le fœtus et l’enfant sont particulièrement vulnérables aux effets du mercure. Dès le milieu des années 1990, des autopsies ont montré que plus la mère porte d’amalgames dentaires, plus le taux de mercure dans le cerveau du bébé est élevé  [2]. Or, la présence de mercure, même en faible quantité, perturbe le développement cérébral de l’enfant : dans une étude portant sur 329 couples mère-enfant new-yorkais, le QI moyen des enfants se révélait un peu inférieur à 100 pour une concentration de 7,7 µg/l de mercure dans le cordon ombilical. En revanche, les enfants qui avaient peu de mercure dans le sang ombilical (moins de 0,1 µg/l) bénéficiaient en moyenne de 15 points de QI supplémentaires  [3].

Au-delà de l’impact neurologique, une étude épidémiologique de juillet 2010 réalisée par une équipe norvégienne de l’Institut national des sciences de la santé environnementale met en évidence un risque quadruplé de fente palatine (« bec-de-lièvre ») chez les enfants dont la mère a reçu des amalgames dentaires en début de grossesse.

 

 






 

Dentistes : une profession à risques


Les fabricants d’amalgames édictent des fiches de sécurité envoyées aux dentistes particulièrement alarmantes. On peut y lire des « risques d’effets létaux aigus toxiques avec des symptômes d’intoxication par inhalation », une préparation « susceptible de s’accumuler dans le corps humain en cas d’absorption répétée », ou bien encore que « le mercure est reconnu comme causant des malformations du fœtus ou des troubles de la reproduction »  [4].

Les dentistes et leurs assistants sont en première ligne dans l’exposition à l’utilisation des amalgames. Ils inhalent les vapeurs de mercure qui s’échappent lors des actes de pose, de retrait et de polissage des plombages. Ils souffrent ainsi davantage que la population d’éréthisme mercuriel  [5] – instabilité émotionnelle, pertes de mémoire, anxiété, dépression –, de troubles neurologiques – tremblements, troubles visuels, perte de dextérité –, de tumeurs cérébrales, d’infertilité… Une étude britannique a révélé que la profession compte même un des taux de suicide les plus élevés du Royaume-Uni  [6]. En France, pourtant, la reconnaissance de ces pathologies en maladies professionnelles est très difficile. Les assistants dentaires et les dentistes sont le plus souvent ignorants des risques encourus.

Cela fait maintenant un siècle et demi que les dentistes utilisent l’amalgame au mercure pour obturer les caries. « Auparavant, le seul moyen de soigner la carie était l’orification, la feuille d’or, rappelle Marie Grosman. L’amalgame a permis d’élargir considérablement la clientèle mais une flopée de troubles est apparue. Dès le début, des dentistes se sont opposés à l’amalgame mais la causalité était difficile à établir du fait des conséquences tardives. » En France, le mercure dentaire continue d’être utilisé dans 70 % des amalgames de molaire ou de prémolaire.


Des études sanitaires sous influence


Les dentistes appuient leur confiance sur un rapport de 2005 de l’Afssaps, agence sanitaire française chargée de faire le point sur l’éventuelle toxicité des amalgames dentaires entre 2003 et 2005. Parmi les dix experts nommés, trois avaient des liens d’intérêts avec un fabricant d’amalgame dentaire, selon trois organisations non-gouvernementales (Non au mercure dentaire, Réseau environnement santé, Association toxicologie-chimie). Les auteurs du rapport de l’Afssaps se seraient appuyés allègrement sur un rapport de 1997, abusivement appelé « rapport de l’OMS » (Organisation mondiale de la santé). Onze des treize personnes s’étant réunies au siège de l’OMS pour produire cette étude n’étaient ni des experts de l’OMS ni des spécialistes de la toxicité du mercure, mais des dentistes.

 

dentier.jpg Photo : source

 

À la page 21 du rapport de l’Afssaps, on peut lire qu’il faudrait porter plus de 530 amalgames pour commencer à encourir un risque pour la santé. « Non seulement les auteurs s’appuient sur un rapport du lobby dentaire déguisé en rapport de l’OMS, mais en outre ils le recopient mal, puisqu’il s’agissait dans l’original de "530 surfaces d’amalgame", un amalgame ayant en moyenne 3 surfaces », dénoncent les ONG. Ce nombre exubérant est pourtant devenu le dogme de l’Afssaps et des autorités françaises.


Traiter l’intoxication au mercure par des antidépresseurs


Les ONG relèvent également des manquements de l’agence sanitaire, comme le classement sans suite de trois signalements d’effets secondaires liés au mercure dentaire. Le rapport de l’Afssaps estime que les symptômes décrits par les porteurs d‘amalgames ne sont pas attribuables au mercure mais reflètent des maladies somatiques non diagnostiquées ou des troubles psychiques. Dès lors, le protocole mis en place à partir de 2005 vise à orienter les patients vers un suivi psychiatrique et vers la prise de traitements antidépresseurs.

Les ONG pointent le rôle joué par Michel Goldberg, odontologiste et porte-voix pour l’Afssaps sur la question des amalgames dentaires. Dès 1996, dans la revue Le Chirurgien dentiste de France, il accuse une équipe de chercheurs canadiens d’appartenir à une « coalition d’illuminés, d’écologistes, de charlatans ». Leur étude démontrait le transfert du mercure vers le placenta d’une femme enceinte et son accumulation dans le cerveau et le foie du fœtus. Défenseur notoire de l’amalgame, Michel Goldberg invective en février 2008 (toujours dans cette revue) Ann Beate Tangen, une personnalité politique norvégienne, pour sa décision d’interdire l’amalgame dentaire dans son pays : « On devrait élever une statue à son effigie et à la bêtise triomphante », ironise t-il. Pourquoi s’en prendre seulement à la Norvège ? Entre 2008 et 2009, le Danemark et la Suède se sont également engagés dans l’interdiction du mercure dentaire.


L’Afrique refuse de devenir « la poubelle des pays riches »


Dès 1999, la Suède a contourné l’impossibilité d’interdire les amalgames dentaires en les déremboursant. Aujourd’hui, la Norvège demande à ce que la stratégie européenne s’intéresse enfin aux amalgames, qui constituent l’utilisation la plus importante de mercure dans les produits non soumis à restriction au sein de l’Europe. Bien que le groupe d’experts chargé de réfléchir à la révision de la stratégie communautaire sur le mercure préconise l’arrêt des amalgames en Europe, la France est le seul pays qui s’y est officiellement opposé.

« On assiste à un lobbying féroce de la profession dentaire sous l’égide de la Fédération dentaire internationale, très présent à l’OMS », souligne la scientifique Marie Grosman. Elle a encore pu le constater lors de la 3e session de négociation d’un traité sur le mercure, du 31 octobre au 4 novembre 2011, sous l’égide des Nations unies. Elle était présente au titre de vice-présidente pour l’Europe de l’Alliance mondiale pour une dentisterie sans mercure. À cette occasion, les représentants de la région Afrique ont réitéré leur refus de devenir « la poubelle des pays riches ». « L’Afrique réclame la fin de l’usage du mercure dentaire dans les 3 à 5 ans qui suivent la signature du traité, soit entre 2016 et 2018 », rapporte Marie Grosman. Une position ferme suivie par la région Asie-Pacifique et le Grolac (Amérique latine) pendant que les États-Unis et l’Australie demandent la disparition programmée des amalgames.


Des alternatives existent


L’Union européenne a en revanche adopté une position minimaliste, se déclarant « ouverte à des discussions sur la diminution de l’usage de l’amalgame ». Du côté de la Fédération dentaire internationale, « leur seule ligne de défense est désormais d’affirmer que les alternatives ne sont pas prêtes », relève Marie Grosman.

Ces alternatives existent pourtant. Les « restaurations atraumatiques » (ART), à base de verre ionomère (un mélange d’acrylique et de verre), ont fait leurs preuves dans au moins vingt pays, relève l’association Non au mercure dentaire. Elles sont considérées comme une « approche de traitement alternatif parfaite » par l’OMS. La résolution des Nations d’Afrique en faveur d’une dentisterie sans mercure fait valoir que ce traitement améliore l’accès aux soins dans les régions pauvres par son « faible coût », qu’il ne « nécessite pas d’électricité », et qu’il peut être « maîtrisé par des non-dentistes »

Dans l’immédiat, « il est essentiel d’éviter la pose d’amalgames, des substituts existent », prévient Marie Grosman. Elle rappelle que des précautions scrupuleuses doivent être respectées lorsque le dentiste enlève des amalgames. Le Conseil supérieur d’hygiène publique de France (CSHPF) a édicté une liste de recommandations à ce sujet. Du côté de l’Afssaps, le site internet mentionne avoir engagé depuis le 28 octobre dernier un travail de mise à jour des recommandations relatives aux amalgames dentaires émises en 2005. Le rapport de 2005 n’est, lui, plus accessible depuis le site de l’Afssaps. « Cette étude, incluant la question des alternatives à l’amalgame, fera l’objet de la publication d’une mise au point début 2012 », précise l’agence. Le dogme d’un mercure dentaire sans danger commence, semble-t-il, à se fissurer. Enfin.

Sophie Chapelle

Notes

[1] M. Bates et al., "Related Articles, Health Effects of Dental Amalgam Exposure : a Retrospective Cohort Study", International Journal of Epidemiology, vol. 33, 2004, p. 894-902.

[2] Gustav Drasch et al., "Mercury Burden of Human Fetal and Infant Tissues", European Journal Pediatrics, vol. 153, n° 8, mars 1994, p. 607-610.

[3] Sally Ann Lederman et al., "Relation Between Cord Blood Mercury Levels and Early Child Development in a World Trade Center Cohort", Environmental Health Prespectives, vol. 116, n° 8, août 2008, p. 1085-1091.

[4] D’après les fiches de sécurité de Septalloy et Securalloy – firme Septodont, leader mondial de la pharmacie dentaire – et de Dispersalloy® – firme Dentsply.

[5] Valérie Schach et al., Le Risque mercuriel dans les cabinets dentaires : histoire ancienne ou futur proche ?, rapport de l’INRS, 2003.

[6] Howard Meltzer et al., "Patterns of Suicide by Occupation in England and Wales : 2001-2005", The British Journal of Psychiatry, vol. 93, n° 1, juillet 2008, p. 73-76.

 

Sophie Chapelle sur Bastamag.net

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Vendredi 11 novembre 2011 5 11 /11 /Nov /2011 09:54

 

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