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Samedi 4 juillet 2009 6 04 /07 /Juil /2009 21:57


PARTI SOCIALISTE dération du Bas Rhin
Communiqué de presse du  3 juillet 2009



Le projet de redécoupage électoral présenté par le Gouvernement a fait l’objet de nombreuses remontrances de la part de la Commission Guéna, chargée de s’assurer que cette opération ne remplissait pas que des objectifs électoralistes, mais répondait bien à des arguments démographiques ou tenant à l’homogénéité des territoires.

D’un point de vue démographique, le rééquilibrage proposé par cette réforme est relativement satisfaisant - seule la 2e circonscription présentant encore un écart significatif à la moyenne départementale - ce qui explique que la commission n’ait pas été amenée à formuler de proposition alternative. Certains choix démontrent en revanche combien il était illusoire de croire qu’une réforme élaborée par un proche du Président de la République, sans concertation ni contrôle politique, puisse aboutir à un résultat équitable : les évolutions proposées accroissent les déséquilibres politiques sur toute l’agglomération de Strasbourg et sur le Nord du département.

Martine Aubry s’était prononcée dès l’origine pour un projet favorisant au maximum les alternances politiques, y compris sur les territoires où le Parti Socialiste enregistre des scores plus faibles qu’au niveau national. Elle défendait l’objectif de laisser une place aussi large que possible aux alternances politiques (quelle que soit la majorité en place) et de permettre une représentation plus proche de la diversité politique de l’électorat. Le projet présenté pour le Bas-Rhin contribue au contraire à cristalliser les positions de chaque camp, rendant plus difficiles les futures alternances.

Le Parti Socialiste du Bas-Rhin, dénonce, sans s’en étonner outre mesure, une réforme partisane, au seul service de la majorité présidentielle, et allant à l’encontre d’une meilleure représentation des différentes sensibilités politiques des Bas-Rhinois.


Mathieu CAHN, Premier Secrétaire Fédéral
Olivier BITZ, Secrétaire Fédéral aux Elections 
      

Par PS Mundolsheim - Publié dans : Union Européenne
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Vendredi 3 juillet 2009 5 03 /07 /Juil /2009 19:06

Le blog de l'île de Ré

CHANGER OU MOURIR : Quel avenir pour la social-démocratie ? par Poul Nyrup Rasmussen, président du PSE

 


Les citoyens européens ont fait leur choix. Le Parlement européen et la Commission européenne seront dirigés par une coalition de droite. La complexité du processus de décision communautaire ainsi les traditionnels arrangements créeront sans doute la confusion auprès des citoyens sur qui sera responsable de l’orientation de l’Europe pour les cinq années à venir. Mais les gouvernements et les partis de la droite européenne, ainsi que leurs députés au Parlement européen, doivent maintenant assumer pleinement les conséquences de leur victoire à la Pyrrhus, basée sur des taux d’abstention record. Je crois qu’ils vont décevoir beaucoup de ceux qui leur ont fait confiance le 7 juin. Les dirigeants de la droite européenne, et en particulier du PPE, utilisent aujourd’hui une rhétorique sociale-démocrate pour tromper leurs électeurs. Des engagements ont été pris sur la politique sociale, sur la lutte contre le changement climatique, sur la régulation des marchés financier et sur bien d’autres sujets encore ; ils ne seront pas tenus.


La tradition de légiférer par consensus va sans doute perdurer à Bruxelles et à Strasbourg. Mais j’ai la conviction que l’heure est venue de mettre davantage en évidence les différences politiques entre la gauche et la droite. Après cette défaite aux élections européennes, la socialdémocratie doit-elle faire comme si de rien n’était, et ainsi prendre le risque d’aider la droite à brouiller un peu plus les clivages politiques dans les années à venir? Je ne crois pas que ce soit la voie à suivre. Pour commencer, nous devons nous battre pour nos engagements de campagne : un nouveau plan de relance européen et une réforme en profondeur du système européen de régulation financière. Mais, dès à présent, nous devons aller beaucoup plus loin.


La social-démocratie doit se renouveler. Les valeurs sur lesquelles nous avons fondé nos combats et nos succès politiques depuis plus d’un siècle doivent rester notre inspiration. Mais nous devons repenser notre projet dans le monde d’aujourd’hui, en perpétuelle mutation.


Nous devons être audacieux, fiers de ce que nous représentons et plus efficaces dans la manière d’exprimer nos idées et nos projets. Nous devons apprendre à être au plus plus proche des gens, de ceux qui se sentent exclus de la société et ne croient plus à la politique, en répondant à leurs peurs et à leurs rêves. Nous, partis socialistes et sociaux-démocrates européens, devons plus que jamais travailler ensemble. Nous devons aussi être ouverts aux personnes et aux idées progressistes au-delà de nos propres partis. Mais nous devons aller encore plus loin. Notre impératif, aujourd’hui, est d’intégrer à notre pensée politique les dynamiques d’un monde en pleine évolution.


Prenons l’environnement. Nous nous sommes battus pour la protection des ressources naturelles, de la biodiversité, de la qualité de l’air et de l’eau. Mais comment lier cela à nos combats naturels pour la justice sociale et l’égalité ? Nous avons été incapables de développer une vision cohérente à long terme pour le développement écologique de nos économies et de nos sociétés. Si nous n’arrivons pas à trouver une manière de combiner notre combat de toujours contre les inégalités avec l’environnement, nous serons contraints de faire des compromis impossibles. Nous devons parvenir à plus de clarté et de crédibilité politique sur cette question essentielle qu’est le développement durable.


Prenons l’économie mondiale. Nous devons trouver de meilleures réponses aux aspects les plus néfastes de la mondialisation. Nous avons oeuvré pour un système économique global plus durable et plus juste. Mais les inégalités demeurent scandaleuses. Et la création de nouvelles richesses écologiquement durables, qui doivent être plus équitablement réparties, ne répond pas aux besoins des milliards de personnes qui vivent aujourd’hui dans la pauvreté. Nous devons trouver de nouvelles réponses à ce défi mondial, et nous devons les trouver rapidement.

Sinon comment peut-on prétendre continuer d’incarner le principal mouvement politique internationaliste?


Prenons l’Europe. Nous avons peur de défendre une Europe politique plus forte. Nos discours sont hésitants, et parfois même contradictoires. Une fois encore, si nous n’arrivons pas à élaborer un projet clair et ambitieux pour l’avenir politique de l’Europe, nous ne pourrons pas convaincre les citoyens de nous soutenir pour construire une Europe capable de les protéger dans la mondialisation.


Nous avons perdu une élection, mais pas la guerre des idées politiques. Nous n’en sommes qu’au début. Pour les cinq années à venir, les institutions européennes seront dominées par la droite. Nous devons utiliser cette période pour engager un changement audacieux. Si nous y parvenons, les citoyens retrouveront confiance en nous, peut-être pour longtemps. Si nous échouons, et surtout si nous refusons de changer en continuant comme avant, nous mourrons.


Poul Nyrup Rasmussen, Président du Parti Socialiste Européen

 

Merci à La lettre de Jaurès         Merci à La section socialiste de l'Ile de Ré

Par PS Mundolsheim - Publié dans : Réflexion Politique
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Jeudi 2 juillet 2009 4 02 /07 /Juil /2009 13:09


La social-démocratie doit choisir entre protestation et appétit du pouvoir, par Dennis MacShane

 

Née de la lutte contre l’exploitation capitaliste au XIXe siècle, la social-démocratie dans ses différentes formes - le travaillisme au Royaume-Uni, le socialisme en France, le modèle social-démocrate en Allemagne et dans les pays scandinaves - a conquis le pouvoir d’Etat au XXe siècle.


Qu’en reste-t-il aujourd’hui ? La gauche démocratique est défiée par des partis concurrents qui se réclament de ses valeurs et empiètent sur son électorat. Le national-populisme, bien ancré dans certains partis anti-européens de la droite xénophobe, attire désormais les votants des classes populaires. Les partis anticapitalistes de la gauche populiste briguent une partie du prolétariat et des travailleurs syndiqués de la fonction publique. Les partis écologiques anti-industrialistes ont aussi capté beaucoup de votes progressistes.

Dans le paysage politique dessiné par les européennes, la gauche sociale-démocrate représente au mieux un quart des votants, souvent à peine un cinquième. Le Labour, au pouvoir au Royaume-Uni, a réuni 15 % des voix. Le PS, dans l’opposition depuis 2002, n’a guère fait mieux. Mme Merkel et M. Berlusconi ont battu le SPD en Allemagne et le Parti démocrate en Italie. En Europe de l’Est, les sociaux-démocrates (communistes rebaptisés ou partis neufs), sont relégués dans le camp minoritaire.


Comment expliquer cette crise de la social-démocratie ? On y voit trois raisons.
Primo, il est erroné de penser que le contexte de crise économique est bénéfique pour la gauche. Lorsque les citoyens ont peur - pour leur emploi, leurs salaires et l’avenir de leurs enfants -, ils votent de manière défensive et conservatrice. En réponse, la gauche doit offrir une analyse plus élaborée de la nouvelle économie. La dénonciation du néolibéralisme, des riches ou du capitalisme sonne bien à la tribune, mais n’offre pas un modèle alternatif de société. Sans disséquer et comprendre la nouvelle réalité, celle qui rythme la vie et les aspirations des citoyens au quotidien, la gauche continuera de répéter des slogans obsolètes et sans écho aujourd’hui.
Secundo, la social-démocratie parle global, mais agit national. Alors que le capital, la culture et les communications sont transnationaux, la structure des politiques publiques reste prisonnière de l’Etat-nation. La protection des intérêts nationaux - agriculture en France, industrie automobile en Allemagne, banques et City en Angleterre ou secret bancaire en Autriche - continue de prévaloir au détriment d’une politique paneuropéenne. Il est temps de rééquilibrer cette tendance, en fondant l’action nationale dans le discours internationaliste. En même temps, la gauche doit redéfinir sa théorie de la nation, et repenser l’UE comme une institution au service des citoyens.
Tertio, la social-démocratie doit choisir son camp : demeurer une force de protestation et de proposition, ou retrouver l’appétit du pouvoir. Trop de ses idées ont été récupérées et appliquées par la droite. L’étatisation de l’économie et la création de l’Etat-providence pendant les “trente glorieuses” sont des idées de gauche mises en oeuvre par de Gaulle en France, Adenauer en Allemagne, les démocrates-chrétiens en Italie et les conservateurs en Grande-Bretagne. Aujourd’hui, la gauche regorge d’idées mais elle se désintéresse de la tâche politique suprême, la conquête du pouvoir.

La victoire implique des compromis historiques avec le capitalisme, avec la nation et avec les électeurs. Pour l’instant, la gauche européenne se pose en contestataire idéologique pendant que la droite entretient et développe sa pratique du pouvoir. Le Parti socialiste européen peut dénoncer José Manuel Barroso, mais s’il n’est pas capable de proposer son propre candidat à la présidence de la Commission, il prêche dans le désert, ce n’est pas sérieux.

Il existe en Europe un nouveau prolétariat. Pourtant, ces opprimés (immigrants, femmes salariées, pauvres, travailleurs précaires, mères célibataires) ne trouvent pas leur place dans la social-démocratie moderne. Celle-ci a produit une élite composée de technocrates bourgeois formés dans les meilleures universités et les grandes écoles. Elle n’est pas le reflet de la société et de ses inégalités. Où est la gauche d’en bas ? De façon tout aussi symptomatique, les syndicats européens ne sont plus des acteurs majeurs du monde de l’entreprise et ne restent puissants que dans le secteur public. Or la gauche doit réanimer son rapport au syndicalisme. Il y a plus de petites et moyennes entreprises en Angleterre et en France qu’il n’y a de travailleurs syndiqués dans le privé. Une faiblesse majeure de la gauche est de n’avoir plus de relais dans le monde du travail.

La famille européenne sociale-démocrate est diverse. Il n’y a pas de modèle unique, pas de pensée unique. Les réponses politiques doivent s’inspirer de certains des éléments les plus réussis de ces modèles, tout en restant souples et variées. Il ne s’agit pas de transposer, par imitation simpliste, un programme enraciné dans le temps et dans l’espace. La flexicurité (grande flexibilité du marché du travail et forte protection des chômeurs) en est un exemple. Ce système marche au Danemark, où la paix sociale repose sur la conciliation, où les syndicats soutiennent les entreprises qui délocalisent, où les revendications salariales sont modérées et où les fonctionnaires ne font pas grève. En Allemagne, la Constitution interdit aussi le droit de grève à ses quelque 1,5 million de fonctionnaires. Mais envisager une restriction de ce droit à l’échelle européenne ? Impensable ! Pourtant, à moins de penser l’inconcevable, nous sommes condamnés à rester dans nos tranchées faites de désespoirs et de défaites.

Enfin, politique et personnalité vont de pair. La gauche n’a pas de leader convaincant. L’espoir viendra peut-être des nations nordiques, où une nouvelle génération de jeunes femmes est en train de modeler la social-démocratie du XXIe siècle. Elles viendront peut-être remplacer les anciens communistes et socialistes étatistes qui n’ont eu de cesse de rejeter les compromis historiques opérés par un Willy Brandt ou un Felipe Gonzalez. Pour faire naître des leaders audacieux et remobiliser les électeurs, les partis politiques doivent savoir se transformer. Tous, y compris le Labour, doivent s’ouvrir au changement. Mais il est tellement plus facile de répéter les incantations du passé.


Dennis MacShane est député travailliste britannique.


Point de vue paru dans l’édition du 27.06.09   Le journal "Le Monde"

 

Merci à La lettre de Jaurès         Merci à La section socialiste de l'Ile de Ré

Par PS Mundolsheim - Publié dans : Réflexion Politique
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