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Réflexion Politique

Mercredi 23 février 2011 3 23 /02 /Fév /2011 09:38

 

 

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Lors d’une interview mouvementée par Nicolas Demorand sur Europe 1, le 5 janvier 2011, Jean-Luc Mélanchon a dû répondre à la question « Pourquoi les pauvres votent-ils à Droite ? ». On ne peut reprocher au journaliste de lui l’avoir posée. N’est-ce pas la question essentielle après un siècle et demi de suffrage universel pour les hommes et un demi-siècle pour les femmes en France ?


Or, J.-L. Mélenchon n’a trouvé pour toute réponse que la ritournelle habituelle : « Il y a un appareil idéologique dominant, s’est-il écrié, vous, les radios, les télés, les journaux. Mais oui, c’est de votre faute ! ». N. Demorand a eu beau jeu de lui rétorquer : « C’est un peu court, jeune homme !  » (2)
 
Oui, expliquer le vote à Droite des « pauvres » par l’emprise d’un appareil idéologique dominant, c’est un peu court ! Non que cet appareil idéologique - qui, outre les médias, comprend principalement l’École, la Justice et la Religion - ne joue pas un rôle. Mais pour avoir son importance, ce rôle demeure auxiliaire. Du moins est-ce l’hypothèse que l’on propose. On est au contraire tenté de répondre que les pauvres votent à Droite parce qu’il y trouvent un intérêt !
 
 1- La thèse obsolète de « l’aliénation »
 
Sans doute cela peut-il paraître odieux, voire insensé de soutenir pareille hypothèse. Mais un siècle et demi a ruiné l’explication classique marxisante de la théorie de « l’aliénation ». On sait que, selon cette analyse, il faudrait imputer le vote à Droite des « pauvres » à une conscience immature de leurs intérêts entretenue justement par cet appareil idéologique évoqué par lequel ils se laisseraient abuser. Il en était déduit que l’éducation des masses par des partis et des syndicats d’avant-garde leur dessillerait les yeux.
 
Avant de conduire cette expérience d’éducation, le diagnostic et la thérapie paraissaient raisonnables. Mais après un siècle et demi de mise à l’épreuve, il n’est plus possible de se contenter de cette hypothèse de « l’aliénation ». Dans son sens politique, bien proche du sens psychiatrique, ce terme définit la condition d’une personne qui, sous la pression de divers facteurs, en particulier socio-économiques, devient étrangère à elle-même au point de prendre ou de se laisser dicter des décisions nuisibles à ses intérêts. Dans de tels cas individuels de déficience mentale diagnostiquée par le psychiatre, le Droit prévoit d’ailleurs des mesures de sauvegarde, la curatelle et la mise sous tutelle, qui confient à des degrés divers l’administration des biens de la personne protégée à des assistants.
 
Or, ce n’est pas la situation des « salariés modestes » – de préférence au mot « pauvres » - quand il votent à Droite. Ils le font en toute conscience. Et ce sont les tenants de « l’aliénation » qui souffrent peut-être eux-mêmes de ce qu’ils leur reprochent.
 
Droite et Gauche, les deux groupes rivaux pour l’exercice du pouvoir
 
Droite et Gauche sont des appellations sommaires en usage depuis 1789 pour désigner, depuis un vote fondateur où les députés se sont répartis de part et d’autre du président de l’Assemblée, les deux groupes rivaux qui dans la société française se disputent l’exercice du pouvoir :
 
- d’un côté, à Droite, les détenteurs d’un patrimoine qui entendent le conserver voire l’accroître 
 
- et, de l’autre, à Gauche, ceux qui n’en ont pas et souhaitent en acquérir un.
 
1- Les conservateurs
 
Les conservateurs, en minorité, - la Droite - occupent une position dominante et favorable. Même si la nature des biens à défendre, immobiliers, mobiliers et financiers les fait entrer en concurrence, ils bénéficient d’un grand avantage : un objectif certain, présent et tangible les mobilise et les unit, la protection de leurs biens et leur accroissement. On n’est conservateur que parce qu’on a des biens à conserver par tous les moyens.
 
2- Les salariés modestes
 
En face d’eux, les salariés modestes qui ne détiennent pas de patrimoine et n’ont que leur travail comme moyen de subsistance, sont certes majoritaires mais cet avantage est aussi un inconvénient.
 
- L’avantage est de pouvoir, s’ils s’unissent dans une action collective, imposer leur point de vue par leur nombre.
 
- L’inconvénient est que leur nombre multiplie les points de vue et donc les risques de divisions qui provoquent leur faiblesse.
 
Sans doute leur est-il possible de s’accorder sur un objectif : mais il est incertain puisque futur. Et des divergences en plus surgissent dès qu’il s’agit de choisir les moyens de l’atteindre : les uns, cupides, peuvent ne vouloir que prendre la place des possédants, tandis que les autres, idéalistes, aspireraient plutôt à une répartition des richesses équitable et à une société fondée sur la réciprocité de la solidarité, refusée par les détenteurs de patrimoine. Entre ces deux lignes politiques, se partagent divers courants intermédiaires qui empruntent à l’une et à l’autre des idées à des degrés variables.
 
La recherche d’une clientèle d’un côté et la recherche de la faveur de l’autre
 
Une fois ces deux groupes rivaux bien identifiés, tout se complique. Les stratégies de chacun d’eux interfèrent et brouillent les cartes. L’offre des conservateurs rencontre pour partie, en effet, la demande des salariés modestes.
 
1- Le clientélisme, politique de sauvegarde des conservateurs
 
Les conservateurs ont beau imposer un ordre social et juridique qui leur est favorable : ils savent que leur position dominante reste minoritaire et qu’elle n’est tenable que s’ils divisent leurs adversaires. Et la première méthode pour y parvenir est aussi celle qui leur assure train de vie et protection par la constitution et l’entretien d’une vaste clientèle dévouée en échange de faveurs. Aristocrates sur leurs propriétés et grands bourgeois dans leurs demeures ont besoin d’une abondante domesticité ; les grands entrepreneurs, eux, recherchent des gérants et des agents de maîtrise pour organiser travail et production. Les administrations en font autant. Des postes avantageux sont ainsi offerts en nombre à ceux qui sont dépourvus de patrimoine.
 
2- La faveur préférée au Droit par les salariés modestes
 
On pourrait penser que pour les salariés modestes, la progression d’un État de Droit les conduirait à y voir la promesse d’une promotion sociale puisque le Droit paraît avoir peu à peu remplacé « le Bon Plaisir » de l’autorité et ouvert à chacun selon ses compétences et ses droits un accès égal aux même fonctions. On aurait pu croire aussi que les violations répétées du Droit par les passe-droits privilégiant par exemple l’origine familiale « du fils ou de la fille de… » au détriment d’un(e) concurrent(e) de compétences égales ou supérieures, auraient galvanisé les énergies pour y mettre fin.
 
Le groupe majoritaire des salariés modestes se heurte, en fait, à un mur ou une coupole qui lui bouche l’horizon d’une promotion, celui de la courbe de Gauss en cloche qui répartit statistiquement de façon invariable un grand nombre d’individus en trois groupes : entre deux minorités extrêmes, les très mauvais et les excellents, s’insère une masse de moyens, plus ou moins bons ou mauvais. La terrible conséquence est que l’obtention d’une promotion par le seul Droit et ses mérites devient illusoire. En revanche, par la faveur de l’autorité, elle est toujours possible indépendamment du Droit et des mérites. Ainsi, le grand nombre est-il tenté de rechercher par la faveur ce qui lui sera refusé par le Droit de la société rêvée. Qui dans son entreprise ou son administration n’a pas observé cet appétit général pour la faveur de l’autorité qui accorde, selon son bon vouloir plus ou moins travesti sous des procédures trompeuses, promotions, primes, postes réservés, augmentations de salaire ? Les syndicalistes permanents éloignés à jamais de l’entreprise ne donnent-ils pas l’exemple eux-mêmes ? Les conservateurs qui détiennent les postes de décision, tiennent là un levier de rêve pour étendre leur clientèle et défendre leur position dominante.
 
Le rôle purement auxiliaire de l’appareil idéologique
 
L’appareil idéologique dont parle M. Mélenchon, joue ici son rôle pour dévaloriser le Droit par exemple : il suffit de voir les atteintes constantes à la présomption d’innocence par les médias, suivant l’exemple du président de la République quand il parle d’un suspect comme du « présumé coupable ». Le récent mouvement de révolte des magistrats, pourtant attachés au respect de la leur, ne s’en est pas davantage ému quand il s'agit de celle du simple citoyen (1).
 
Surtout, les médias usent et abusent de deux grands leurres étudiés en laboratoire par Solomon Asch et Stanley Milgram pour paralyser la raison de la majorité des gens :
 
1- l’un est le leurre d’appel conformiste qui stimule la soumission de l’individu à la pression du groupe : le rôle des sondages est par exemple de placer l’individu devant le point de vue d’une majorité. Or, Asch a montré que plus d’un tiers des personnes l’adopte, fût-il absurde !
 
2- L’autre est le leurre d’appel autoritarien qui stimule la soumission aveugle à l’autorité chez tous ceux qui ne trouvent leur équilibre psychologique que dans une adhésion totale à l’autorité : or, Milgram a observé que près des deux tiers des personnes se conduisent ainsi !
 
On est loin de la théorie obsolète de « l’aliénation » et du rôle exclusif attribué à « un appareil idéologique dominant » pour expliquer pourquoi les salariés modestes votent à Droite. La promotion par le Droit que les salariés sans patrimoine pourraient dans une société nouvelle vouloir opposer à la promotion par la faveur dans la société que défendent les conservateurs, s’avère illusoire pour le grand nombre. Autrement plus tentante apparaît la recherche de la faveur, même si, comme au Loto, il y a peu d’élus. Mais, à l’instar d’une publicité de La Française des Jeux  : « tous les gagnants ont tenté leur chance  ». Nombre de salariés modestes tentent donc la leur dans une chasse à la faveur auprès de l’autorité en votant à Droite, pensant pouvoir « travailler plus pour gagner plus  ». C’est ainsi que la société régie par le Droit peut apparaître moins souhaitable que celle qui l’est par la faveur. Les salariés modestes le vivent tous les jours : une « promotion canapé » n’est-elle pas plus sûre que celle attendue d’un travail irréprochable guidé par la seule conscience professionnelle donnant droit à une addition de points aléatoire dont l’autorité peut toujours ne tenir aucun compte ? Dans ce contexte, le rôle de l’École, des médias et de la Justice n’est qu’auxiliaire. Leur fonction est de discréditer à l’occasion le Droit pour que les salariés modestes continuent à lui préférer toujours la faveur. En somme, si « les pauvres votent à Droite  », c’est qu’ils y trouvent malheureusement intérêt : la quête de la faveur leur paraît plus efficace que le respect du Droit pour obtenir ce à quoi par leurs seuls mérites ils n’auraient pas droit ! Paul Villach 
 
 
(1) Paul Villach, « L’indignation sélective des magistrats : quel crédit leur accorder ?  », AgoraVox, 11 février 2011.
 
(2) Extraits de l’interview de M. Jean-Luc Mélenchon sur Europe 1, le 5 janvier 2011
 
« - Nicolas Demorand .- (…) « Pourquoi les pauvres votent à Droite ? » est le titre d’un livre publié aux éditions Agone d’un américain Thomas Frank qui essaie de comprendre aux Etats-Unis
- Jean-Luc Mélenchon .- Il n’ y a pas de parti de Gauche là-bas !
- ND .- Pourquoi un parti comme le vôtre n’est pas au pinacle ?
JLM .- C’est la longue histoire du mouvement ouvrier. Comment se fait-il que la classe ouvrière, les salariés, les ouvriers , les employés, étant ultra majoritaires dans la société. Le salariat, c’est 90 %. Je ne parle que des salariés ouvriers et employés, ils représentent 53 % de la population. Il n’y a pas de classe sociale plus nombreuse. Comment se fait-il que le pouvoir ne soit pas à Gauche depuis le début de la société industrielle ? Je vais vous expliquer ce mystère.
Il y a un appareil idéologique dominant, vous, les radios, les télés, les journaux. Mais oui, c’est de votre faute
ND .- C’est un peu court, jeune homme !
JLM .- D’abord, ne m’appelez pas jeune homme ! Je suis plus âgé que vous ! Non, non, ce n’est pas un peu court. S’il n’y avait pas eu un appareil idéologique pour contrôler et organiser, mais depuis toujours, les travailleurs auraient emporté leur cause ! C’est depuis toujours que c’est comme ça !
ND .- Vous prenez les électeurs pour des idiots, s’il sont si facilement influençable que ça
JLM .- Vous avez vu les moyens qui sont en mouvement ? C’est considérable ! Et puis les gens se disent : est-ce que peut-être que c’est vrai qu’on ne peut rien faire d’autre, d’autant qu’ils l’ont dit à la télé, ils l’ont dit à la radio, c’est écrit dans le journal. Et chaque fois qu’on entend quelqu’un parler, on entend : on ne peut rien faire ! La mondialisation ! Tout ce qu’on fait ne sert à rien.
Moi je passe mon temps à expliquer : non la France est puissante, nous pouvons faire autre chose. Il n’y a pas de raison que ça aille de mal en pis ! (…) »

 

Paul Villach sur Agoravox

Par Parti socialiste Mundolsheim - Publié dans : Réflexion Politique
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Lundi 7 février 2011 1 07 /02 /Fév /2011 11:10

 

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“Contrairement aux apologistes de l’à-quoi-bonisme, l’exemple tunisien nous rappelle l’efficacité de ce mode de revendication nommé manifestation massive et prolongée” – SebMusset

Le contact poisseux entre les “grandes démocraties” et les dictatures s’éclaire d’un jour nouveau après les révolutions (en cours) tunisiennes et égyptiennes. Symptomatique, le cas du ministre des affaires étrangères de la France, M. Alliot-Marie, pitoyable, se démenant dans l’inextricable cafouillage de sa fonction, de ses amitiés, mais surtout de son inconscience. Une inconscience quant aux rapports que les démocraties entretiennent avec ces pays. Il serait trop simple de vilipender la métallique ministre, M. Alliot-Marie, simplement représentative d’une tournure d’esprit vivace dans l’élite hexagonale. Découvrant avec stupeur la révolution, la foule, les peuples chez ceux réputés si sous-développés qu’on ne leur accordait qu’une existence virtuellement bestiale, loin des aspirations de l’homo democraticus du Nord.


 

Le concept de révolution est une redécouverte. Avec son lot de violence, de courage, ses héros, loin des “transitions” lyophilisées qui tiennent lieu de marche vers la démocratie marketée par les experts occidentaux. L’univers sémantique du débat public fourmille d’éléments de langage pour expliquer une réalité qui souvent échappe. On y retrouve une haine viscérale des mouvements de fond, des soubresauts populaires, des insurrections de gueux. De tout ce qui évoque de près ou de loin un renversement de l’ordre établi. Incapable de nommer les choses spécifiquement, en l’occurrence une révolution dans une dictature.


Il est troublant de noter avec quelle circonspection les journalistes porte-voix des experts relaient avec méticulosité une analyse paternaliste des situations inédites de ce début d’année 2011. Tout en jargon diplomatique, crédibilité oblige, on glose sur la capacité, la possibilité de passer d’un pouvoir autoritaire ami à un autre pouvoir autoritaire qui le serait moins. Ce qui fait peur, ce n’est pas le pouvoir autoritaire, la dictature pour faire net, mais les accointances potentielles. Et même durant les mouvements révolutionnaires, les violences, les sacrifices, se pose la question lancinante de la pertinence d’une hypothétique libération. En substance, faut-il risquer la “démocratie” ou s’assurer d’une dictature. Changer et tenter pour mieux ou conserver ce que l’on a. Le chaos avec ses opportunités de progrès contre le conservatisme et ses certitudes.

C’est d’ailleurs sur ce principe que la France, l’Europe, le monde « libre » tolèrent les régimes pudiquement appelés autoritaires. Autoritaires et paternalistes, car garde-chiourmes de populations arriérées ou présentées comme telles. Gardiens d’un cheptel qu’il faut encadrer pour préserver la tranquillité alentour. Tantôt zone tampon anti immigration subsaharienne comme les pays du Maghreb, tantôt régulateurs des mouvements radicaux religieux comme en Égypte (en plus de représenter un enjeu géostratégique), tantôt vache à lait de matières stratégiques.

Les oligarchies du Nord ne savent plus parler de démocratie, n’ont plus rien à apprendre à ceux à qui durant des décennies ils ont récité la leçon, tout en laissant une situation d’oppression demeurer. Pour leur bien dit-on.


Et F. Fressoz du Monde croit en évoquant la “perte de boussole” où elle s’afflige “Quelle faute !” à propos de M.Alliot-Marie et de son époux P. Ollier (aussi ministre de la République), dédouaner le reste de la classe politique sur ses rapports avec les dictatures du Monde. Elle croit cacher la forêt des turpitudes avec une affaire de largesses entre dominants. Comme J.F. Copé, l’homme sans tabou ni langue de bois, qui ne trouve rien de mieux à opposer à la gauche que l’appartenance des partis de Ben Ali ou de H. Moubarak à l’Internationale socialiste. Comme si l’Internationale socialiste avait une quelconque utilité dans les affaires du Monde. Une rémanence de gauche inutile, mais bien utile dans la communication de crise. Car ce que pourrait reprocher J.F. Copé par exemple, ce sont les villégiatures incessantes, continues dans des dictatures, dans les riads par exemple ou l’oligarchie hexagonale se régénère. L’accueil en grande pompe de Hu-Jintao pour un gala à L’Élysée et autres M. Kadafi ou bien la présence le 14 juillet 2010 jour de la fête nationale (commémorant la Révolution française) d’une cohorte de dictateurs africains dans la tribune présidentielle. Il est préférable de concentrer les attentions sur des peccadilles. Une manière de penser qui justifie aussi la villégiature discount dans les dictatures, laissant penser aux citoyens de l’oligarchie (micro-oligarques de circonstances) qu’ils aident ses pays à sortir de l’ornière grâce aux devises. Or il semble qu’ils s’en sortent, non pas par la condescendance des ex ou néo colonisateurs pourvoyeurs de billets, mais par le courage de la révolution.


Ce que l’on nomme communément realpolitik n’est pas une politique des intérêts, mais celle du mensonge. N. Sarkozy en campagne en 2007 déclarait avec emphase “Je ne passerai jamais sous silence les atteintes aux droits de l’Homme au nom de nos intérêts économiques. Je défendrai les droits de l’Homme partout où ils sont méconnus ou menacés et je les mettrai au service de la défense des droits des femmes”. Une politique destinée à vernir le blason national, des sornettes à usage domestique : Un auto-érotisme franchouillard.

Peur des réveils populaires, condescendances nationalistes, sentiment extrême de supériorité et d’impunité, la mediasphere politico-journalistique tourne en boucle sur une situation qu’elle sait dans le fond inextricable. Non pas les broutilles de M. Alliot-Marie et de son mari aux frais des dictateurs, mais les longues périodes de silences, de sympathie, de déclarations emphatiques favorables aux régimes iniques. Dans cette perspective résonnent les paroles de S. Allende « L’Histoire est à nous, et ce sont les peuples qui la font ». Et si justice de l’Histoire s’il y a, elle ne retiendra pas un sombre ministre monnayant ses sociabilités avec les régimes dictatoriaux, mais les braves, tel Mohamed Bouaziz

 

Vogelson sur Piratage(s)

Par Parti socialiste Mundolsheim - Publié dans : Réflexion Politique
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Samedi 5 février 2011 6 05 /02 /Fév /2011 11:36

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Depuis une trentaine d’années, la politique de la ville s’impose de plus en plus dans le débat politique pour répondre aux enjeux de société que soulèvent les banlieues. Cependant les résultats sont très contrastés et la question des banlieues n’a pas trouvé de réponse efficace pour réduire le chômage, l’insécurité et l’exclusion de notre système républicain. Dans ce contexte, la section de l’ENS a décidé avec les sections universitaires du Parti Socialiste d’organiser un colloque sur la politique de la ville. En amont de ce colloque, la section de l’ENS a organisé une réunion, préparée par Samuel P. et animée par François B., le jeudi 13 janvier sur l’histoire de la politique de la ville.

 

1.. L’histoire de la politique de la ville


L’histoire de la politique de la ville débute à la fin des années 70. Les premières opérations de rénovation urbaine et de réhabilitation des quartiers sont lancées. Les événements de Vénissieux en 1982 surprennent la gauche arrivée au pouvoir, parce qu’il n’y a pas de véritables revendications. La réponse des socialistes repose sur des aides sur critère socio-économiques. Le premier mandat de François Mitterrand marque la mise en place de ses aides, alors que le second les institutionnalise. Michel Delebarre est ministre d’Etat, ministre de la ville.

 

2.. Les dispositifs de la politique de la ville


Concrètement les villes riches paient pour les villes pauvres. Le budget par habitant varie en effet du simple au septuple d’une commune à l’autre. Les dispositifs se succèdent. Le Grand Projet de Rénovation Urbaine vise à requalifier et à mieux intégrer dans la ville des quartiers périphériques, caractérisés par un taux de chômage plus élevé et des revenus plus faibles que le reste de la ville. Le Plan Local pour l’Insertion et l’Emploi vise à aider les personnes en grande difficulté sociale et professionnelle à s'insérer dans le monde du travail. Une Zone Urbaine Sensible (ZUS) est un territoire défini par les pouvoirs publics français pour être la cible prioritaire de la politique de la ville. Parmi les ZUS, certaines ont été qualifiées en Zones de Redynamisation Urbaine (ZRU) et d'autres en Zones Franches Urbaines (ZFU) suivant un ordre de soutien croissant correspondant à des difficultés particulières. Les ZRU sont caractérisées par un taux de chômage élevé, une large proportion de personnes non diplômées et un faible potentiel fiscal. Les ZFU sont des ZRU d'une taille supérieure à 8 500 habitants qui nécessitent l'aide la plus importante. Les entreprises qui s'y implantent reçoivent des aides incitatives.

 

3.. La politique de la gauche et de la droite


Jean-Pierre Chevènement intègre la politique de la ville dans les champs de compétence des collectivités. La loi Solidarité et Rénovation Urbaine vise à plus de mixité en imposant la construction de logements sociaux sous peine de payer une amende si l’objectif de 20% de logements sociaux n’est pas atteint. Les villes qui financent la construction de logements sociaux sont exonérées de cette amende si leur investissement en logements sociaux est supérieur à l’amende : c’est le cas de Paris qui a fixé pour objectif d’arriver à 20% de logements sociaux en 2014.

Dans la loi Borloo de 2002, l’Agence Nationale de Rénovation Urbaine avait pour objectif la démolition de 200 000 logements sociaux vétustes, la construction de 200 000 autres et la rénovation de 200 000 logements sociaux également. La politique de la ville entre dans une dimension technique. Les constructions ne sont pas toujours d’excellentes qualités. Les émeutes de 2005 entrainent la création de 15 nouvelles ZFU, l’augmentation de 15% du budget de l’ANRU et la création de la HALDE. En 2007, Fadela Amara annonce un plan Marshall des banlieues qui ne verra jamais le jour. Le budget de la politique de la ville est de l’ordre de 5 milliards d’euros.

 

  4.. L’évolution de la politique de la ville


La politique de la ville désigne en fait la politique des banlieues. Il n’existe en fait pas de véritable réflexion sur la ville dans son ensemble. Faut-il penser les banlieues dans la ville ou se concentrer uniquement sur les problèmes de ces banlieues. De nouvelles formes urbaines apparaissent en effet à côté des cités dans les banlieues pavillonnaires. Les lotissements se referment sur des impasses, les échanges avec le reste de la banlieue disparaissent. La question de la concentration doit se poser face à cet étalement urbain, mais elle s’oppose au problème de construction en zones inondables en Ile-de-France. Les entrées de villes « franchisées » accentuent la ségrégation spatiale des banlieues.

 

Jerome Meyer Secrétaire de la section Jean Jaures ENS

Par Parti socialiste Mundolsheim - Publié dans : Réflexion Politique
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