Samedi 4 juillet 2009
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La commission GUENA vient de boucler son rapport. Chargée de veiller à la bonne foi du projet gouvernemental de redécoupage électoral des circonscriptions des députés, elle suggère de modifier ce
qui dans les propositions gouvernementales a amené les députés de l’opposition à crier au scandale.
Avec pas moins de 35 départements retoqués et 17 soumis à « suggestion », on pourrait croire à l’objectivité sans
faille de cette commission, si ce n’est pour rappeler que son président, Yves GUENA, qui fût en son temps un secrétaire général de l’UDR fort remarqué dans ses attaques contre la gauche, demeure
toujours membre du comité d’honneur du Mouvement Initiative et liberté, ce même mouvement à propos duquel l’historien François AUDIGIER écrivait dans les années quatre vingt qu’il
« constituait une sorte de laboratoire idéologique, où se croisaient les influences hétérogènes de la droite libérale, d’un catholicisme réactionnaire, et d’un gaullisme
rigide »…
Alors, au-delà des conclusions de cette commission, faut-il parler de « tripatouillage électoral » comme l’affirme Patrick LEBRETON, député socialiste de
la 4ème circonscription de la Réunion ? Quand on sait que cette réforme permettra à la droite d’avoir une majorité à l’Assemblée nationale avec moins de 49% des voix, en gagnant en quelque
sorte sur le tapis vert ce que les électeurs lui refuseraient dans les urnes.
A défaut de pouvoir s’intéresser à tous les litiges que cette réforme soulève, on peut néanmoins s’interroger sur les conséquences que cela pourrait introduire dans
le Bas Rhin.
Premier constat, le département garde ses neuf sièges, ce qui au regard d’une population en hausse constante constitue la moindre des reconnaissances.
Les circonscriptions de MOLSHEIM et de SELESTAT troqueraient les cantons de VILLE et OBERNAI, et deviendraient ainsi plus conformes à l’homogénéité que
l’on est en droit d’attendre dans ces territoires.
Politiquement, l’effet dans ces deux circonscriptions serait quasi nul, tant il est vrai que cela ne changerait guère le rapport gauche/droite.
Idem pour les circonscriptions de WISSEMBOURG et de HAGUENAU amenées à se partager le canton de BISCHWILLER.
Il n’en irait pas de même avec la ville d’ILLKIRCH passant de la 4ème circonscription à la 2ème, avec le secret espoir pour les auteurs de ce transfert, de pouvoir
infléchir la dynamique de gauche qui s’installe dans la 2ème circonscription, ceci, au nom de la supposition que ILLKIRCH votant à droite pour les législatives pourrait fort bien gripper
une victoire envisageable pour la gauche dans des temps pas très éloignés.
Il s’agit là d’un pari risqué qui ne tient pas compte du capital de voix engrangé dans cette ville sur la seule personnalité de Yves BURR et dont on imagine qu’il
ne sera pas éternel. C’est oublier aussi que le parti socialiste tient avec Philippe BIES un candidat capable d’aller sur son nom, au-delà des voix de la gauche.
Le départ des quartiers du Hohberg et des Poteries de la 3ème circonscription pour celle de Armand Jung, si elle conforte l’assise de ce dernier en lui adjoignant
deux quartiers très populaires, ne fait à l’évidence pas l’affaire du futur candidat de la gauche sur cette 3ème circonscription, qui en son temps fût celle de Jean OEHLER, député socialiste de
1988 à 1993.
En lui adossant les communes de REICHSTETT et SOUFFELWEYERSHEIM, l’intention d’empêcher la gauche de gagner sur cette circonscription est évidente.
Pour mémoire, Reichstett s’est doté d’un maire UMP aux dernières élections municipales, et le maire sortant de SOUFFELWEYERSHEIM, André REICHARDT(1) à été réélu
sans opposition en 2008.
En l’occurrence, cette manœuvre en ciseau ne leurre personne. En remplaçant deux quartiers votant à gauche par deux communes votant à droite, le coup parait
imparable.
Pourtant cette analyse, si tant est qu’elle soit celle des auteurs de la réforme, n’est pas une assurance tous risques et notamment pour les prochaines cantonales
et municipales dans ces deux communes qui restent néanmoins attachées au canton de Mundolsheim.
Ainsi, Georges SCHULER, élu sans opposition au 1er tour des municipales de 2008, mais avec 43,19% d’abstentions et 535 bulletins blancs ou nuls. Ainsi, André
REICHARDT qui dans la même configuration à SOUFFELWEYERSHEIM a enregistré 49,60% d’abstentions et 363 bulletins blancs et nuls, soit autant de résultats qui laissent sceptiques quant à
l’engouement populaire pour l’UMP dans ces deux communes.
A titre de comparaison, et pour resituer les enjeux, lorsqu’il existe une opposition de gauche, les résultats peuvent changer. Ainsi, aux élections cantonales en
2004, en tant que candidat du Parti socialiste soutenu également par le parti des VERTS, j’avais obtenu pour ma première apparition 42,14% des voix à SOUFFELWEYERSHEIM et 43,55% à
REICHSTETT.
De plus, dans un environnement mouvant, tel que celui qui existe dans ces deux communes, les résultats d’hier risquent fort de ne pas être ceux de demain. Avec
l’exemple du nouveau quartier des Sept Arpents à SOUFFELWEYERSHEIM, qui a vu arriver ces dernières années près de 2000 habitants ayant des modes de vie, des références politiques et culturelles
proches des habitants de Strasbourg, ville dont ils sont issus pour la plupart.
Ajoutée à cela, la nouvelle politique enclenchée par la CUS en matière de logements, imposant des quotas de logements sociaux plus élevés que ceux inscrits
dans la loi, lesquels amèneront à une diversité sociale dont nul ne sait demain ce qu’il en sera des bulletins de vote qu’elle déposera dans les urnes.
Alors ce « charcutage » voulu par le gouvernement sur cette 3ème circonscription a certes oui quelque chance d’atteindre dans l’immédiat l’implicite
de son objet, celui d’empêcher le parti socialiste de reconquérir le siège de Jean OEHLER perdu en 1993.
Pour autant ce remaniement ne saurait empêcher la recomposition sociologique à l’œuvre dans les territoires cités, sommés pour l’heure, d’aller goûter ailleurs les
charmes de l’UMP locale
Il n’empêchera pas non plus de fortes personnalités de gauche, durablement installées sur cette circonscription de contrebalancer par leur stature et leur travail
sur le terrain ce véritable hold-up des urnes qui se joue en ce moment sous nos yeux.
(1) On peut aussi pour l’occasion, se demander si André REICHARDT, Vice Président du Conseil Régional d’Alsace et président de l’UMP du Bas Rhin sera ce
candidat que la droite sera amenée à proposer dans le cas d’un renoncement à se représenter de André SCHNEIDER.
Francis Alexis HAMMER
Secrétaire de la section Daniel MAYER
Secrétaire fédéral à la coordination des territoires
Par PS Mundolsheim
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Publié dans : Union Européenne
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