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Mardi 15 septembre 2009 2 15 /09 /Sep /2009 16:17


Il faut croire que l'univocité des propos tenus par Brice HORTEFEUX le 5 septembre à SEIGNOSSE, n'apparait pas aussi évidente que  voudraient nous faire croire les nombreuses mises au point  apportées par ses amis.
Plus d'une semaine après ce bug ministériel, la tempête médiatique continue de faire  rage et ne semble guère prête à retomber dans son verre d'eau.

Pauvre HORTEFEUX, lui qui pensait avoir atteint son Nirvana avec le poste de ministre de l'intérieur, le voilà contraint de retourner à la case départ, celle qui l'avait vu occuper l'actualité alors qu'il n'était (que) ministre de l'immigration.

Il faut dire que notre ex-ministre de la rue de Grenelle ne semble pas avoir de chance en ce moment. Lui qui comptait sur le secours de ses amis UMPistes, ne peut que constater l'ampleur du bourbier dans lequel l'enfoncent leurs commentaires, pourtant fort bien intentionnés.
Avec pour commencer ceux de Claude GUEANT, la plume du président, jugeant "injuste" le fait qu'il n'y ait plus "d'intimité, plus de discrétion " pour les hommes politiques en vue.
Avec pour poursuivre, le témoignage d'Eric BESSON, son successeur au poste, attestant "que c'est quelqu'un d'humaniste (...) qui est pétri dans son histoire personnelle de catholicisme social". Encore faudrait il savoir à quel catholicisme social ce dernier fait référence ?
Venant de la bouche d'un homme ayant fait le grand saut idéologique, toutes les interprétations sont possibles :
Est ce celle d'un catholicisme social de droite, légitimiste et nostalgique de l'ordre d'un temps révolu ?
Celle d'un catholicisme social du centre, incarné par la démocratie chrétienne ?
Ou encore celle du socialisme chrétien, qui pour être moins développé que les deux premiers n'en est pas moins vivace ?
Faute de nous en dire plus, Eric BESSON se condamne à la faute. Pire, il autorise les procès d'intentions de toute nature, des plus légitimes comme des plus contestables.

Quant à dénoncer l'envahissement de la vie privée de nos hommes politiques par des médias de plus en plus intrusifs., on ne peut qu'y souscrire. On ne saurait en effet tenir pour responsables, des propos tenus hors scénacles, si tant est qu'ils viendraient en pleine lumière en violant l'intimité de celui qui est censé les tenir.

Pour autant, Claude GUEANT en réaffirmant ce principe, ne vient guère au secours du confident de Nicolas SARKOZY. Car l'argument est à double tranchant, et ce d'autant plus qu'il est lui aussi un homme en vue et donc susceptible au yeux du public, des mêmes reproches qu'il conteste par ailleurs.
Il suffit pour s'en convaincre de convoquer notre mémoire et de réciter le long chapelet des élus (et non élus) faisant du OFF, du commentaire hors micro, l'instrument privilégié de leurs politiques.
C'est pourquoi, dans ce jeu trouble de la communication, vouloir le beurre et l'argent du beurre rend d'autant plus insupportable, l'attitude qui consiste à mordre de surcroit la main qui nourrit...

Reste que la société ayant horreur du vide, lorsque le débat démocratique déserte les travées des séances plénières pour se complaire dans les arcanes des politiques de salon, il parait difficile de vouloir dénoncer les buzz (pour employer ce néologisme du net) circulant à tout vitesse sur la toile, là où les citoyens, qui sont aussi des électeurs, en viennent à se convaincre de la déliquescence des liens qui les unissent à leurs institutions.
Faut il le rappeller : Plus de débats démocratiques, c'est aussi moins de cortèges dans les rues et sans doute aussi, moins d'internautes rivés à la case people à défaut de pouvoir se rapprocher des sources de la démocratie représentative.

Il faudra néanmoins rendre grâce  à Fadela AMARA, appelant à ne pas occulter "les vrais débats de fond". A cette nuance près, que les "polémiques (du net) totalement stériles" qu'elle dénonce, sont à l'opposé des conclusions qu'elle en retire.
Non, Madame AMARA, tous les adeptes du net ne sont pas des anarchistes, pas plus qu'ils ne propagent que des informations futiles ou fausses.
Comment ne voyez vous pas, dans ces millions d'internautes rivés à l'évènement, aussi discret soit il parfois, le signe d'un renouveau pour la chose publique, l'engouement pour ce dialogue sans contraintes qu'autorisent les progrès d'une science sautant allégrement  frontières et interdits ?

Et pour en revenir à ces commentaires "autorisés" qui accablent plus qu'ils ne défendent ce politically correct venu d'outre atlantique : Comment ne pas voir dans ces vaines tentatives de retourner une situation compromise, la manifestation d'un inconscient collectif qui se dévoile plus qu'il ne convainc ?

Francis Alexis HAMMER
 
Par PS Mundolsheim - Publié dans : Société
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