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Dimanche 15 novembre 2009 7 15 /11 /Nov /2009 12:23

Christian Vanneste
par GayClic

Christian Vanneste mérite certainement plus que les cris d'orfraie poussés à chacune de ses sorties médiatiques. Elu député UMP de Valenciennes, il assure ne plus faire partie du Centre national des indépendants qu'il considérait il y a peu comme étant à l'UMP ce que le Parti Radical est au PS.
Cette opinion toute personnelle doit nous interroger à plus d'un titre sur son parcours politique commencé sous les auspices de Restauration nationale, un de ces groupuscules royalistes qui persiste à croire la république comme la source de tous les maux.
Si le personnage connait ses humanités (il a été professeur de philosophie dans un lycée catholique), sa truculence et ses idées font que beaucoup le classent parmi les aboyeurs du pouvoir.
Cela serait pourtant mal connaitre son passé politique qui l'a vu plus d'une fois s'opposer aux injonctions de l'Elysée et notamment lors de la discussion du projet de loi HADOPI.

En s'opposant violemment à toutes formes de législation tendant à moraliser le monde de l'internet, cette prise de position a de quoi surprendre au regard de ses postures les plus contestées, pour ce qui concerne particulièrement ses propositions: d'abrogation de la loi TAUBIRA dans son article traitant de la place à accorder à l'enseignement de l'esclavage et de la traite négrière, de l'adoption d'un amendement en faveur de la colonisation "positive", comme de celui en faveur d'une journée nationale d'hommage aux victimes des régimes communistes de 1945 à 1989.
Condamné pour propos homophobes en janvier 2007 puis réhabilité en novembre 2008 par la cour de cassation, Christian VANNESTE s'est fait une spécialité de répandre par delà les ondes ses propos extrémistes sur l'homosexualité et ses dangers supposés.
Cet acharnement à vouloir catégoriser à partir de la place des hétérosexuels au nom d'un petit Que sais je tirant ses sources dans les années soixante dix aurait quelque chose de pathétique si ses propos devaient en rester là.

Autant s'en convaincre, cet admirateur de Montesquieu, Kant, Tocqueville, en faisant de l'homosexualité "un comportement culturel, acquis" se choisit par là même un cheval de bataille qui est aussi ce cheval de Troie d'une morale conservatrice réconfortée à l'aune de la vertu désertant le champs des relations économiques.
Depuis MANDEVILLE et sa fable des abeilles, nous savons que "les vices privés font le bien public". Après lui, Adam SMITH a fort bien démontré que seule la loi pouvait fédérer les égoïsmes particuliers concourant au bien commun. Pour autant sa distinction n'était possible que dans l'acceptation d'une vertu nécessaire au bon fonctionnement des sociétés. Cette philosophie toute Platonicienne reposait sur le double principe d'un amour de soi menant à l'altruisme et qui s'opposait à celui de l'amour propre, centré sur la primauté de ses propres exigeances.
Ce même amour propre que le siècle des lumières (Pascal, La Rochefoucauld) avait su rendre coupable, "l'usure du temps" s'est depuis lors chargé de le faire disparaître. A la vertu nécessaire, rendue compte par les initiateurs de la pensée économique, s'est substituée progressivement un vocabulaire débarassé des vices qui s'attachaient aux volontés particulières. Consécutivement celles ci pouvaient se mouvoir dans l'éloignement de toutes considérations, puisque l'éthique des échanges était désormais recouverte par la main invisible du marché censée répondre de façon parfaite au système de l'offre et de la demande.
Ainsi donc il était devenu possible de réserver le champ de la morale au seul domaine des relations sociales, ce qui dans la foulée autorisait le double bind de l'ultra libéralisme économique et du conservatisme social, avec au final la certitude de détenir la martingale garantissant l'inégalité des positions sociales et des échanges commerciaux.

Christian VANNESTE est donc un de ces dignes représentants, qui au delà de ses coups de gueule et des anathèmes proférés jusque dans son camp, demande à être perçu comme l'un de ces éclaireurs qui en France comme ailleurs dans le monde, énonce doctement cet ordre nouveau d'un monde multipolaire débarassé des oripeaux souverainistes et de l'éthique encombrante de l'homme seul bénéficiaire de ses oeuvres.

Les lumières avaient séparé le droit de la morale, l'ordre bourgeois n'a eu de cesse de faire disparaître la volonté d'éthique qui s'attachait à l'économie. Le 21ème siècle sera-t-il celui capable de reconstruire cette éthique au profit d'une politique recouvrant son droit d'ainesse. La question mérite dêtre posée.

Francis Alexis HAMMER

Par PS Mundolsheim - Publié dans : Réflexion Politique
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