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Europe

Mercredi 16 septembre 2009 3 16 /09 /2009 11:53
Si pour Maximilien de BETHUNE Paris valait bien une messe, celle que vient d'organiser le PSE, le Parti Socialiste Européen semble hors de proportions avec les attentes qui l'ont amené à se compromettre.

Qu'on en juge : Après les péripéties de l'été dernier qui auront vu les pas de deux se multiplier autour de la candidature de José Manuel BARROSO, un deal s'est finalement dessiné entre certains élus du Parti Populaire Européen et ceux du PSE.
Certains mais pas tous, comme le révèle le vote intervenu mardi dernier au sein du groupe socialiste du Parlement Européen.
93 voix contre 45, c'est donc le score obtenu par Martin SCHULZ et ses amis en faveur de l'abstention des socialistes au prochain vote devant renouveler BARROSO à son poste. Et quand on sait que seules sont comptabilisées les voix exprimées, c'est donc bien à un vote implicite en direction du candidat conservateur que l'on vient d'assister !

Il faut savoir, pour pouvoir comprendre, que derrière ce deal se jouait l'aval, en seconde partie de la mandature en cours, du futur candidat au perchoir Européen. Or Joseph DAUL, président du PPE, avait bien précisé qu'il ne voterait pas pour la candidature de Martin SCHULZ si d'aventure les socialistes Européens en venait à rejeter la candidature BARROSO...

Dans ce mauvais film à la HITCHCOCK, le PSE ne sort pas grandi. Et ce n'est pas sa décision du 15 septembre qui fera croire au sublime d'une grande coalition PPE/PSE que d'aucuns en son sein  espèrent jusqu'en 2014.

Comment leur faire comprendre qu'à l'égal de ce qui se passe en Allemagne avec la coalition CDU/CSU/SPD au pouvoir, les socialistes n'ont rien à gagner à vouloir cogérer une actualité vouée aux principes d'un libéralisme débridé.
Et l'exemple de la récente réélection de la coalition de gauche en Norvège est là pour rappeler que seule compte dans la conscience des électeurs, la fidélité aux valeurs qui fondent le socialisme : justice sociale, solidarité, liberté, égalité homme/femme, bien être, responsabilité.

Les petits arrangements ont trop souvent dans le passé, menés aux grandes compromissions, ils sont le signe du doute, de l'indécision et de l'incertitude à croire en ses propres fondements, en ses propres affirmations.
Et les citoyens de l'Union Européenne ne s'y trompent pas, eux qui désormais portent leur regard loin d'un parti qui avait su, il n'y a guère, apporter la paix civile,les assurances sociales la sécurité de l'emploi et les libertés individuelles et bien d'autres progrès encore.


Pour autant le PSE continue d'agir comme si de rien n'était. Faudra t il pour qu'il consente à faire mea culpa, attendre que le pouvoir se déclare dans la rue ?
Par PS Mundolsheim - Publié dans : Europe
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Dimanche 30 août 2009 7 30 /08 /2009 20:21
L’actualité  semble manifester peu d’intérêts à l’approche des élections législatives qui auront lieu en Allemagne le 27 septembre prochain. En cela elle a tort, car le renouvellement des 598 sièges au Bundestag représente bien plus que la simple reconduction d’une politique partagée tant à gauche (le SPD) qu’à droite (la CD/CSU et le FDP) et ce, depuis sa mise en oeuvre en 1998 avec l’arrivée au pouvoir du gouvernement SCHROEDER .
A l’époque celui que l’on présente désormais comme le sauveur de l’économie Allemande, tenait pour incontournable la rupture avec les politiques sociales démocrates en vigueur durant les 30 glorieuses.

 

Dans une Allemagne aux prises avec les difficultés de la réunification , Gérard SCHROEDER  a appliqué une politique qu’aucun dirigeant de la droite n’aurait oser faire. Celui dont le nom est désormais associé à la réforme Hartz IV de 2005, allait mettre les Allemands à la diète, en limitant les hausses de salaires, en favorisant les « petits boulots », en rallongeant l’âge de la retraite et nivelant par le bas  la protection sociale en vigueur et notamment la période d’indemnisation du chômage.

Cette politique poursuivie depuis lors par la grande coalition CDU/SPD de Angela MERKEL à certes revivifié les exportations Allemandes (passées de 24% du PIB en 1995 à 47% en 2008) mais au prix d’une hausse des inégalités (1) et d’un gel des coûts salariaux unitaires (2) qui, sur la même période, n’auront progressé que de 4,4% (contre 19% dans la zone euro), traduisant par là même une hausse des salaires bien inférieure aux gains de productivité.


La  hausse des exportations  a consécutivement permis de faire passer les excédents extérieurs de presque rien en 2001 à 184 milliards d’euros en 2007 soit 7,6% du PIB de la même année. Mais ce boom des exportations s’est aussi fait en déséquilibrant encore plus le solde des échanges avec les pays de l’Union Européenne (5,2% du PBI Allemand en 2007).

Et c’est sans doute dans cet excédent commercial  qu’il nous faut tirer la première leçon, celle d’une Allemagne devenue mauvais élève d’une Europe qui peine à harmoniser ses politiques sociales et fiscales.


La 2ème leçon, tient à cette politique du court terme qui, aujourd’hui encore, fait consensus au sein de la société Allemande. Cette politique du moins disant social, si elle se traduit par un appauvrissement des classes populaires et des classes moyennes et la montée inquiétante des inégalités (bien plus élevée que dans le reste de l’Union), amène aussi à un certain nombre de phénomènes  dont il s’agit de pointer les retentissements au niveau des pays de l’Europe de l’ouest.

Ainsi, l’absence d’un véritable politique nataliste est pour beaucoup dans le faible nombre des naissances (même si récemment, comme dans l’Europe méridionale, il a tendance à remonter légèrement) et la politique des bas salaires incite les candidats à l’immigration à se tourner vers d’autres horizons.

La perspective d’usines et de services en berne pour cause de raréfaction de la main d’oeuvre, n’intéresse donc plus seulement une Allemagne vieillissante avec sa population en diminution, elle interroge également la dynamique des autres pays de l’Union dans la mesure où le déclin démographique de ce pays qui fut et demeure la locomotive économique des années d’après guerre, risque de devenir un boulet incitant l’Allemagne à se replier sur les seules conséquences d’une démographie en débats. Sans ressort également pour accompagner la nécessaire mutation d’une Europe économique vers les rivages d’une volonté commune, qu’elle soit fiscale, sociale ou politique, tant il est vrai qu’il n’est de marché soutenable que celui conforté par ses institutions politiques et notamment par une politique de défense capable d’en garantir les acquis.



Dans ce contexte morose, deux évènements sont passés à peu près inaperçus au niveau des médias.

 Le premier tient à la décision des autorités  d’inscrire dans la constitution Allemande l’interdiction des déficits publics au delà de la ligne fatidique des 0,35% du PIB .

La seconde est à chercher au niveau de la Bundesferfassung, la Cour constitutionnelle Allemande, dans un arrêt relatif au traité de Lisbonne stipulant qu’il ne pourrait plus à l’avenir exister de transferts de la souveraineté nationale au profit d’une Union Européenne tant que n’auront pas été organisées des élections introduisant  la souveraineté du peuple Européen !


Autant dire qu’avec ces deux décisions, l’Allemagne, qui avec la France fut l’un des moteurs d’une alternative à l’Europe du grand marché voulu par les libéraux, se présente désormais comme une hypothèque à la construction Européenne au motif qu’elle est en désormais en capacité de bloquer bon nombre d’initiatives renforçant l’harmonisation des politiques sociales ou fiscales, au motif également où sa politique sociale, économique ou énergétique (voir ses relations avec la Russie) (3) fait aujourd’hui  plus preuve de ses intérêts nationaux que d’une réelle considération à la chose Européenne.


Ce retour aux sources d’une politique d’après guerre (4) est aussi une source d’interrogations pour ne pas dire d’inquiétudes aux tenants d’une Europe politique, qui perdrait avec une Allemagne repliée sur elle même, un de se meilleurs points d’appui face à  une Europe du grand marché chère à nos amis Anglais.

 

(1)     De 2000 à 2007 le ratio de ce que gagnent les 20% les plus riches par rapport au 20% les plus pauvres est passé de 3,5 à 5.

(2)     Les Coûts salariaux unitaires représentent l’augmentation des salaires additionnées des cotisations sociales et diminués  du chiffre de la productivité. Ainsi si les salaires +charges sociales augmentent de 3% dans le temps où la productivité diminue de 2%, le coût salarial unitaire sera de 5%.

(3)     La réalisation du projet Nordstream, celui d’un gazoduc Nord-Européen devant passer sous la mer Baltique en reliant St Petersbourg à Greifswald dans le Meklembourg permettra à GASPROM de livrer directement ses chargements en Allemagne, évitant ainsi de transiter par des pays avec lesquels la Russie de Poutine n’est pas en bons termes. Le projet Nordstream auquel s’est impliqué personnellement Gérard SCHROEDER renforce donc la tactique Russe « diviser pour mieux régner » en mettant les pays de transit sous la pression d’une coupure des approvisionnements sans pour autant interrompre ceux des pays de l’Europe de l’ouest désormais alimentés par le seul gazoduc Nord-Européen !

(4)     Indépendamment  des subsides du plan Marschall, l’Allemagne de l’après guerre s’est essentiellement développée au nom d’une politique économique libérale donnant à l’état la maîtrise d’un cadre légal et institutionnel permettant une concurrence libre et non faussée des acteurs, et ce, sans l’intervention quelle qu’elle soit  de l’état dans les rouages de l’économie.

 


Francis Alexis HAMMER

Par PS Mundolsheim - Publié dans : Europe
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