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Union Européenne

Jeudi 3 novembre 2011 4 03 /11 /Nov /2011 11:15

 

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L'Europe des garde-chiourme

 

 Rester ou non dans l'Europe, puisque c'est la question que l'on souhaite (im) poser aux Grecs, est-ce encore vraiment le problème ? Au point où nous en sommes, il n'y a déjà plus d'Europe, au sens où l'Europe reposait sur la laborieuse négociation, sur le douloureux compromis, seules sources civilisées de la vie commune. Il n'y a plus d'institutions européennes. Il n'y a plus de textes européens. Il y a un étrange et précaire diumvirat, nommé Merkozy, deux têtes, quatre bras, écopette dans une main, cravache dans l'autre, qui ne se donne même plus la peine de sauver les apparences avec les éclopés.

 


Et qu'on échange des sourires entendus à propos de Berlusconi, et qu'on suspend le versement des huit milliards promis à la Grèce (de quel droit, cette suspension ?) et qu'on exclut Papandreou de la conférence de presse commune, au cours de laquelle on lui a adressé l'ultimatum: ton référendum, pouilleux, ton appel au peuple, au peuple sacré dont tout procède, c'est tout de suite, pas à la Saint Glinglin. Et avec une belle et bonne question qui les fasse bien trembler, tes Grecs: voulez-vous rester dans l'euro ? Sinon, à la baille ! Il n'y a plus d'Europe. Il y a des maitres et des esclaves, ou plutôt la chiourme et les garde-chiourme. Etrange de voir, d'ailleurs, l'irruption dans l'Europe policée des rapports de force carcéraux, avec ruses cousues de fil blanc (Berlusconi arrivant à Cannes avec son gros paquet de mesures d'austérité, totalement vide), ses lâchetés, et au total une seule loi, celle du plus fort.


Chiourme et garde-chiourme: ces statuts sont fragiles. Si Merkozy agite si frénétiquement sa cravache, c'est qu'au-dessus du duo, il y a Obama qui arrive à Cannes, et qu'il importe de lui montrer une maison en ordre, poussière soigneusement remisée sous la moquette. Et au-dessus d'Obama, il y a Hu Jintao le Terrible, à qui il faut tenter de soutirer quelques milliards. Et au-dessus de Hu Jintao, il y a, invisibles, invincibles, les marchés. Contre lesquels, hélas, il n'est pas de cravache assez grosse.

 

Daniel Schneidermann sur @rrêt sur images

Par Parti socialiste Mundolsheim - Publié dans : Union Européenne
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Lundi 31 octobre 2011 1 31 /10 /Oct /2011 10:24

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CHINE.Tous humiliés

 

Après les indignés, les humiliés. Humilié, je me sens. Vous ne pouvez pas savoir. Tout le week-end, avec les passants, les commerçants, nous avons échangé des regards qui en disaient long, des soupirs humiliés. La Chine, évidemment. Quelle humiliation. Et je suis heureux de voir que tous les politiques qui assurent la permanence du pont de la Toussaint, sur les radios du matin, partagent mon humiliation. Au moins, sommes-nous humiliés ensemble. Sur RTL, un humilié (Lamassoure). Dans la salle des quatre colonnes de l'Assemblée, les députés se partagent entre pro et anti appel à la Chine, nous apprend Achilli, sur France Inter. Et quelques minutes plus tard, sur France Inter encore, un humilié (Bourlanges) ressuscite le spectre de la profonde humiliation que nous, l'Europe, avons infligée à la Chine, au XIX e siècle. Comment, vous ne vous en souvenez pas ? Mais l'humiliant Chinois, lui, a la mémoire longue. Le Chinois raisonne en millénaires, quand vous avez déjà oublié les programmes télé de la veille. En un siècle et demi, il a eu le temps d'ourdir sa vengeance. Il la tient.

Si l'appel à la Chine est un peu passé inaperçu dans l'enfumage des premiers commentaires après "l'accord de la dernière chance" de mercredi dernier, il se rattrape depuis, et a repris la pole position. Pas une déclaration publique désormais, sans interrogation sur les "contreparties". Lesquelles ? Personne ne sait. Mais forcément terribles. Sur Rue89, Pierre Haski (ancien correspondant de Libé à Pekin) dresse le catalogue complet: environnement, commerce, monnaie, ventes d'armes. Sans oublier les symboles, bien sûr. Tiens, le Dalaï Lama, celui-là n'est pas près d'être reçu à Paris, ou nulle part, par quiconque. Lisez tout de même jusqu'au bout l'article de Haski, qui rappelle aussi que le gouvernement chinois, tout gouvernement chinois qur'il soit, devra aussi gérer une opposition "nationaliste", fort sourcilleuse sur le gaspillage des yuans publics. Ca relativise un peu les choses.

D'ailleurs, de grâce, si vous croisez un de ces jours un nationaliste chinois radin et sourcilleux, surtout dissuadez-le de regarder notre émission de vendredi, et plus particulièrement l'acte 3. Il y entendrait deux discours scandaleux, ceux de Karine Berger, conseillère de Hollande, et de Jacques Généreux, économiste du Parti de gauche. Tous deux tombent benoîtement d'accord: l'important de l'affaire, c'est que l'Europe va rouler les Chinois, et qu'ils seront fort heureux de se faire (un peu) rouler, se faisant toujours moins rouler que lorsqu'ils prêtent aux Américains. De la bombe, cette émission. Si vous voulez la regarder, dépêchez-vous. Par patriotisme européen, nous n'excluons pas de la désintégrer dans un délai non déterminé.

 

Daniel Schneidermann sur @rrêt sur image

Par Parti socialiste Mundolsheim - Publié dans : Union Européenne
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Lundi 12 septembre 2011 1 12 /09 /Sep /2011 11:52

                            

Lorenzo Consoli  lorenzo-consoli.jpeghenri-lastenouse.jpg Henri Lastenouse

 

 

Entretien entre Henri Lastenouse, secrétaire général de Sauvons l’Europe et Lorenzo Consoli,  journaliste italien et ancien président de l’association internationale de Presse à Bruxelles.

 

Aujourd’hui comment résumer la situation ?

 

Si on compare la dette des USA et celle de la zone Euro, on ne comprend pas. La spéculation devrait s’intéresser avant tout au Dollar !

Si maintenant on regarde la situation politique et institutionnelle, on comprend tout : les USA sont une réelle Communauté de dette, pas la zone Euro !

 

Tout le monde semble renvoyer la balle du côté de Berlin …

 Evidemment les hésitations d’Angela Merkel font perdre beaucoup d’argent…notamment si l’on considère l’évolution de la valorisation des institutions financières depuis l’été !

 

Pourtant, quelque chose a basculé cet été ?

 

Oui, Merkel se pose maintenant réellement le problème. Je crois qu’elle a enfin compris. Les allemands ne veulent pas sortir de l’Euro, mais ils sont très idéologiques sur ces questions, surtout sur les Eurobonds. Le navire est lent à manœuvrer. Et on perd du temps !

 

Que s’est il passé ?

 Il y a eu un clash souterrain  entre les tenants de l’Orthodoxie et les pragmatiques pro-européens. Clairement Merkel et Schaüble sont du côté des pragmatiques mais sans le dire vraiment. En tout cas, la démission de Stark illustre aussi son manque de soutien politique. Son remplaçant a travaillé sur le plan de sauvetage de la Grèce et c’est un tenant du pragmatisme.

 

Et au delà de la CDU ?

 Dans la sphère politique, le SPD et les Verts apparaissent favorables aux Eurobonds. Du côté des banques allemandes, il semblerait qu’elles n’ont pas respecté le « pacte » et vendu massivement des bonds grecs…mais aussi italiens durant l’été. Apparemment, ce ne serait pas le cas des banques françaises.

 

Comment analyser l’absence de Barroso depuis le printemps ?

 Personnellement, j’ai cru que Barroso allait s’affirmer quand, au début de la crise grecque,  il a clairement pris position pour la Grèce et dit aux allemands qu’ils se trompaient. Et puis plus rien sauf « business as usual »…

 

Mais existait il vraiment des marges de manœuvre politique ?

 

C’est à la Commission Européenne d’ouvrir le débat du coût du Non Euro. Pourquoi la Commission Européenne n’a-t-elle pas présenté dès le début de la crise un rapport sur le coût du Non-Euro, particulièrement pour l’industrie allemande ? Il existe un précédent avec le rapport Cecchini de la Commission Delors sur le coût de la non-Europe en 1986.

Jusqu’à présent, Barroso n’est pas sorti du piège suivant : « vu que les allemands sont contre, à quoi bon parler d’Eurobond si de toute façon ils seront contre ». Il s’est lui même imposé les contraintes des opinions publiques nationales, particulièrement en Allemagne. Or, s’il est au moins un avantage à la situation actuelle de la Commission et de Monsieur Barroso, c’est bien de pouvoir s’abstraire des opinions de court terme pour oser dire ce qui doit être dit et présenter une vision !

 

C’est à dire ?

 La Commission doit proposer une réponse structurelle et systémique à la crise ! 

Elle va proposer en Octobre son livre vert sur les Eurobond. Elle a l’occasion de reprendre la main.Ensuite se pose la question d’un plan de relance sérieux comme le propose Obama.

l faut éviter toute incohérence de chaque côté de l’Atlantique, relance massive d’un côté, mise au pilori de Keynes de l’autre côté ! Ensuite, il faudra beaucoup de pédagogie!

 

Encore des dettes….

Quelqu’un devra bien expliquer aux thuriféraires de l’austérité qu’il est juste que les nouvelles générations paient pour la dette s’il s’agit d’investissement pour l’avenir et qu’en quelque sorte ils paient pour eux-mêmes. Tout le reste, les dépenses qui ne vont pas pour le futur, ça c’est de la « mauvaise dette », à laquelle il faut s’attaquer.

 

Il est temps de poser la question de la qualité de la dette !

 

Côté BCE, que peut on attendre de Mario Draghi qui va remplacer Trichet début Novembre ?

 C’est non seulement quelqu’un de compétent mais aussi de créatif. Il ne va pas se contenter « d’appliquer » à la perfection, comme Trichet. Il domine la matière parfaitement, ce qui lui permettra d’aller au-delà. En plus, il a à la fois la culture économique anglo-saxonne, celle d’outre Rhin et naturellement celle des pays latin.

 

Vous suivez particulièrement la situation en Italie, quel est l’impact de la crise actuelle sur la majorité au pouvoir ?

 

Le gouvernement actuel y a perdu deux de ses soutiens traditionnels. D'un côté il a perdu la sympathie des milieux industriels qui étaient naturellement avec ses positions. C'est le cas de Confindustria (NDRL : le patronat italien). De l'autre, il a perdu la confiance des "fraudeurs" qui ont compris qu'ils ne pourraient plus protéger leurs petits secrets.

 

 
 
Sur Sauvons l'Europe

 

 

 

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