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Société

Mardi 9 mars 2010 2 09 /03 /2010 07:57

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L'inégalité sociale en France : la preuve par la démographie

Au moment où syndicats et patronat ont tant de mal à négocier sur les retraites, voici une étude qui vient apporter quelques éléments choc à ce débat important. L'Ined, l »Institut national d'études démographiques, vient en effet de comparer l'espérance de vie des cadres et des ouvriers, mais surtout l'état dans lequel ils vieillissent.

Pas de surprise, au début du XXIe siècle, si l'espérance de vie à la naissance ne cesse d'augmenter -77 ans pour les hommes, 84 ans pour les femmes-, il vaut toujours mieux être cadre qu'ouvrier si on veut vivre longtemps et en meilleure santé. On le savait, évidemment, mais les idées les plus simples ont parfois besoin d'une piqure de rappel statistique pour être validées.

La conclusion de l'étude des chercheurs de l'Ined : non seulement les ouvriers vivent moins longtemps que les cadres, mais ils vivent plus longtemps qu'eux avec des incapacités physiques et des handicaps. Le verdict est sans appel. Prenez un homme français agé de 35 ans aujourd'hui : en moyenne, il peut espérer vivre encore 43 ans. Mais c'est une moyenne. Un cadre vivra six ans de plus qu'un ouvrier. Mais surtout, le cadre vivra 73% de son espérance de vie totale sans la moindre incapacité physique, contre à peine 60% pour l'ouvrier. Le ratio est à peu près le même chez les femmes.

C'est ce que l'Ined appelle la « double peine » des ouvriers : plus d'années d'incapacité au sein d'une vie plus courte.

Ces données viennent alimenter le débat sur la pénibilité du travail dont on a beaucoup parlé à l'automne, lors de la grève des transports. Il est devenu de bon ton, à notre époque, d'ironiser sur ce concept de « pénibilité », le mot lui-même est difficile à prononcer… Concept dépassé, oubliées les locomotives à charbon ou les cadences infernales des OS d'antan, dit-on, pour plaider en faveur d'une plus grande égalité face à la retraite.

Ce que ces chiffres montrent, évidemment, c'est que les Français sont encore loin d'être égaux à l'heure de la retraite, et qu'on aurait tort d'enterrer ce concept comme s'il appartenait à l'époque de Zola. Certes il doit être adapté à la France de 2008, et doit donc être négocié. C'est ce que tentent difficilement de faire syndicats et patronat, avec comme date butoir le 25 mars. La semaine dernière, à l'issue d'une réunion particulièrement dure, la quatorzième d'une longue série, la CGT accusait le patronat de ne plus vouloir prendre en compte, dans la négociation, l'écart d'espérance de vie, au profit de l'examen de situations individuelles.

Avec un Président qui s'est donné pour mission de réhabiliter la valeur travail dans une France dont il estime qu'elle ne travaille pas assez, l'étude de l'Ined vient rappeler, comme dirait Orwell (c'était aussi une des citations préférées de Coluche…) : si nous sommes tous égaux, certains sont plus égaux que d'autres. A ne pas oublier, tout de même, alors que se redessine le paysage social de la France.

 

Pierre Haski sur Rue 89


Par Parti socialiste Mundolsheim - Publié dans : Société
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Mardi 2 mars 2010 2 02 /03 /2010 15:40
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Remplir son caddie de produits alimentaires payés avec des tickets-restaurant, voilà qui n'est plus possible depuis le 1er mars 2010.
Jusqu'ici, un certain nombre de supermarchés acceptaient ces tickets en paiement du contenu du panier, de façon illimité pour les uns, avec des restrictions pour les autres.

Une charte engageant la Commission nationale des titres restaurant (CNTR), la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD) et les groupes Leclerc et Intermarché a été signé en février 2009 pour mieux encadrer l'usage fait des tickets-restaurant. Elle est entrée en vigueur au 1er mars de cette année. Ne pourront désormais être achetés dans les commerces que les seuls plats ou préparations cuisinés (sandwiches, pizzas, salades préparées...).
Et si la commission a souhaité remettre de l'ordre dans ce qu'elle considère comme une dérive par rapport aux principes régissant l'utilisation de ces tickets, pour autant, le problème qu'elle pointe, ne saurait se résumer au seul aspect contractuel la liant aux employeurs, restaurateurs et salariés bénéficiaires.

Sachant que le ticket restaurant est aussi un complément de salaire défiscalisé du fait de la participation de l'employeur à son achat, la tolérance vis à vis de l'extension de son usage au delà des limites fixées par la loi est en elle même révélatrice des utilités réelles de ces tickets.

Depuis 1913, les employeurs sont tenus d'offrir des locaux de restauration à leurs employés. La loi de 1960  a précisé cette obligation, en se basant sur la taille des entreprises (mise à disposition d'un réfectoire lorsque au moins 25 salariés en font la demande, ou d'un simple local adapté dans le cas d'entreprises de moins de 25 personnes).
Toutefois, pour répondre aux difficultés des employeurs ne pouvant offrir de tels locaux, le titre-restaurant est apparu progressivement comme une réponse susceptible de satisfaire aux attendus de la loi. Et c'est donc fort logiquement que l'ordonnance du 27 septembre 1967 est venue consacrer ce système en lui donnant valeur légale.
 
Aujourd'hui  ce sont plus de 585 millions de titres-restaurant qui sont en circulation (désignation officielle du ticket-restaurant) et ce,  pour une valeur de 3,91 milliards (chiffre de 2006).
Cependant, il faut bien reconnaitre que l'esprit des années soixante qui a présidé à la généralisation de ce système, est loin de correspondre à celui à l'oeuvre présentement. Les trente glorieuses sont loin, les salaires stagnent depuis bien des années alors que les dépenses contraintes ne cessent d'augmenter (loyer et charges du logement, assurances, voiture, etc).
Déjeuner au restaurant est devenu un luxe pour un nombre grandissant de nos concitoyens . Le ticket-restaurant compense de moins en moins le prix du plat du jour. Qui plus est, quand il s'agit de boucler les fins de mois avec des salaires au SMIC, la tentation est grande  de se servir des tickets-restaurant comme moyen de paiement des indispensables produits alimentaires.

L'application stricte de cette charte est donc malvenue dans le contexte d'une crise qui touche en  priorité les bas salaires. Pire, elle devrait entrer en contradiction avec une disposition de la "loi Hôpital" qui prévoit expressément la possibilité d'utiliser ces mêmes tickets-restaurant pour l'achat de fruits et légumes...

En la circonstance, on retrouve, une fois encore, la propension de l'actuel gouvernement FILLON à soutenir des actions qui sont autant d'effets d'annonces, quitte pour lui à s'emmêler les pieds dans les aspects contradictoires des lois qu'il ne cesse de promouvoir.
Dans le même temps, madame Lagarde ministre de l'économie, affirme réfléchir à l'extension des tickets-restaurant à d'autres produits.
Après le temps de l'inconséquence, ce temps de réflexion ne peut être que bienvenu, ne serait ce que pour rompre avec cet amateurisme avéré,  où l'on voit une loi "Hôpital votée il y a plus d'an, et qui faute de décret d'application demeure lettre morte !

Plus que de rustines, calées aux injonctions du calendrier Elyséen, ou distillées sous la contrainte des évènements, il serait bon que ce gouvernement puisse entendre  les grondements de la rue, et faire en sorte d'assurer aux plus démunis les mêmes  moyens d'existence que ceux qu'il a accordé aux banques sans sourciller.

Francis Alexis HAMMER


 

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Mardi 2 février 2010 2 02 /02 /2010 10:10

« Le logement, un grave problème de société » (Fondation Abbé Pierre)

Dans son 15e rapport annuel sur « L'Etat du mal-logement en France », la Fondation Abbé Pierre alerte sur la crise du logement, qui s'est aggravée en 2009 sous l'effet de la crise économique. La fondation reproche aux responsables politiques de ne pas être à la hauteur de l’enjeu, qui constitue un problème social incontournable.

Qu'il s'agisse de la construction neuve ou du parc existant, l'offre immobilière s'est « contractée » en 2009, aggravant la pénurie de logements explique la Fondation : en fin d'année, la France manquait de 900 000 logements, soit 100 000 de plus qu'à fin 2008. Avec la crise économique, les ménages ont préféré rester dans leur logement plutôt que déménager, réduisant d'autant l'offre immobilière dans le parc privé existant (-500 000 logements par rapport à 2007) et social précise la fondation.

Parallèlement, le coût mensuel moyen d'un logement ne cesse de progresser et les nouveaux acquéreurs doivent s'endetter sur des périodes toujours plus longues : 14 ans en moyenne en 2001, 18 en 2009. Pour les locataires, la légère baisse globale des loyers enregistrée en 2009 « ne modifie pas la tendance à la hausse » dans le privé, souligne le rapport. La Fondation Abbé Pierre pointe également du doigt le développement de la « précarité énergétique », qui touche 3,4 millions de ménages ne pouvant chauffer leur logement à un prix raisonnable, et d'une « zone grise » du mal-logement, constituée de personnes installées chez des tiers, dans des campings, des squats, des caves...

Dans ce contexte, le logement devient un creuset des inégalités : il « renforce le déterminisme social » car, logiquement, ce sont les plus modestes qui sont davantage concernés par cette crise, souligne le rapport. C'est particulièrement le cas pour les quelque 600 000 enfants mal logés, avec tous les problèmes en termes de santé, de scolarité et d'intégration sociale qui en découlent. Un tableau qui risque encore de se noircir en 2010, alors qu'un million de chômeurs vont arriver en fin de droits en cours d'année, souligne la Fondation Abbé Pierre. Or, les responsables politiques sont apparus « plus soucieux en 2009 de traiter la crise immobilière qui s'est développée dans le sillage de la crise financière que d'apporter des réponses à la crise du logement », dénonce-t-elle, en proposant une batterie de mesures à instaurer.

Bruno Poulard sur Batiweb

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