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Le 15 février à 19h à Paris, Roland Ries, sénateur-maire de Strasbourg rencontrera Christian Devillers, architecte et urbaniste pour présenter le projet d’aménagement de l’écoquartier Danube. Une conférence du cycle « Défis de ville » organisé à la Cité de l’architecture et du patrimoine, et dont Le Moniteur est partenaire.
S’il est devenu commun de vanter les qualités de l’écoquartier, il est rare de le considérer du point de vue de l’habiter. Selon Christian Devillers, urbaniste en chef du futur quartier, le Danube, l’écoquartier est une philosophie de mise en œuvre des principes du développement durable générant une véritable révolution urbanistique.
De nouvelles formes urbaines émergent résultant principalement de la modification des modes de vie et des usages. Parmi ceux-ci, la question de la mobilité (piéton, cycle, voiture autopartage, transports en commun) est certainement ce qui a le plus influencé la conception du projet urbain du Danube. Le quartier est à lui seul une vaste zone de rencontre.
L’espace public varie de l’intimité des venelles conduisant aux logements, à des rues sans trottoirs s’élargissant jusqu’à devenir de grands plateaux ponctués de transversales menant au canal ou ouvrant des perspectives visuelles. La mixité fonctionnelle est mise au service du quotidien de la population. Comment habiter et travailler dans des lieux limitant les temps de déplacement ? Comment faire pour que commerces, équipements et services construisent une ville de la proximité?
Enfin, la diversité formelle sera importante parce que la ville est un sujet complexe et que la richesse morphologique de son bâti contribue à lutter contre la ségrégation sociale. Mais à Strasbourg, le projet urbain n’est pas de la seule compétence de l’urbaniste. Lors d’ateliers thématiques, les habitants sont conviés à venir débattre des propositions, à exprimer leur désir de ville, etc. Ainsi deviennent-ils coproducteurs de la ville au même titre que tout autre acteur (architectes, promoteurs, associations, investisseurs…).
Sur le Moniteur.fr
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Selon un rapport d’évaluation réalisé par deux chercheurs en économie, Gabrielle Fack et Julien Grenet, de l’École d’économie de Paris, l’assouplissement de la carte scolaire mis en œuvre depuis 2008 a eu des impacts assez limités au niveau national. Les effets les plus visibles concernent certains collèges de l’éducation prioritaire qui connaissent davantage d’évitements.
Lancée au début du quinquennat de Nicolas Sarkozy, la réforme de la carte scolaire avait pour objectif «de donner une
liberté nouvelle aux familles tout en renforçant la diversité sociale et géographique de chaque établissement». Elle s’est traduite par un assouplissement de la sectorisation qui oblige une
inscription dans un établissement proche du domicile en proposant des «critères lisibles» de dérogation. Quatre ans après sa mise en œuvre, deux chercheurs en économie, Gabrielle Fack et Julien
Grenet, de l’École d’économie de Paris, rendent public leur rapport
d’évaluation, sur lequel le ministère de l’Éducation n’a pas encore communiqué.
Seulement 8% de dérogations effectives
Premier constat : l’impact à court terme de cette réforme sur les effectifs et la composition des collèges et des lycées
publics est globalement assez limité. Certes, entre 2006 et 2009, la proportion d’élèves demandant une dérogation a augmenté de 6 à 11% pour l’entrée au collège et de 8 à 12% pour le lycée.
Seulement les dérogations effectivement accordées restent faibles : seuls 8% des élèves de l’enseignement secondaire public bénéficient d’une affectation en dehors de leur collège ou lycée de
secteur. Pourquoi si peu ? «Parce que, du côté des familles, explique Julien Grenet, les demandes d’affectation hors secteur n’ont pas explosé, par manque d’informations des familles comme par
effet d’autocensure, et du côté de l’offre, l’assouplissement n’a pu se faire que dans la limite des places disponibles.»
Un évitement accru des collèges de l’éducation prioritaire
Mais, si les effets au niveau national sont globalement réduits, l’impact de la réforme est surtout visible dans les
établissements de l’éducation prioritaire. Ce rapport note ainsi que les collèges Réseau Ambition Réussite concentrent près de 1 % des demandes de dérogation, alors qu’ils ne scolarisent que 3,4%
des effectifs du public. «En favorisant l’accès d’une petite partie des élèves les plus socialement défavorisés à des établissements publics de meilleur niveau, l’assouplissement de la carte
scolaire a contribué à amplifier l’évitement de certains collèges de l’éducation prioritaire», souligne Julien Grenet. La baisse de 9% des effectifs dans ces collèges s’expliquerait pour un tiers
par les possibilités de dérogations. À noter que, selon ce rapport, ces évitements n’ont pas creusé les écarts d’inégalité sociale d’un établissement à l’autre.
Lycées : le modèle parisien en exemple
Enfin, en observant la situation spécifique de l’académie de Paris et de son dispositif Affelnet pour l’inscription dans
les lycées, ce rapport pointe quelques pistes pour sortir du débat stérile sur la carte scolaire «facteur de mixité» et le choix scolaire «facteur de ségrégation». Selon cette évaluation, la mise
en place d’un bonus important pour les élèves boursiers a permis d’ouvrir les portes des meilleurs lycées publics. «Cette expérience parisienne de choix régulé ouvre des perspectives
intéressantes pour concevoir un système qui offre de plus grandes possibilités de choix aux familles, tout en permettant de garder un contrôle sur le degré de mixité sociale des établissements
scolaires», estime Julien Grenet. En attendant de mesurer l’impact de ces réformes sur les résultats scolaires des élèves.