Non, monsieur Guéant ne confond pas « civilisation » et « régime politique », comme a voulu le faire croire Alain Juppé, relayé en
cela par une certaine presse idéologiquement soucieuse de renvoyer dos à dos la droite et la gauche, là où il importait de rétablir quelques notions mises à mal par la multiplication des
discours extrémistes.
Prononcé devant les
étudiants de l'UNI, une organisation à la droite de l'UMP, le Ministre de l'Intérieur était dans son rôle, pour le moins dans une posture qu'il s'impose et que s'impose une majorité
présidentielle à bout de souffle, celle qui pense tenir dans un remake de la stigmatisation de l'étranger, ce métadiscours capable de tenir à distance les effets de la crise et ceux
d'un quinquennat calamiteux ,en terme de politique sociale.
Venant à la suite d'un discours musclé du député UMP Eric Raoult (ce que j'ai appris à l'UNI, c'est quand on se fait casser les dents, on répond en cassant la
gueule...) l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy ne pouvait être en reste dans ce meeting, où l'important n'était pas tant d'affirmer une vérité que chacun sait contrefaite, que de proposer
à un public choisi l'archétype d'un discours ou le non-dit le disputait à des mots savamment travaillés.
« Contrairement à ce que dit l'idéologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas ».
Dire sans le dire, telle est bien aujourd'hui la problématique d'une certaine droite en campagne, où sous couvert de civilisation, ce qui s'énonce à bas bruit et en
s'appuyant sur de fausses évidences , consiste à rester suffisamment vague dans ses propos pour ne pas avoir à préciser ce qui reste le coeur de son sujet et qui renvoie aux péroraisons de la préférence nationale s'agissant du FN comme aux incantations islamophobes de Ivan
Rioufol, l'éditorialiste en vogue du Figaro.
Stratégiquement distillé sur Twitter et autres réseaux sociaux, le discours de Claude Guéant assène en une seule phrase l'essentiel d'un message dont on imagine
aisément qu'il sera un des chevaux de batailles d'une droite à l'offensive.
Au président candidat le volontarisme économique et l'étendard d'une politique européenne revisitée, à Claude Guéant et autres aboyeurs du genre, la petite musique
d'une France assiégée, où l'actualité donne prise aux multiples sous entendus d'une insécurité économique confortée à l'aune d'un rejet des différences et des peurs diffuses du déclassement
social.
A moins de trois mois du premier tour des présidentielles, voici venu le temps de désigner l'antifrance et ces « mondialistes bienpensants » sommés de
réagir à ces outrances par la réaffirmation de l'universalisme et de l'antiracisme.
Une ficelle un peu grosse et dont on voit bien qu'elle consiste à mettre en position d'accusée, cette gauche moralisante et boboïsée, à mille lieues du quotidien
des classes populaires prises dans la tourmente.
Une attaque masquée dont on s'attend à des développements tout au long des prochains mois.
Une attaque qui sans surprise se moule dans un temps propice au manipulations en tous genres.
Une attaque qui au final risque de surexposer les ratés d'un quinquennat par trop médiatique et peu soucieux de souder un pays aux valeurs de la solidarité et de la justice sociale.
Un quinquennat qui au final aura laissé sans défense les plus démunis, soit précisément ceux que les dérégulations et les injonctions de la finance frappent sans discernement.
Francis Alexis HAMMER
Claude Guéant a considéré samedi que « toutes les civilisations ne se valent pas ». Dimanche sur RTL, le ministre de l'Intérieur a affirmé dimanche qu'il ne regrettait pas ses propos.
Claude Guéant a considéré samedi que « toutes les civilisations ne se valent pas ». Dimanche sur RTL, le ministre de l'Intérieur a affirmé dimanche qu'il ne regrettait pas ses propos.
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Le chef de l’État va
discuter “dans les prochaines semaines” avec les responsables d’élus locaux pour étendre aux collectivités la Révision générale des politiques publiques. C’est ce qu’il a annoncé à
l’occasion de ses vœux aux fonctionnaires et aux acteurs de la réforme de l’État, le 12 janvier à Lille.