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Mercredi 10 mars 2010 3 10 /03 /2010 13:15

"HQE – Les Renards du Temple" : choisis ton camp et ne te trompe pas !


Ça vous tombe dessus comme un parpaing. La réédition augmentée du livre de l'architecte Rudy Ricciotti "HQE – Les Renards du Temple" fait l'effet d'une douche froide après un bain chaud : ça réveille !

Le monde de la construction se réveille avec une gueule de bois abominable. Sans même se rappeler de ce qui s'est passé la veille, de ce qui l'a mis dans cet état. Comment en est-on arrivé là ? L'éternel épine dans le pied des architectes, maintes fois dénoncée, porte un nom : la réglementation. Comme l'alcool, son abus est dangereux. Et son penchant autoritaire, la certification, comme l'eau et l'huile, se mélange mal à la créativité. Car c'est de cela qu'il s'agit. Rudy Ricciotti, comme d'autres, refuse un monde uniforme, où les immeubles se ressemblent tous. Où les maisons s'alignent façon Monopoly, identiques comme celles de Melrose Place.

HQE - pour Haute Qualité Environnementale - n'est pas un label. C'est une démarche. Certes. L'ennui c'est qu'elle conduit à toutes sortes de dérives. Notamment celle bien connue des journalistes de la construction, qui consiste à nous servir le HQE à toutes les sauces, du petit déj' au souper. Jusqu'à écoeurement ! Même chose dans les mairies, les directions départementales, les bureaux d'études… plus un projet qui ne soit pas "green". Les autres sont priés d'aller changer leur veste pour enfiler un polo Lacoste un peu plus propre. Il faut que ça brille, il faut que ça "claque".


C'est tout cela et un peu plus que dénonce Ricciotti. L'instrumentalisation de l'écologie comme arme de propagande, d'outil marketing et commercial, permettant de faire passer le plus banal des projets d'architecture pour un modèle d'éco-citoyenneté, tellement à la mode qu'on ne penserait même pas à la remettre en question. Parce que des réglementations contradictoires, perverses, peuvent mener à l'effet inverse de celui souhaité, parce que l'architecture s'affranchit mal des errements législatifs et enfin parce que notre monde doit être fait de diversité ; pour toutes ces raisons, et d'autres, il faut lire Les Renards du Temple !


Car enfin, si tout ce qu'il dit est vrai, alors il va falloir choisir son camp…

Laurent Perrin sur Batiweb


les-renards-du-temple-image.jpgHQE. Les renards du temple .Ruddy RICCIOTI . Edtion Al Dante Collection Flash. 80 pp novembre 2009



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Samedi 27 février 2010 6 27 /02 /2010 14:44

«Plaidoyer pour la justice sociale»

Entretien croisé

Dans L'Esprit de Philadelphie (Seuil, 2010), remarquable essai au carrefour du droit, de la sociologie et de la philosophie politique, Alain Supiot remet au centre des préoccupations la notion de justice sociale malmenée par les mirages de la quantification et les croyances illusoires dans les lois du marché. Un ouvrage instructif, un ouvrage juste, un ouvrage pour réfléchir.

Alain Supiot, professeur de droit, directeur de l'Institut d'études avancées de Nantes, et Alain Vidalies, spécialiste du droit du travail, député des Landes et Secrétaire national du Parti socialiste en charge du travail et de l’emploi, reviennent avec nous sur les dangers du marché total et les voies nouvelles de la justice sociale.


Vous pouvez consulter la version intégrale de cet entretien ici


« L'esprit de Philadelphie » dresse un tableau plutôt sombre des dernières décennies entre la soumission du droit aux « lois de l'économie » et le retour à une société où « les hommes jouent le rôle des choses ». Quels enseignements doit-on aujourd'hui tirer de cette histoire récente peu reluisante et quel doit être le rôle de la gauche aujourd'hui ?


Alain Supiot

Alain Supiot : Le plus accablant est le retour de la croyance dans des lois immanentes qui gouverneraient le destin des hommes. C’est ce type de croyances qui a conduit aux grands désastres du XXème siècle et c’est contre elles que se sont élevés à la fin de la seconde Guerre mondiale les auteurs de la Déclaration de Philadelphie ou de la Déclaration universelle des droits de l’Homme. La foi dans un ordre spontané du marché est un avatar de cette croyance profondément ancrée dans l’imaginaire de l’occident, hanté depuis maintenant deux siècles par le rêve de substituer l’administration des choses au gouvernement des hommes. L’enseignement à en tirer, en 2010 comme en 1944, est d’abord que les hommes ne sont pas des objets programmables mais des sujets libres, qu’ils ne se « comportent » pas, mais qu’ils agissent, que leur avenir n’est écrit ni dans un livre sacré ni dans le grand livre de la nature ou du génome, mais dépend de leur capacité à penser un monde plus juste et à le faire advenir. La différence avec 1944 est que les occidentaux ne sont plus les maîtres du monde, ce qui leur donne une chance, s’ils se mettent à l’écoute de ce que vivent et pensent les autres, de renouer avec le meilleur de leur tradition et de contribuer à l’édification d’un ordre international alliant liberté individuelle et sécurité économique.

lire la suite de la réponse d’Alain Supiot en cliquant ici


Sur le Laboratoire des Idées  Parti socialiste

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Vendredi 12 février 2010 5 12 /02 /2010 11:13
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Les places et les chances – Repenser la justice sociale. Février 2010 , 119 pages. François DUBET. Ed du Seuil – Collection Les idées

 

 

Il y a deux manières de concevoir la justice sociale. La première, l’égalité des places, vise à réduire les inégalités entre les différentes positions sociales. La seconde, l’égalité des chances, cherche à permettre aux individus d’atteindre les meilleures positions au terme d’une compétition équitable. Contre l’air du temps, François Dubet plaide en faveur du modèle des places : celui-ci combat résolument les inégalités et accroît la cohésion de la société.

Aujourd’hui, en France comme ailleurs, cette dernière conception tend à devenir hégémonique. Mais, si elle répond au désir d’autonomie des individus, l’égalité des chances s’accommode de l’existence et même du développement des inégalités. Contre l’air du temps, François Dubet plaide en faveur du modèle des places : celui-ci combat résolument les inégalités et accroît la cohésion de la société. En montrant comment on peut promouvoir la justice sociale sans tout sacrifier à la compétition méritocratique, ce brillant essai œuvre à la reconstruction intellectuelle de la gauche.

Entretien vidéo avec François Dubet

 


Les deux grands modèles de justice sociale. F. Dubet

Les limites de l'égalité des places. F. Dubet

Pourquoi donner la priorite au modèle des places ? F. Dubet

Comment votre livre peut-il être approprié par la gauche ? F. Dubet 
Sur La République des idéees
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